Contrôler la pression des pneumatiques pour réduire les coûts de gestion de flotte

Chaque responsable de parc exerce ses fonctions avec une ligne directrice en tête : optimiser le coût de sa flotte. Or, en matière de pneumatiques, réaliser des économies passe par des recettes incontournables et faciles à appliquer.

- Magazine N°159
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Pneumatiques : Le contrôle de la bonne pression

Le pneumatique apparaît comme le mal-aimé des équipements automobiles. Or sa conception et sa fabrication répondent à des savoir-faire approfondis. Le pneumatique est un équipement de haute technologie et représente la seule surface de contact entre le véhicule et la route. Ce point de contact équivaut à la surface d’une main. Pour être plus précis, chaque conducteur roule sur l’équivalent de la surface de quatre mains. D’où le rôle majeur des pneumatiques sur la sécurité et les consommations.

En termes d’usure, la conduite est un critère prépondérant. Accélérations brusques, coups de frein intempestifs, chocs contre les trottoirs et courbes négociées trop vite diminuent la durée de vie des enveloppes. Sans compter qu’une telle conduite entraîne une consommation de carburant à la hausse et des risques plus élevés d’accident. La formation à la conduite sûre et économique demeure donc le premier axe sur lequel le gestionnaire de parc peut agir pour réaliser des économies sur ce poste.

D’autres recettes doivent être mises en pratique. Tout d’abord la durée de vie du pneu est subordonnée à un compromis entre la personnalité du conducteur, le véhicule utilisé et la qualité de son entretien. Un conducteur nerveux, qui ne vérifie jamais la pression de ses enveloppes et pilote un coupé sportif, aura une consommation de pneus décuplée par rapport à un conducteur calme qui surveille la pression de ses pneus régulièrement et roule avec un véhicule léger. Une évidence dont chaque gestionnaire de parc doit s’imprégner. Autre conseil éprouvé : équiper le véhicule de pneus adaptés à la saison. Les pneus hiver sont plus performants en dessous d’une température de 7° C et permettent une conduite plus sûre et une consommation maîtrisée.

La pression au plus juste

La pression du pneumatique a été définie par les constructeurs et les équipementiers pour que ses performances soient optimales en fonction du véhicule auquel il est destiné. Etre au-dessus ou en dessous de la pression recommandée revient à dégrader le comportement routier et à accroître les consommations de carburant. Une augmentation loin d’être négligeable puisqu’elle peut atteindre jusqu’à 10 à 20 %. Un argument lourd au regard du poids de ce poste dans le TCO des flottes. De l’avis de tous les professionnels, la pression est donc prépondérante.

Chaque enveloppe perd naturellement de l’air. Si elle n’est pas regonflée, outre la surconsommation de carburant, sa durée de vie baisse. De même, les risques que le pneu éclate ou déjante sont plus importants. Les équipementiers préconisent de vérifier la pression chaque mois et avant tout long trajet.

Quelques chiffres pour mieux comprendre les enjeux de ce phénomène mécanique. Selon la Sécurité Routière, 89 % des conducteurs contrôlent la pression de leurs pneumatiques moins d’une fois par an. Les deux tiers le font seulement avant de partir pour un long voyage, notamment avant les vacances. Le sous-gonflage entraîne une usure prématurée du pneu : avec une perte de 0,5 bar, le rendement kilométrique recule de 30 %. Selon une étude réalisée par Michelin, si les pneus du parc français étaient gonflés à la juste pression, les économies seraient de 500 millions de litres de carburant par an, soit 2 % de la consommation totale. Pour en finir avec la pression, un gonflage à l’azote limite les déperditions.

Un triptyque gagnant

Toujours au chapitre des consommations, les équipementiers se lancent les uns après les autres dans la commercialisation de pneumatiques à basse résistance au roulement. Concentrés de technologie, ces pneumatiques verts tempèrent les consommations et les rejets polluants. Reste que, là encore, il faut gonfler ces pneumatiques à la bonne pression sous peine de voir les consommations de carburant augmenter et la durée de vie de ces enveloppes diminuer. Le défi à relever par les équipementiers consiste à réduire la résistance au roulement, tout en préservant les qualités de freinage et de tenue de route. Deux chiffres aident à appréhender avec davantage d’acuité les termes de l’équation : une baisse de 20 % de la résistance au roulement amène une économie de 40 litres de carburant sur une année. Et les progrès réalisés sur la gomme contribuent à maintenir l’équilibre entre performance et consommation. Autre avantage des pneus « verts », leur durée de vie est supérieure de 15 000 kilomètres à celle des enveloppes classiques.

Enfin, un examen visuel régulier du pneu et de la jante permet de renforcer la durée de vie du pneu et de limiter les risques d’accident. La jante ne doit être ni voilée, ni bosselée. L’état d’usure du flanc et de la bande de roulement peut révéler des défauts de géométrie ou un amortisseur défaillant. Autre point important : l’obus de la valve n’assure pas à lui seul l’étanchéité du pneumatique. Le bouchon a également un rôle fondamental à jouer sur le maintien de la pression. De plus, les manufacturiers conseillent de remplacer les valves à chaque changement de pneus et de choisir des jantes en alu avec des valves vissées.

Observer ces quelques règles rallonge la vie des pneumatiques mais réduit aussi les consommations de carburant, tout en assurant davantage de sécurité au conducteur. Un triptyque gagnant pour les collaborateurs comme pour les responsables de parc et l’entreprise dans son ensemble.