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Comment Pernod a réduit sa TVS

Le groupe Pernod a fait des économies en révisant sa car policy et en fixant des niveaux d’émissions de CO2 par type de poste. Témoignage

- Magazine N°135
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La filiale du groupe Pernod Ricard, le groupe Pernod commercialise 13 marques de vins et spiritueux en France, parmi lesquelles Pastis 51 ou Suze. Il compte 800 salariés répartis dans toute la France et revendique la seconde force de vente du marché des spiritueux avec près de 400 commerciaux. Le groupe Pernod dispose d’une flotte de 400 véhicules, principalement des VP, répartis sur 4 sites industriels en France et au siège de Créteil. Le parc se décompose en 22 utilitaires, 111 monospaces,76 breaks,144 berlines. Les conducteurs roulent en moyenne 110 000 km sur 27 mois. Fidèle de longue date (1988) à la LLD et à Lease- Plan, Pernod a aussi noué quelques contacts commerciaux avec Arval depuis 2000. La gestion se fait à livre ouvert, avec une grande palette de services souscrits (à l’exception de l’assurance).

La car policy prévoit différents niveaux d’attribution de véhicules : les chef de secteurs qui couvrent un département ont droit à une Mégane ; les chefs de vente qui pilotent chacun une équipe de 8 représentants roulent en Laguna, tandis que les six chefs de région ont une 607. Enfin, les membres du comité de direction conduisent des 607 essence. « Nos collaborateurs peuvent choisir n’importe quel véhicule dans le catalogue des trois marques françaises plus Audi, dans la mesure où ils prennent à leur charge la partie financière qui dépasse le loyer TTC que la société leur alloue en fonction de leur titre et de leur fonction », souligne Luce Gellibert, gestionnaire du parc. Cette politique automobile permet à Renault d’arriver en tête du parc (47 %), suivi de Peugeot (20 %), Citroën (12 %), Volkswagen (10 %) et Audi (9 %).

Comment le parc s’est-il adapté à la récente législation sur la TVS et comment appréhende- t-il les nouvelles mesures sur le bonus-malus ? Luce Gellibert a revisité la car policy et fixé des niveaux d’émissions de CO2 par type de poste : ainsi les chefs de secteurs ont été limités à 140 g par km, les chefs des ventes à 160 g, tandis que les directeurs régionaux ne doivent pas dépasser 180 g et les membres du comité directeur 200 g.

Grâce à cette refonte et à la limitation des émissions de CO2, Pernod a d’ores et déjà fait des économies sensibles. « En année pleine nous serons à 100 000 euros économisés sur un budget TVS de 510 000 euros », souligne-t-elle. Pour l’exercice 2006, la TVS versée en 2007 a déjà été ramenée à 460 000 euros. Le groupe de spiritueux a aussi profité de cette réforme fiscale pour arrêter la pratique des indemnités kilométriques, jugée trop coûteuse, sujette à des dérives financières et qui ne concernait plus qu’une poignée de véhicules.

Le dispositif de l’écopastille en vigueur depuis le 1er janvier 2008 fait ressortir une quinzaine de véhicules faisant l’objet d’un malus. « Je vais essayer de faire proposer une recommandation pour orienter les conducteurs vers des modèles qui réduiront l’impact du malus. J’en ai actuellement trois en commande », explique la responsable de Pernod.

Comment les véhicules moins polluants en CO2 vont-ils faire leur entrée dans le parc de Pernod ? Au fur et à mesure des renouvellements. Cette année il devrait y en avoir entre 150 et 180 nouvelles mises à la route, en fonction des kilométrages effectués par les collaborateurs. Luce Gellibert attend avec une certaine impatience la clarification des règles du jeu en matière de bonus-malus et la marche à suivre pour se faire rembourser les bonus. « J’ai commandé un Espace le 26 novembre et la préfecture conteste cette date. Dans la balance il y a un malus de 750 €, ce qui n’est pas neutre pour mon budget. J’aimerais avoir le fin mot de cette histoire et savoir à quoi m’en tenir », insiste la responsable de flotte.

Sur le plan de la gestion du parc, Luce Gellibert est une adepte des «alertes» et en a demandé la mise en place de plusieurs à LeasePlan. « Je souhaite effectivement disposer de tous les éléments en amont sur les dépassements de kilométrages par rapport aux contrats initiaux. Je demande également les relevés des enlèvements de carburants mensuels, l’état des entretiens ou des contrôles techniques non effectués », explique-t-elle. En revanche, la gestionnaire du parc de Pernod ne trouve pas nécessaire de recevoir systématiquement les alertes sur l’état des commandes, l’avancement des livraisons ou encore les prises de carburants le week-end.