Communauté d’agglomération du Pays Voironnais : le garage facture

La communauté d’agglomération du Pays Voironnais (Isère) a mis en place une comptabilité analytique au sein de son garage. Objectif : refacturer « au coût réel » les réparations automobiles faites pour chaque service. La démarche s’avère très compétitive face aux garages privés et permet de rationaliser les coûts.
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Communauté agglomération Pays Voironnais garage

Pour la communauté d’agglomération du Pays Voironnais, Cédric Garampon le souligne d’emblée : « Nous travaillons un peu comme un garage privé », résume ce directeur du service. Entre les ponts, les capots ouverts et les stocks de pièces détachées, rien ne permet de déduire qu’il s’agit ici d’un garage appartenant à une communauté de communes. Mais après tout, n’importe quel garage d’une collectivité locale ressemble à s’y méprendre à un garage privé. Non, la spécificité du pays Voironnais, c’est d’avoir mis en place une comptabilité analytique pour les prestations faites aux services de la communauté de communes et aux communes du territoire.

Avec une idée simple : le coût des réparations n’est pas porté par le budget du garage mais par les services qui en ont fait la demande. Avec une facturation unique faite pour chaque service pour l’ensemble des réparations de l’année. Dans son « grand livre », le document qui recueille tous les comptes, le garage affiche ainsi une activité de 600 000 euros. Une activité entièrement couverte par les recettes réalisées auprès des autres services. Seul l’achat des locaux reste porté par la collectivité. Pour son fonctionnement, le service emploi quatre mécaniciens polyvalents à temps plein, deux apprentis, une secrétaire et un directeur.

Équilibre entre qualité de service et budget

« Chaque mécanicien qui intervient fait une fiche de travail. Puis nous procédons à une refacturation au prix réel au service qui demande une réparation, expose Cédric Garampon. Les pièces sont au prix coûtant et le taux horaire du mécanicien varie en fonction du véhicule ». Ce taux horaire est voté chaque année par le conseil intercommunal. Il s’établissait en 2021 à 66,53 euro pour un poids lourd, et à 58,39 euro pour un véhicule léger. Avec une augmentation généralement indexée par les élus sur l’inflation, soit 1,8 % entre 2020 et 2021.

« Nous pourrions améliorer le budget en augmentant un peu le taux horaire ou en faisant plusieurs taux horaires, comme les garages privés, note le chef de service. Mais dans la tête des élus, ce strict équilibre apporte plus de confort aux autres services. Lors du vote annuel, un équilibre est recherché entre les besoins des services et la pérennité du garage. Tenir son budget reste important. Mais si un garagiste du coin était moins cher, les autres services territoriaux n’auraient aucun intérêt à venir chez nous. Il faut donc se montrer compétitif sur les prix mais aussi sur le temps de réaction », poursuit Cédric Garampon.

Un service ouvert aux communes de l’interco

Le garage ne travaille pas uniquement pour les services de la communauté de communes. Les 31 communes du Pays Voironnais ont aussi accès au service. Mais seules six ont fait ce choix. « Les communes aiment travailler avec les garages de leurs propres territoires », explique Cédric Garampon. « Nous n’avons pas non plus envie de faire de la concurrence déloyale avec un tarif trop bas. Nous pourrions faire des flyers, des portes ouvertes, pour attirer de plus en plus de communes. Cela leur coûterait sans doute moins cher. Mais il nous faudrait aussi recruter et cela changerait notre équilibre budgétaire. Ma feuille de route, pour le mandat en cours, consiste à mettre en avant ce service auprès des communes. Mais il faut rester cohérent avec les moyens humains à notre disposition. Pour l’instant, nous proposons aux communes, mais nous n’insistons pas. »

Garagiste et fonctionnaire territoriaux

Environ 90 % des réparations demandées par les services sont faites en interne. Mais certaines manipulations doivent être externalisées. « Nos mécaniciens sont polyvalents, justifie le chef de service. Ils interviennent du vélo à la mini-pelle. C’est un avantage pour eux : ils ne font jamais la même chose. Mais avec une opération spécialisée, comme une réparation de boîte de vitesses automatique, il faut externaliser. »

Tout reste affaire d’équilibre. Et les garagistes eux-mêmes doivent faire la balance entre leur secteur d’activité et le statut de fonctionnaire territorial. Dans la fonction publique territoriale, le salaire initial sera en effet moins attrayant. Mais les astreintes et la prime d’intéressement ajustent les choses. « Au fil des années, cela s’équilibre », plaide Cédric Garampon, dans la fonction publique depuis 25 ans.

La flotte de la communauté d’agglomération du Pays Voironnais

Le parc de la communauté d’agglomération du Pays Voironnais comprend 300 véhicules dont près de 150 véhicules légers et 38 poids lourds. S’ajoutent une vingtaine de mini-pelles, tractopelles et tracteurs d’élagage, ainsi qu’une vingtaine de vélos.