Filière automobile : le Coram va soutenir 27 projets de R&D

Tout juste créé, le Coram (comité d’orientation pour la recherche automobile et mobilité) a retenu 27 premiers projets portés par des industriels de la filière automobile qui bénéficieront de subventions de l’État dans le cadre d’un programme d’investissements sur la période 2021-2025.

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Coram

Dans le cadre du plan de soutien à l’automobile, le gouvernement a créé le Coram (comité d’orientation pour la recherche automobile et mobilité) dont la première réunion a eu lieu le 2 juillet. Celui-ci supervisera un programme stratégique d’investissements d’avenir (PIA), destiné à accélérer la R&D et l’innovation dans la filière automobile dans huit domaines jugés clés sur la période 2021-2025.

« L’enjeu global est de faire de l’industrie automobile le fer de lance de la reconquête industrielle française, a argué le ministre des finances Bruno Le Maire lors d’un point presse. L’industrie automobile sera confrontée dans les dix prochaines années à des transformations plus importantes qu’au cours des cinquante dernières. C’est aussi une industrie qui comporte de très nombreux sous-traitants, ce qui nous oblige à créer une solidarité de filière. Enfin, c’est une industrie où nous estimons que des relocalisations sont possibles, c’est-à-dire la création de nouvelles chaînes de valeur autour de technologies et de compétences que la France maîtrise. »

Une feuille de route et 27 projets

Le Coram a ainsi validé une feuille de route stratégique pour la filière autour de « cinq axes structurants », à savoir : le véhicule électrique et sa chaîne de valeur ; le véhicules, les équipements et les stations hydrogène ; les matériaux innovants et leur assemblage en favorisant l’économie circulaire et en développant les analyses de cycle de vie ; les véhicules à base de carburants décarbonés pour les usages de la mobilité des biens et des personnes, non couverts par la mobilité purement électrique ; et enfin la mobilité automatisée et connectée.

Le programme a d’ores et déjà été abondé à hauteur de 150 millions d’euros pour 2020 et 27 premiers projets portés par des industriels de la filière ont été sélectionnés. « Les projets les plus avancés démarreront d’ici début septembre, après une phase d’instruction approfondie des projets sélectionnés par l’ADEME et Bpifrance », annonce le ministère de la Transition écologique et solidaire. Ces projets seront financés en « contrepartie d’engagements et d’investissements des industriels », précise le ministère, notamment sur la localisation des technologies développées en France.

Des moteurs électriques plus efficients

Dans le domaine du moteur électrique, la joint-venture entre le Groupe PSA et Nidec prévoit ainsi d’étendre sa gamme de moteurs à aimants pour couvrir toutes les applications électriques et hybrides, mais aussi de développer une gamme sans aimants pour « s’affranchir des risques d’approvisionnement en terres rares ». Un second projet porté par le Groupe PSA sera consacré à la création d’une « chaîne de traction électrique efficiente » en vue d’améliorer l’autonomie des VE, qui doit être lancée sur plusieurs plates-formes de véhicules multi-énergies dès 2023.

Renault compte aussi concevoir une « gamme innovante de moteurs électriques » en s’appuyant sur le moteur à rotor bobiné mais aussi la machine à flux axial et la machine électrique de 48 V polyphasée de forte puissance. En parallèle, Renault Trucks va élaborer un « pont électrique » pour les camions. De son côté, Valeo remet en avant son projet de « système complet de traction électrique en 48 V » L’équipementier EFI Automotive est aussi de la partie avec le projet Greenshift centré sur des actionneurs compacts, intelligents et connectés pour les transmissions électrifiées.

Des batteries plus propres

Autre domaine prioritaire : les batteries. Plastic Omnium va développer des batteries de 12 V et 48 V pour les véhicules « mild hybrid » sans plomb et sans importation de lithium ou de cobalt. La société Arkema compte quant à elle mettre au point des batteries lithium-ion plus efficientes grâce à de nouveaux sels d’électrolytes, dans le cadre du projet bien nommé « Lion ». Le Groupe Solvay s’intéresse lui aussi aux batteries du futur avec son projet « Energain ». Enfin, la PME Carbone Savoie, spécialisée dans la production de graphite synthétique, ambitionne de développer un produit moins cher et plus propre à destination des batteries de VE.

Développer la filière hydrogène

Du côté de l’hydrogène, Renault Trucs veut utiliser l’hydrogène comme carburant dans des moteurs à allumage commandé pour les poids lourds. L’équipementier Faurecia va travailler sur la réduction du coût de production des réservoirs à hydrogène. Le projet FresH2 de Bosch vise quant à lui à mettre au point un système autonome de pile à combustible pour les groupes froids des semi-remorques. Dans la vallée de l’Arve, le groupe Pracartis et ses partenaires veulent de leur côté concevoir une nouvelle génération de compresseurs d’air pour la filière hydrogène.

L’électronique de puissance améliorée

Dans le domaine de l’électronique de puissance, Renault ambitionne de produire des composants à la fois plus compacts et plus efficients pour les véhicules électrifiés d’ici 2024. Valeo propose une solution de gestion thermique et énergétique du véhicule avec plusieurs partenaires dont Renault et PSA. Quatre autres projets portés soit par l’équipementier Vitesco Technologies, la société ST Microelectronics eou l’entreprise Soitec s’intéressent quant à eux aux semiconducteurs à large bande (SiC et GaN) pour plusieurs applications.

Des véhicules toujours plus connectés

Concernant la connectivité des véhicules, Renault et le Groupe PSA ont choisi de s’allier pour créer une bibliothèque commune de scénarios pour la validation de la conduite autonome, en partenariat avec d’autres entités françaises dont Vedecom et System X. L’objectif est de lancer un ensemble de services numériques dès 2022. Autre projet : avec entre autres Safran, TwinswHeel et l’INRIA, Valeo va concevoir des systèmes de sécurité active pour les véhicules autonomes et les mobilités partagées.

Des matériaux plus légers et éco-conçus

Le gouvernement veut aussi encourager l’allègement et le verdissement des matériaux des véhicules. Plastic Omnium veut ainsi créer des panneaux de carrosserie allégés et écoconçus, « offrant transparence optique et électromagnétique, liberté de design et performances sécuritaires », avec ARaymond et le CETIM. De son côté, Michelin va développer un pneumatique à faible empreinte environnementale, fabriqué avec des écomatériaux, allégé et connecté. L’Etat va aussi financer le projet D-Preg Fomotex de la société Howa Tramico : un concept de produit composite produit sans eau et sans solvant.

Pour finir, on compte aussi parmi les lauréats le projet « Charleville 2025 » du Groupe PSA consacré à de nouveaux procédés de fonderie, et le projet AMV de Schrader centré sur une vanne active de pompe à chaleur pour véhicules électriques.

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