Le comportement des Français sur l’autoroute ne s’améliore pas

Pour la 5e édition de l’Observatoire des comportements sur autoroute, le groupe Sanef s’est attaché à décrypter les comportements des Français au volant. Pour un bilan plus que mitigé.

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Le comportement des Français sur l’autoroute ne s’améliore pas

Pour la 5e édition de son Observatoire des comportements sur autouroute*, le groupe Sanef était bien décidé à pointer du doigt les comportements dangereux des Français au volant sur son réseau concédé. Et pour cause, sur ses autoroutes, 36 personnes ont perdu la vie en 2015 contre 26 en 2014. Il en va de même pour les accidents corporels (489 contre 433) et enfin pour les accidents matériels (3 125 contre 2 852).

« Si le premier semestre 2016 ne confirme pas cette tendance, certains comportements nous indiquent un relâchement au volant », s’est ainsi indigné Pascal Contremoulins, responsable de la sécurité routière du groupe Sanef.

Le premier constat, l’un des plus préoccupants pour la Sanef concerne la vitesse au volant. En effet, l’étude a relevé que 43 % des automobilistes roulaient à plus de 130 km/h, contre 37 % en 2015. Pire encore, 4 % des automobilistes affichaient plus de 150 km/h au compteur, un chiffre là aussi en hausse de 1 point sur un an. Résultat : la moyenne observée est passée de 127 à 129 km/h.

Distance de sécurité et partage de la route : des comportements inquiétants

Autre problème relevé, le non-respect des distances de sécurité. Alors même « qu’un accident constaté sur quatre est dû à un sur-accident suite à un incident », a détaillé Arnaud Quémard, directeur de l’exploitation de la Sanef, 22 % des automobilistes ne respectaient pas cette règle lors de l’étude. « Un résultat certes stable mais mauvais car le non-respect des distances de sécurité demeure un vrai sujet d’aggravation de l’accidentologie sur autouroute », a spécifié Arnaud Quémard.

Le partage de la route est lui aussi peu respecté par les conducteurs. 36 % des automobilistes circulaient, en moyenne, de manière abusive sur la voie centrale (ndlr : sur une autoroute trois voies) en mars 2016. Un constat d’autant plus vrai la nuit, une période durant laquelle ce chiffre atteint 55 % contre 33 % en journée.

Le clignotant souvent oublié, le téléphone souvent décroché

Du côté du clignotant, le constat est plutôt mitigé. Si 45 % des Français ne l’utilisaient pas en 2016 pour se rabattre, ce chiffre est cependant en forte baisse puisque les automobilistes étaient 59 % à ne pas le faire en 2015. Une tendance inversée en ce qui concerne l’usage du clignotant pour doubler : 37 % des automobilistes ne l’utilisaient pas en 2016 contre 35 % l’an dernier.

Dernier point noir de cette étude, l’usage du téléphone. « Bien qu’il soit difficile de vérifier l’ensemble des utilisations, les chiffres ressortis par l’étude ont de quoi interpeller », a expliqué Arnaud Quémard. La Sanef a ainsi pu observer que 4,9 % des conducteurs observés tenaient le téléphone à la main lorsqu’ils conduisaient contre 3,7 % en 2015.

* Pour rappel, l’étude Sanef a été réalisée dans une zone neutre (sans particularités pouvant influencer la conduite), sur l’autoroute A13 dans le sens Caen-Paris. L’échantillon représente 140 000 véhicules observés durant une semaine fin mars 2016, soit 22 000 véhicules par jour et par sens de circulation.
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