Concilier économies et écologie

Concilier économies et écologie

Qu’il s’agisse de l’entreprise Ereme Architecture ou de GS27 Pure, deux sociétés engagées dans une démarche de développement durable, le même critère a guidé les gestionnaires dans le choix de leur flotte automobile: un «monomarquisme» afin de renforcer la relation avec le constructeur, gage d’une meilleure prise en compte de leurs exigences respectives.

- Magazine N°152
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voitures

Entre courte, moyenne ou longue durée, le débat ne se pose plus pour Lionel Bourroux, directeur financier de Ereme Architecture à Marseille ou Pascal Boureau, Directeur général de GS27 Pure en Indre et Loire.

Au sein d’un cabinet d’architecture qui emploie une trentaine de collaborateurs, Lionel Bourroux gère, entre autres, une flotte de sept voitures. L’évolution de la société vers ce choix n’a pas été immédiate : « On a tous le même réflexe initial, celui d’éviter des engagements qui nous paraissent contraignants. Ainsi, la durée apposée au bas d’un contrat fait toujours peur. On a l’impression que pouvoir se dédire rapidement d’une location est source de souplesse et de rentabilité ou productivité. C’est un calcul à court terme. »

Un calcul que Lionel Bourroux a testé dans ses fonctions précédentes. Ancien gestionnaire du parc auto de l’Olympique de Marseille, il y a fait évoluer la flotte de 50 véhicules. « Qu’il s’agisse de l’OM ou de Ereme, dans les deux cas on est confronté aux mêmes interrogations : comment, entre les différents acteurs de l’entreprise ou du Club, ne pas créer de conflits de hiérarchie sociale, avec des différenciations involontaires, en affectant des véhicules différents à l’un et l’autre ? Avec de la location court terme, on tombe obligatoirement dans ce travers. »

A contrario, Lionel Bourroux a pu se rendre compte qu’en se tournant vers le long terme, on reprend la main : mêmes véhicules, même confort, mêmes options, mêmes couleurs, jusqu’aux porte-clefs qui sont identiques. Dans le milieu sportif, où le management des hommes est quelque chose de très sensible, où les susceptibilités s’éveillent pour peu de choses, parvenir à cette uniformisation est essentiel. « Mais dans l’architecture aussi. Ce sont nos conducteurs de travaux qui se servent pour l’essentiel de nos véhicules. On en avait deux à l’origine, sept aujourd’hui. Et je retrouve les mêmes réflexes acquis à l’OM. » Maîtrise de l’usage, des kilomètres, négociation globale avec un seul fournisseur, le constructeur, même si celle-ci se fait au travers d’une société de LLD. Autre avantage, en matière de gestion interne, une grande simplification à tous les niveaux. « Nous avons aligné les contrats de tous nos véhicules sur la même date anniversaire. Ce qui à l’heure des renouvellements nous donne plus de poids pour négocier puisque c’est la totalité de la flotte qui se trouve ainsi remise en compétition. » Autre gain, les entretiens, la surveillance du parc, son vieillissement, tout se fait globalement au même rythme. Les opérations de maintenance préventive également. Pas de surprise non plus en matière de réparation : modèle unique, standardisation des interventions. Les coûts là encore demeurent rigoureusement identiques. Enfin, la date anniversaire unique offre aussi un avantage déterminant : pas de perte de temps à reprendre plusieurs fois de suite les mêmes négociations avec le constructeur. On aborde douze mois avant le terme le sujet avec le fournisseur et on se donne ainsi le temps de mieux gérer cette tractation.

Des intérêts croisés

« Je me suis aperçu, au cours des années passées et dans mes fonctions actuelles que l’alignement d’un parc, qu’il s’agisse de 7 ou de 70 véhicules permet d’obtenir des conditions plus avantageuses que celles négociées à l’unité. Ce n’est pas le nombre qui est important, c’est la globalisation. De plus, les conditions obtenues sont extensibles aux véhicules qui pourraient s’ajouter à la flotte existante, en cours de contrat. C’est le genre d’argument auquel un fournisseur est aussi sensible, surtout quand on peut lui montrer que par le passé, cette évolution a été réelle. »

De là à faire dire à Lionel Bourroux que les négociations sont faciles serait inexact. Il faut négocier et prendre son temps, mais en général on parvient à son but. « Le principal est de disposer du temps nécessaire. Et puis vous avez toujours un atout dans la manche : vous savez que le concessionnaire va recevoir un chèque de 150 000 euros. Qui peut résister à pareil argument ? » Autre avantage testé par Lionel Bourroux, la garantie d’une livraison à la date prévue : quand on maîtrise sa négociation et qu’on prend suffisamment de recul, on s’assure en même temps des délais de production car on donne de la visibilité à l’industriel. Un industriel que le responsable d’Ereme n’hésite pas à solliciter financièrement pour bénéficier de services identiques à ceux offerts par un loueur. Une approche qui touche également la réflexion engagée par Lionel Bourroux. « En matière d’écologie et de développement durable, ma philosophie est simple : si je peux faire du développement durable sans que cela me coûte, il est bien évident que je ne m’en priverai pas. » Pour s’être penché sur la question, le directeur financier d’Ereme est franc : « Si l’on met bout à bout les subventions et les aides que l’on peut solliciter, on réduit d’autant sa facture et l’on peut alors tendre vers une parité de coûts en matière de développement durable sur une flotte automobile. »

Eco-conduite : pas si évident !

L’entreprise qui s’était ainsi portée un temps sur des 4 x 4 de direction est descendue d’un cran pour éviter les taxes. Mais c’est néanmoins le diesel qui l’a emporté chez Ereme. Même si le gestionnaire reconnaît y être de moins en moins attaché, compte tenu de la perte d’intérêt économique que représente désormais cette motorisation. Dans ce même esprit environnemental, d’autres chantiers pourraient être engagés par l’entreprise, dans des domaines aussi divers que l’éco-conduite. Sur ce registre, Lionel Bourroux émet pourtant un bémol. « II est très difficile, à l’échelle d’une société, et quelle que soit sa taille, d’impliquer ses acteurs dans ce type d’action. » La prise de conscience individuelle n’est pas simple à faire naître, quand il n’y a pas de véhicule obligatoirement attribué en propre. C’est encore plus difficile quand on rembourse comme c’est le cas chez Ereme, la totalité des frais aux utilisateurs : péages, essence. Il n’y a pas véritablement de perception par l’usager, de son niveau de dépense réelle. Lionel Bourroux a pourtant trouvé la parade. Des chartes ont été signées entre l’entreprise et ses salariés concernant les véhicules, afin d’en rendre l’usage collectif plus confortable. Comme l’interdiction absolue de fumer à bord, sous peine de se voir retirer le véhicule. De même, un véhicule qui rentrerait sale sur le parc serait immédiatement restitué à son dernier utilisateur afin qu’il veille à le rendre propre. C’est également mentionné dans la charte que le gestionnaire se réserve le droit de faire tourner les véhicules. « En fait, on parle chez nous pour l’instant plus d’une sensibilisation à des actions d’éco-propreté, que d’engagements fermes et quantifiés en matière d’environnement ou de maîtrise des ressources. Ce sera la prochaine étape. »

Un environnement qui rapporte

Une étape qui verra le jour d’ici quelques mois. Lionel Bourroux a mis en place sur 2009/2010 un plan d’Epargne Entreprise qui repose, entre autres, sur une réduction des coûts, qu’il s’agisse des frais d’essence mais aussi des diverses fournitures. « Plus nos charges diminueront, plus nos résultats seront améliorés, meilleure sera la redistribution. En clair, l’entreprise gagne de l’argent, vous gagnez de l’argent. J’ai tout chiffré et nous allons redistribuer 75 % des économies ainsi réalisées. »

Chez GS27 Pure, l’exigence d’une attention plus soutenue en matière de respect de l’environnement est liée à l’activité même de l’entreprise. « Difficile, explique Pascal Boureau, dirigeant de cette entreprise, de revendiquer un positionnement écologique et d’arriver chez un client avec une voiture qui se situe aux antipodes de cette image. »

GS27 Pure, filiale du groupe Indigo, leader des produits nettoyants auto moto en centre auto avec 35 % de parts de marché a développé depuis trois ans, la première gamme d’entretien auto écologique biodégradable et ne nécessitant pas d’eau. Et ce, grâce à un ensemble de technologies innovantes que revendique l’entreprise depuis 40 ans. Un lancement qui a passé avec succès les barrières américaines en répondant aux normes COV. « De là, nous avons développé toute une activité de services aux entreprises, en nettoyant leurs véhicules sur site. » Une prestation qui concerne les PME à partir de 30 voitures. « Pour réussir, j’ai anticipé dans 2 directions : une qualité de service irréprochable et la garantie incontournable apportée aux entreprises qui vont nous confier leurs véhicules, que nous sommes nous-mêmes de vrais techniciens. »

Externalisation de la gestion avec Fast Lease

Dans la démarche marketing de GS27 Pure, ses véhicules d’intervention font partie intégrante de la réussite visée par Pascal Boureau sur ce marché. « Le seul moyen de parvenir à la qualité visée avec une solution optimale était de recourir à la LLD au travers d’une société capable de nous accompagner en se situant à la hauteur de nos propres prétentions. » Une externalisation complète a donc été mise en place : gestion de la signalétique sur les véhicules, unification du parc, adaptation des véhicules à l’activité, livraison des véhicules aux concessionnaires qui vont ouvrir les centres de GS27, mise à disposition sans délais de véhicules relais en cas de panne. « Pour exiger un parfait respect de l’engagement des concessionnaires de GS27 Pure sur le terrain, je me dois de leur apporter moi aussi un service irréprochable. La LLD était donc au cœur de notre business. »

C’est Fast Lease vers lequel s’est tourné Pascal Boureau. Six véhicules sont aujourd’hui en service dans les centres ouverts (une centaine sont programmés dans les mois à venir). « Nous avons passé un accord avec Fast Lease qui va bien au delà de ce que l’on attend habituellement d’un loueur. » GS27 Pure a prévu de renouveler l’intégralité de sa flotte tous les trois ans pour éviter tout risque de dépréciation d’image avec un parc «obsolète» ou qui ne soit pas à la pointe de la modernité. « Nous aurions bien aimé opter pour des véhicules électriques, mais la solution -à notre connaissance- n’existe pas encore en LLD. » Compte tenu des exigences marketing, de la volonté également de pouvoir négocier des prix de façon optimale, Pascal Boureau a opté sur les conseils de son fournisseur pour une démarche monomarque et pour des utilitaires diesel Peugeot qui présentent le moins de rejets en matière de CO2 : Bipper et Partner.

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