Commission Royal : les résultats des 52 premiers véhicules révélés

La commission chargée de tester les émissions de CO2 et de NOx de 100 véhicules a rendu un premier bilan. Sur les 52 véhicules déjà testés, beaucoup présentent des émissions anormalement élevées.

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Commission Royal : les résultats des 52 premiers véhicules révélés

Quelques semaines après les premières révélations de l’association Transport & Environnement, c’est au tour du ministère de l’écologie de présenter un premier bilan des tests menés par l’UTAC. Dans un document de 15 pages, la commission, si elle prend soin de ne citer à aucun moment les constructeurs incriminés, détaille les résultats des 52 premiers véhicules, de 15 marques différentes, passés entre les mains de l’organisme en charge des opérations à Montlhéry (91).

Ce protocole a prévu trois essais spécifiques. Le premier, nommé D1, est le cycle d’essai habituel légèrement retouché : « modification de la position du capot, roues non motrices, passage de la marché arrière ». Le second est un cycle d’essai modifié nommé D2, et le ministère de détailler : « On reprend une partie du cycle d’essai classique de l’homologation. On compare les émissions du véhicule lors de celui-ci et lors du test modifié ». Enfin, le dernier dispositif, D3, consiste en un essai sur piste qui reproduit le futur cycle d’homologation NEDC.

Des technologies peu efficientes ?

Premier constat de la Commission à l’issue de ces tests, « les véhicules équipés des technologies EGR (ndlr : recirculation des gaz d’échappement) et de SCR (ndlr : traitement en continu des NOx par ajout d’un réactif dit AdBlue) présentent plutôt de bons résultats en matière d’émissions de NOx ». Mais là où le bât blesse pour le ministère, c’est « pour une large majorité des véhicules Euro 6 équipés de la technologie EGR + NOx Trap (ndlr : piégeage et stockage des NOx) ». En effet, ces derniers présenteraient « des anomalies, notamment en émissions réelles de NOx jusqu’à cinq fois la norme ». Pire encore, « certains véhicules issus de deux constructeurs présentent des écarts dix fois supérieurs à la norme ».

Du côté des modèles Euro 4 et Euro 5 testés, les véhicules présentent, le plus souvent des anomalies en matière d’émissions de CO2.

Les diesels Euro 6 dans le viseur

Dans le détail, sur les essais D1, « 12 véhicules dépassent de plus de 10 % les normes NOx autorisées », explique la Commission. Mais là ou ces résultats interpellent, c’est lorsque le document précise que « ce sont principalement des Euro 6 » qui sont concernés par ces dépassements des normes.

Sur les essais discriminants D2, et alors que le rapport entre les essais D1 et D2 est anormal au-dessus d’un coefficient de 1,5, « deux modèles du groupe Volkswagen dépassent largement l’écart acceptable ». De plus, douze autres véhicules testés, Euro 5 ou Euro 6, ont obtenu des résultats dépassant le coefficient fixé par la Commission. Les constructeurs mis en cause « ont été invités à fournir des explications sur les causes de ces dépassements », est-il précisé.

Du côté du test D3, en conditions réelles, les résultats montrent « qu’une majorité des véhicules Euro 6 testés dépassent de plus de cinq fois leur limite d’émissions (ndlr : 80 mg/km), dont certains bien au-delà, et que certains Euro 5 sont dans le même cas », s’inquiète le ministère.

Le CO2 pose aussi problème

Si les émissions de NOx ont été pointées du doigt, celles de CO2 sont aussi dans le viseur de l’UTAC. Ainsi, lors de l’essai D1, 25 véhicules, « autant Euro 5 que Euro 6 », présentent des résultats d’émissions de CO2 au-delà de 12 % de leur valeur déclarée lors de leur homologation. En conditions réelles, les écarts sont encore plus significatifs. « Les trois quarts des véhicules testés présentent des émissions supérieures de 20 à 50 % à la déclaration », s’indigne le ministère. Avant de conclure : « Les constructeurs concernés ont été invités à fournir des explications sur les causes de ces dépassements aux membres de la commission indépendante ».