COP26 : peu d’engagements pour la fin du thermique

À la COP26 de Glasgow, certains États et entreprises ont signé une déclaration pour atteindre 100 % ventes de VL zéro émission à échéance 2030-2035. Si la France n’en fait pas partie, elle a néanmoins signé d’autres accords dans le pacte de Glasgow pour le climat.
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COP26
Le Scottish Event Campus (SEC) Armadillo de Glasgow, en Écosse © COP26

La 26e Conférence des Parties, ou COP26, a rassemblé près de 200 dirigeants mondiaux, des milliers de représentants de gouvernements, de villes, de régions et d’acteurs non étatiques (entreprises, investisseurs, ONG, etc.) à Glasgow, en Écosse. Après deux semaines de négociations, du 31 octobre au 13 novembre 2021, c’est l’heure du bilan.

Le sixième rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) datant d’août 2021 l’a constaté : « à moins qu’il n’y ait des réductions immédiates, rapides et à grande échelle des émissions de gaz à effet de serre (GES), les chances de limiter, au cours des prochaines décennies, le niveau de réchauffement global de la planète à près de 1,5 °C ou même 2 °C par rapport à l’ère préindustrielle – objectif à long terme de l’Accord de Paris de la COP21 – seront hors de portée. » Ainsi, comme pour les autres COP, de nombreux engagements des décideurs étaient attendus à Glasgow.

Si les négociations de la COP26 « ont abouti à l’adoption du “ Pacte de Glasgow pour le climat “ afin de finaliser les règles d’application de l’Accord de Paris, elles ne répondent pas en totalité aux ambitions fixées », indique le gouvernement français dans un communiqué.

 

100 % de ventes de véhicules zéro émission pour 2030-2035

Dans le cadre de la COP26, plus d’une trentaine de gouvernements ont effectivement signé une déclaration juridiquement non contraignante. Ils s’engagent « à ce que toutes les ventes de voitures et de fourgonnettes neuves à l’achat ou à la location soient à zéro émission – ne produisant aucune émission de gaz à effet de serre à l’échappement –, en 2035 au plus tard sur les principaux marchés, puis dans le monde d’ici 2040 », d’après le site gouvernemental du Royaume-Uni.

Si des pays tels que le Royaume-Uni, l’Inde, la Turquie ou le Mexique sont entrés dans l’accord, d’autres grands marchés automobiles (Chine, États-Unis, Allemagne, France, etc.) n’y ont pas adhéré. « Nous sommes d’accord sur le principe de la fin de la vente des véhicules non électrifiés pour 2035 », a justifié Barbara Pompili, ministre de la transition écologique française, soulignant qu’un débat était en cours au sein de l’UE sur le fait d’inclure ou non les hybrides dans cette catégorie. En effet, le paquet « Fit for 55 », adopté le 14 juillet 2021 par la Commission européenne dans le cadre du pacte pour l’Europe, vise à mettre fin au moteur thermique en 2035.

Des constructeurs automobiles et des gestionnaires (propriétaires et exploitants) de flottes ou de plateformes de mobilité partagée font aussi partie des signataires de cette déclaration.

Dans le détail, seulement six constructeurs automobiles 1 – General Motors (GM), Ford, Mercedes-Benz, Volvo, Jaguar Land Rover (JLR) et BYD – se sont engagés à atteindre 100 % de ventes de véhicules légers zéro émission sur les principaux marchés d’ici 2035. À l’image de l’Hexagone, les groupes français Stellantis et Renault n’ont donc pas signé cette déclaration.

Les gestionnaires de flotte ou de plateformes de mobilité partagée 2 signataires se sont, quant à eux, engagés à atteindre 100 % de véhicules zéro émission au sein de leurs flottes d’ici 2030. Parmi ces entreprises, on retrouve des membres de l’initiative EV100, comme les groupes ABB, AstraZeneca, Capgemini ou encore Siemens. Pour rappel, cette initiative réunit une centaine d’entreprises qui s’engagent à accélérer la transition vers les véhicules électriques et à normaliser le transport électrique d’ici 2030.

Enfin, concernant les infrastructures de recharge pour les véhicules électriques, la France a signé le 10 novembre dans le cadre de la COP26, avec d’autres États, villes, régions et entreprises, un « Call to action », soit un appel pour inciter les acteurs à déployer des IRVE dans le monde. D’autres discussions sont d’ailleurs en cours en vue de la COP27 qui se déroulera en 2022 en Égypte.

 

Les engagements de la France dans le Pacte de Glasgow

D’un point de vue plus global, dans le Pacte de Glasgow pour le climat, les décideurs ont notamment adopté à la COP26 plusieurs articles de l’Accord de Paris :

 

  • Prévoir des mécanismes autorisant les Parties à échanger des réductions d’émissions afin d’atteindre leur contribution déterminée au niveau national (CDN), sans double-comptage (art.6),
  • Les Parties devront désormais rapporter leurs émissions de GES de manière détaillée et de façon comparable (art.13),
  • Ou encore, les Parties devront rehausser leur ambition d’atténuation des émissions de GES dès 2022 (art.4).

Aux côtés d’autres États, la France a rejoint l’accord mettant fin aux financements publics à l’étranger de projets d’exploitation d’énergies fossiles non adossés à des dispositifs de captage ou de stockage de carbone, d’ici fin 2022. L’Hexagone a également intégré la coalition internationale Beyond Oil and Gas (BOGA) pour accélérer l’abandon progressif de la production de combustibles fossiles.

Avec l’Afrique du Sud, le Royaume-Uni, l’Allemagne et les États-Unis, la France a aussi promis un soutien financier de 8,5 milliards de dollars – soit 7,4 milliards d’euros – dans les cinq prochaines années pour la transition énergétique (décarboner la production d’électricité et investissements dans la mobilité électrique et hydrogène) de l’Afrique du Sud.

Enfin, la France s’est aussi engagée avec 41 autres pays à soutenir les « Glasgow Breakthroughs » ou avancées de Glasgow. Celles-ci visent « à rendre l’innovation et les technologies propres abordables pour les pays en développement d’ici 2030 », notamment dans les secteurs de l’électricité, l’hydrogène et les véhicules.

Liste des constructeurs de véhicules : Avera Electric Vehicles, BYD Auto, Etrio Automobiles Private Limited, Ford Motor Company, Gayam Motor Works, General Motors, Jaguar Land Rover, Mercedes-Benz, MOBI, Quantum Motors et Volvo Cars.

Liste des propriétaires et/ou exploitants de flottes ou de plateformes de mobilité partagée :ABB, Astra Zeneca, BT Group, Capgemini, Centrica, Danfoss, E.On, EDP, GlaxoSmithKline, Highland Electric Fleets HP Inc., Iberdrola, Ingka Group/IKEA, LeasePlan Corporation, National Grid, Novo Nordisk, Openreach, Sainsbury’s, Siemens, SK Networks, Sky UK Limited, SSE, Tesco, Uber Technologies Inc., Ukraine Automotive Federation, Unilever, Vattenfall, Zenith et Zurich.