Comment garantir la sécurité de vos conducteurs ?

Comment garantir la sécurité de vos conducteurs ?

Des exemples concrets pour réduire la sinistralité dans votre flotte. Au-delà des questions cruciales de sécurité publique, un accident n’engage pas que le collaborateur victime ou auteur de celui-ci, mais aussi l’entreprise. Conscients de ces problèmes, les loueurs, les associations et les prestataires après-vente apportent des solutions.

- Magazine N°137
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En 2007, il y a eu 4 604 tués sur la route. C’est 100 de moins qu’en 2008. Et c’est incomparablement mieux qu’il y a huit ans : plus de 8 000 morts en 2000. Mais, « il semble que la descente positive soit en train de se transformer en palier », s’inquiète Jean-Claude Robert, Président du PSRE. D’autant que les accidents routiers sont la première cause de mortalité au travail, avec 454 tués en 2006, sachant que 75 % des collaborateurs ont trouvé la mort sur leur trajet domicile/bureau et 25 % en mission. Dans un registre, certes, moins grave, il faut savoir que les accidents automobiles coûtent cinq millions de journées perdues aux entreprises en France. C’est pourquoi, pour des raisons de sécurité publique, mais aussi plus prosaïques, la prévention des accidents dans le cadre du travail, mobilise. Le PSRE (Promotion et suivi de la sécurité routière en entreprise) est une association à but non lucratif, créée pour se vouer à la prévention du risque routier des professionnels. Elle sensibilise les entreprises en diffusant méthodes et principes, en préconisant des plans d’action auprès des gestionnaires de parc et des dirigeants, lesquels « ne sont pas toujours convaincus que prévenir coûte moins cher que guérir », relève Jean-Claude Robert. « Nous accompagnons les entreprises vers de bonnes pratiques, les poussons à communiquer en interne, à former leurs collaborateurs, etc. » Et ceci, souvent dans le cadre de rencontres collectives.

Economies versus Sécurité

En partenariat avec les chambres de commerce et d’industrie, la Sécurité routière, des juristes, etc. , le PSRE organise des colloques interentreprises en région. Des manifestations d’un ou deux jours dans les parcs d’activité, dont le contenu prend en compte les contraintes régionales, les besoins ciblés des entreprises, avec pour objectif qu’ensuite, de manière autonomes, les participants créent un collectif régional sur la sécurité routière, réellement décidé à agir dans le temps. Mais, les objectifs commerciaux ou de rentabilité, de même que le stress des salariés, n’incitent guère à une attitude favorisant la sécurité sur la route. « Dans l’absolu, il faudrait dire aux collaborateurs : au lieu de faire cinq rendez-vous par jour, n’en faites que trois… Or, je vois mal un patron décider cela. Il y a une antinomie entre la sécurité routière et les impératifs économiques, avec laquelle il faut composer », constate Frédéric Martino, responsable de la prévention des risques routiers pour la société de LLD Arval France. Et d’ajouter : « composer, en interdisant à un commercial de faire 1 000 km dans la journée pour honorer un rendez-vous et en l’y envoyant par le train, ou encore, en développant les visioconférences, le covoiturage, bref, en réduisant l’exposition aux risques », poursuit ce spécialiste du risque routier. Certes, les véhicules de tourisme, même d’entrée de gamme, sont bien plus sûrs qu’avant. L’ESP et l’ABS rattrapent nombre d’erreurs de conduite. Toutefois, il n’en va pas de même pour les utilitaires… L’Observatoire du véhicule d’entreprise (OVE), qui participe lui aussi à des actions de sensibilisation (notamment en publiant des ouvrages tels que « Le Management du Risque Routier », en organisant des conférences), milite pour que les VU soient mieux équipés. Car selon l’OVE, seuls 9 % des VU étaient en 2006 pourvus de l’ESP en série (contre 26 % des véhicules de tourisme), un certain nombre n’avaient pas d’airbags, et aucun ne dispose aujourd’hui de témoin de surcharge ! L’OVE voudrait également que se généralisent la climatisation, les régulateurs de vitesse, les radars de recul, les boites automatiques, le GPS ou encore les témoins de sous-gonflage des pneus. « Tous ces équipements sont rarement de série et plus souvent en option sur les VU. Toutefois, de nouvelles générations d’utilitaires arrivent et assurent une meilleure sécurité. En tous cas, si d’aventure, l’ESP, les régulateurs, se généralisent en première monte, le coût de ces technologies va baisser et les acheteurs ne seront plus confrontés au dilemme prévention/ économies », pense Philippe Brendel, Directeur de l’OVE. D’autant qu’il y a un sérieux malentendu, rappelle de son côté Frédéric Martino : « les constructeurs automobile disent qu’il n’y a pas de demande de la part des entreprises en termes d’équipements de sécurité sur les VU, et les entreprises affirment que l’offre est insuffisante… » Cela dit, quel que soit le niveau d’équipement, l’attitude du conducteur et ses habitudes augmentent ou diminuent sensiblement les risques routiers. Et mis à part les fous du volant, il faut reconnaître que l’on ne conduit pas « de la même manière dans un cadre professionnel ou privé. Un collaborateur en mission ou au volant durant ses heures de travail, est évidemment plus stressé qu’en goguette le week-end. Il a souvent en tête une multitude de contraintes : penser au rendez-vous suivant, aux coups de fils impératifs, aux délais à respecter », rappelle Frédéric Martino. C’est pourquoi, en partant de ce constat, le loueur longue durée Arval propose à ses clients, moyennant un coût adapté aux services rendus et aux spécificités des flottes (entre 5 000 et 30 000 euros par an), des plans de réduction des risques routiers, reposant d’abord sur l’observation des séquences de travail, de l’organisation des collaborateurs, etc. « Nous les accompagnons dans leur journée de travail, étudions pourquoi, en fonction de leurs impondérables professionnels, tel type d’accident se produit, plutôt que tel autre, etc. » Bref, Arval diagnostique les raisons des «pépins». Puis, Arval préconise des actions correctives auprès des managers (chef d’équipe, DRH, risques-manager, DG) responsables de leurs collaborateurs au volant. Il s’agit, par exemple, de créer des fiches de sinistres obligeant le salarié et son chef à décrire méticuleusement l’accident pour en comprendre les causes. Puis d’analyser (tous les trois ou quatre mois) l’ensemble de ces fiches, de diffuser dans l’entreprise ce qu’elles enseignent (tel qu’un nombre élevé de chocs avant traduisant un manque de respect des distances de sécurité par exemple) pour sensibiliser les différents publics. .

1 000 € par accident

« Lorsqu’une entreprise s’implique dans nos programmes de prévention, elle réduit de 30 % en 3 ans sa sinistralité. Ce qui représente d’importantes économies, en moyenne de 1 000 € par accident évité. Car les coûts induits peuvent être considérables : immobilisation du véhicule, arrêt de travail, retard dans les livraisons, image de l’entreprise pénalisée, etc. Aujourd’hui, ce sont les flottes de 800 à 1 000 véhicules qui utilisent notre offre de prévention (créée en 2004). Une formule adaptée à de plus petits parcs est en cours d’élaboration », annonce Frédéric Martino. A noter qu’Arval organise aussi des journées thématiques interentreprises, autour, par exemple, de l’alcool au volant, de la vitesse, assorties de simulations d’accident avec l’aide de la gendarmerie et d’un véhicule «auto-choc». Mais, ne nous y trompons pas… Les conseilleurs sont aussi les payeurs. En France, GE Capital Solutions Fleet Services, un autre acteur majeur sur le marché de la LLD propose lui aussi aux entreprises, contre finances, des solutions de prévention du risque routier. Des programmes efficaces qui sont aussi appliqués en interne à sa propre flotte, composée de 400 véhicules.

GE Capital Solutions montre l’exemple

« Nous sommes très impliqués dans ce domaine depuis dix ans. Nous avons d’abord privilégié la sécurité active et passive, en équipant systématiquement les véhicules de notre parc d’ABS, de climatisation, puis de régulateurs de vitesse, de GPS amovibles (pour rationaliser les déplacements ou éviter la lecture d’une carte au volant). Et maintenant, c’est l’ESP que nous exigeons dès que ce système est disponible sur un modèle », précisent Henri Bernard Zdroui (Manager assurance et prévention de GE Capital solutions fleet Services), Thomas Zink et Gérard Deniau, (respectivement Directeur marketing et DRH de la société de LLD). En outre, le groupe remet à tous ses collaborateurs ayant un usage professionnel de leur automobile (qu’il s’agisse d’un véhicule de fonction ou du leur) un triangle, une couverture de survie, un testeur de pression des pneus et un éthylotest. Mais, bien équiper le personnel de l’entreprise ne suffit pas : il faut agir sur leur comportement. Et depuis 5 ans, tous les salariés du loueur ont effectué un stage de conduite dans les centres spécialisés Centaure qui disposent de circuits reproduisant une adhérence routière nulle (comme sur le verglas) permettant d’apprendre à réagir en cas de tête-à-queue, etc. Lors de ces journées éducatives, auxquelles doivent se plier toutes les nouvelles recrues de GE, on révise aussi le code de la route (que l’on oublie tous au fil du temps…) et l’on visionne des films sensibilisant aux dangers. En projet chez GE : un second stage, qui, cette fois, associera sécurité et environnement, car les deux peuvent être liés… Une conduite souple est plus sûre et réduit de 8 à 10 % la consommation de carburant.

24 % d’accidents en moins !

Toujours au registre des actions concrètes, GE emploie les services d’un accidentologue qui sensibilise les collaborateurs en leur rappelant, inlassablement, quelques règles de base, comme l’art d’enrouler une ceinture de sécurité autour de soi afin, qu’en cas de choc, le conducteur, ne «trinque» pas au niveau du bassin, ou, ne passe pas sous la ceinture de sécurité. Evidemment, GE communique sur toutes ses actions auprès des salariés, mais relaie aussi en interne les grandes campagnes de prévention routière, telle que la journée de la courtoisie au volant. « Il est important de communiquer constamment sur le risque routier, les nouvelles réglementations ou sur notre accidentologie. Et ceci à tous les niveaux de la hiérarchie pour que l’information circule, remonte ou redescende », expliquet- on chez GE. Enfin, pour que ses efforts s’inscrivent dans la durée, GE a établi une charte nationale l’engageant à continuer durablement ses démarches de prévention, tant en interne, qu’en externe auprès des clients. Résultats : depuis 2001, il n’y a pas eu un seul accident corporel chez GE et le nombre d’accidents a chuté de 24 % depuis 2004 ! Au-delà des vastes programmes de prévention, certains prestataires de services, telle l’enseigne Speedy, apportent leur pierre à l’édifice avec des actions très ciblées dans leur domaine. C’est ainsi que depuis deux ans, ce spécialiste de l’entretien courant devenu un acteur majeur du marché pneus des flottes d’entreprise, réunit (tous les deux ou trois mois), entre quarante et soixante gestionnaires de parcs automobiles pour leurs parler, entre autres (dans le cadre de ses rencontres « baromètres pneumatiques »), de prévention grâce à des pneus en bon état, adaptés, respectant les réglementations en vigueur, etc. « Nous avons voulu sortir de la thématique habituelle considérant surtout l’usage, la durée et le prix des pneus », explique Rodolphe Noulin, Directeur de Speedy Fleet. Et de préciser : « et éclairer les décideurs flottes des entreprises quant aux problématiques de sécurité, qui, bien sûr, les intéressent, mais qu’ils ne connaissent pas toujours de manière approfondie, en faisant intervenir des experts ou encore des manufacturiers. Il existe une réglementation sur les pneus, il faut s’y soumettre, la respecter ». D’autant que 260 000 accidents dans l’Union Européenne sont dus au sous-gonflage des pneus, dont 27 000 avec blessures corporelles et 6 % mortels.

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