La filière automobile s’engage pour les véhicules électriques et autonomes

À l’occasion du comité stratégique de la filière automobile, qui s’est tenu le 22 mai à Bercy, les acteurs du secteur ont publié leur plan d’action pour la période 2018-2022. Au cœur du programme : électrification et autonomie des véhicules, pour une compétitivité renforcée.

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Comite strategique filiere automobile
© Bercy

Ce contrat stratégique de filière s’appuie sur 4 grands projets: être acteur de la transition énergétique et écologique, créer l’écosystème du véhicule autonome et l’expérimenter à grande échelle, anticiper l’évolution des besoins en compétence et emplois, et enfin renforcer la compétitivité de la filière automobile. Avec une ambition : « Faire de la France un acteur majeur des mobilités du XXIe siècle », affirme Luc Châtel, président de la filière.

1 million de VE et 100 000 bornes d’ici 2022

Le contrat vise tout d’abord une multiplication par cinq des ventes de véhicules 100 % électriques d’ici fin 2022. Les constructeurs se sont engagés à développer leur offre de véhicules électriques et hybrides rechargeables à des tarifs attractifs, tandis qu’en échange l’État maintiendra un bonus pour les VE au moins jusqu’en 2022. De plus, une application d’information sur les VE sera mise à disposition des consommateurs dès septembre 2019.

En parallèle, les acteurs ont garanti un ratio d’une borne de recharge pour dix véhicules électrique ou hybride rechargeable en circulation, soit l’équivalent de 100 000 bornes en 2022 si l’objectif d’1 million de véhicules à la route est atteint. L’État en contrepartie assurera un droit à la prise et au pré-équipement des parkings ainsi qu’un soutien financier. Cela « se traduira notamment par une plus grande prise en charge des coûts de raccordement des bornes jusque fin 2021, financée par le réseau électrique », précise le contrat.

La filière souhaite également « faire émerger une offre industrielle française et européenne dans le domaine des batteries », avec pour objectif la création d’une nouvelle génération de batteries d’ici 2023. Elle prévoit en outre de créer une filière hydrogène française. Le tout en poursuivant ses efforts quant à la réduction des émissions de CO2 du parc automobile d’ici 2030, et en développant l’économie circulaire.

Accélérer les expérimentations de véhicules autonomes

Le deuxième grand axe du contrat de filière concerne la conduite autonome. Depuis 2014 et la publication de la feuille de route industrielle pour le développement des véhicules autonomes, 54 projets d’expérimentation sur routes ouvertes ont été autorisés, dont 26 concernant des VP, 15 des navettes et 13 des robots taxis. Alors que le gouvernement souhaite déployer des véhicules hautement automatisés dès 2020-2022, ces essais vont devoir s’accélérer et passer à grande échelle, et ce dès fin 2019.

Constructeurs et équipementiers français se sont engagés à « lancer des projets de recherche collaborative » et à contribuer à la définition de normes ainsi que de « moyens et méthodes d’essai et de validation ». Ces projets seront soutenus par l’État à hauteur de 40 millions d’euros, via un appel à projets lancé en juin prochain. Tous les projets subventionnés devront « partager une méthodologie d’expérimentation et d’évaluation commune » et mettre en commun leurs données non compétitives.

Une compétitivité renforcée à l’international

Pour anticiper la mutation des besoins en compétences et emplois, les acteurs de la filière automobile et l’État se sont également engagés à élaborer 20 nouveaux parcours de formation d’ici 2021, financés en partie par le programme investissements d’avenir (PIA), et à « accroître d’au moins 50 % d’ici fin 2022 le nombre d’apprentis ou de formations en alternance pour les salariés en reconversion. »

Enfin, ce contrat a pour objectif de renforcer la compétitivité de la filière automobile. Il prévoit le lancement d’un accélérateur par Bpifrance pour aider entre 150 et 180 PME à acquérir une présence à l’international d’ici 2022. Pour les entreprises déjà rentables ayant des projets de développement, le fonds d’avenir automobile (FAA) sera prolongé de 4 ans et doté de 135 millions d’euros apportés par l’État et deux constructeurs automobiles.

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