Conseil général des Hauts-de-Seine : la flotte passe à l’électrique

Conseil général des Hauts-de-Seine : la flotte passe à l’électrique

Le conseil général des Hauts-de-Seine prend un «virage à 180 °» avec le déploiement de 350 véhicules électriques d’ici à 2014. Sur quatre ans, la collectivité compte ainsi remplacer la moitié de son parc pour un coût estimé à 7,9 millions d’euros.

- Magazine N°174
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Conseil général des Hauts-de-Seine : la flotte passe à l’électrique

Garées en épi dans la cour de l’hôtel du département trônent une trentaine de Peugeot iOn toutes neuves, des vélos et quelques voiturettes Goupil, Matra (2 et 4 places) et Cross Rider. Ce sont les premiers véhicules électriques de la flotte du conseil général des Hauts-de-Seine, « qui sera la plus importante à l’échelon nationale pour une collectivité », a précisé Patrick Devedjian, président du conseil, lors de la présentation de ce parc.

En quatre ans, la moitié des 669 véhicules particuliers passeront à l’électrique grâce à un accord-cadre comprenant plusieurs lots, « afin de tenir compte de la montée en puissance et de la diversification progressive du marché de l’électrique de nouvelle génération », a expliqué Patrick Devedjian. Ce qui amènera aussi à tester les deux options de l’achat et de la LLD.

Les utilitaires se mettent à l’électrique

Une cinquantaine d’iOn ont rejoint le parc et une centaine de véhicules sont prévus pour 2012. « Pour ces derniers, nous étudierons l’offre du marché, c’est-à-dire les Mia, les C-Zéro, les Fluence et les Kangoo Z.E. pour les utilitaires dont une partie passe aussi à l’électrique. Nous attendons une réponse pour un appel d’offres sur six utilitaires et l’an prochain, nous comptons en remplacer vingt autres. Au total, dès la fin 2012, nous disposerons de 26 utilitaires électriques sur un parc de 120 », anticipe Denis Bertrand, chargé des achats. Selon lui, les modèles auront une durée de vie de sept à huit ans, si les batteries sont conformes aux premières expériences.

Parmi les critères de choix de ces véhicules : une capacité à s’insérer dans une circulation au moins jusqu’à 100 km/h et l’autonomie. « De l’ordre de 110 à 120 km, elle est suffisante car nos véhicules circulent dans des zones urbaines et parcourent rarement plus de 80 km/jour », ajoute Pierre-Alain Roche, responsable du pôle aménagement et territoire.

Les directeurs et les services de la voierie et de l’aménagement du territoire seront les premiers équipés. Les services sociaux suivront et, à terme, environ 1 500 agents, sur les 6 000 du conseil général, emploieront ces modèles. « Certes, l’électrique ne s’adapte pas aujourd’hui à quelques besoins spécifiques comme l’assistance aux enfants qui parcourent de nombreux kilomètres pour se rendre dans des centres éloignés », note Pierre- Alain Roche.

600 tonnes d’émissions de CO2 en moins

Cette démarche répond « à un double objectif d’amélioration du cadre de vie et d’exemplarité de l’administration. Il s’agit de permettre à la filière industrielle de se développer. C’est de la responsabilité des pouvoirs publics », complète Patrick Devedjian. Et l’émission de 600 tonnes de CO2 sera évitée. Pierre-Alain Roche souligne aussi « l’absence de bruit et un retour positif sur le confort. »

Pour les agents, la mutation se veut aussi majeure. Alors que 150 personnes ont suivi des cursus d’éco-conduite, des formations ciblées sur la conduite de véhicules électriques ont débuté. Il convient ainsi de différencier charge et autonomie sur les voyants. « La voiture peut être convenablement chargée mais l’autonomie varie selon le comportement au volant. Il faut apprendre à rester dans la zone ”éco” et à lever le pied car cela recharge la batterie automatiquement », a détaillé un conducteur aguerri.

Particularité de ce parc électrique, il est entièrement mutualisé. Une démarche entamée depuis plusieurs années pour le reste de la flotte, ce qui a diminué le nombre total de véhicules de 735 à 669 en quatre ans et réduit de 28 % les consommations de carburant. Hors périodes d’astreinte ou de rendez-vous tardifs, aucune autorisation de remisage ne sera autorisée et Patrick Devedjian insiste sur la nécessité de ramener les véhicules sur le site pour les recharger en heures creuses. Les agents n’auront donc pas la possibilité d’effectuer des recharges à domicile. « Vous voulez leur faire payer le carburant », s’est-il offusqué, en réponse à une question de Flottes Automobiles.

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