Mobilité durable : les innovations soutenues par l’Ademe

Batteries, hydrogène, MaaS… Onze entreprises du secteur des transports de la mobilité ont remporté le concours d’innovation de l’Ademe et reçu des subventions de plusieurs milliers d’euros pour développer leurs projets. Des lauréats qui reflètent les tendances portées par le gouvernement français.

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concours innovation ademe
© Ademe

Lancé en 2017 dans le cadre du Programme investissements d’avenir, le concours d’innovation de l’Ademe récompense des projets de PME et de start-up et vise à « favoriser l’émergence de champions français d’envergure mondiale ». Cette année, le concours a fait la part belle aux projets en lien avec les transports et la mobilité durable, puisque 11 d’entre eux ont été subventionnés.

Innover sur le marché des batteries

Parmi eux, quatre projets concernent les batteries des véhicules électriques alors que la France veut s’imposer sur ce marché, comme annoncé dans le contrat stratégique 2018-2022 de la filière automobile.

La start-up grenobloise Gulplug a ainsi remporté un financement de 338 832 euros pour son projet Selfplug : une borne de recharge automatique magnétique par conduction pour VE. L’objectif : passer du concept à des expérimentations client.

En parallèle, la société d’ingénierie Alphee Developpement a reçu 300 348 euros pour le projet Smart20. Il vise à développer un module de forte puissance (20 kW) pour les chargeurs de batteries embarquées comme stationnaires, de 85 à 850 V.

La start-up Tiamat a quant à elle obtenu 1 239 000 euros pour son projet Powerbat. Ce dernier consistera à optimiser les performances de ses batteries sodium-ion à charge ultra-rapide (voir notre brève), à les valider avec des utilisateurs et à lancer un démonstrateur industriel en 2020.

Enfin, la société Entech-Se a gagné une subvention de 343 341 euros pour le projet CSV (conversion intelligente pour la seconde vie des batteries). Elle veut réaliser un démonstrateur opérationnel puis des systèmes de série afin de fournir une énergie de stockage à moins de 0,09 euro/kWh.

À noter également que la start-up Atawey a remporté 311 802 euros pour développer un système de froid permettant d’optimiser les coûts et de réduire l’empreinte énergétique d’une station hydrogène à recharge rapide.

Optimiser la mobilité urbaine

Outre la recharge des VE, les lauréats illustrent une deuxième préoccupation du gouvernement : l’optimisation et le verdissement de la mobilité urbaine, cœur des Assises de la mobilité. Cela passe d’une part par le développement de solutions de « mobility-as-a-service » (MaaS). L’éditeur de solutions logicielles Airweb a ainsi remporté un financement de 302 269 euros (sur 788 180 euros) pour son projet de titre de transport universel. La start-up développera d’une part une application réunissant les offres des réseaux de transport public partenaires, et d’autre part un service de billettique dématérialisée sur smartphone avec un paiement à l’usage.

En parallèle, la start-up Tictatrip a été primée pour son projet de moteur d’itinéraire intermodal pour l’Europe, baptisé Marit. Le financement de 278 748 euros lui permettra d’étoffer le maillage de sa cartographie et de normaliser les données d’un maximum d’acteurs régionaux ; ainsi que de créer un système de paiement permettant la réservation combinée des trajets depuis la plate-forme.

De son côté, le spécialiste de la mobilité partagée Vulog a obtenu 1 138 568 euros pour développer le projet Masslab : une plate-forme dédiée aux véhicules autonomes électriques et partagés. Celle-ci offrira des services de partage de trajets, de mobilité prédictive, d’optimisation de la maintenance opérationnelle et de recharge intelligente des flottes.

VAE, logistique et villes rurales

On peut aussi noter les 764 748 euros remis à la start-up grenobloise eBikeLabs pour son projet de cerveau électronique pour VAE eBike Brain. Celui-ci doit permettre de « diminuer significativement le coût de revient des VAE », notamment en optimisant la maintenance et la durée de vie de la batterie et en supprimant les pièces coûteuses. Il doit aussi faciliter l’exploitation de flottes mutualisées en milieu urbain.

Et la société Everysens a remporté 350 595 euros pour développer une solution logicielle de gestion de parc et de flux interopérable et multimodale, à destination des acteurs de la logistique. Elle pourra intégrer les données remontées par différents capteurs (remorques, containers) et logiciels.

Le milieu rural n’a pas été oublié : le spécialiste lyonnais du recueil des données routières Alyce a en effet reçu une subvention de 336 852 euros pour son projet d’observatoire de la mobilité à destination des villes de moins de 200 000 habitants. Des boîtiers positionnés sur les routes permettront de caractériser les flux routiers.

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