Coronavirus – Christian Gardin, ville de Lyon : « Nous avons encore un tiers de la flotte qui roule »

Durant la crise du coronavirus, la direction logistique de la ville de Lyon assure la maintenance des véhicules qui continuent de rouler, soit environ un tiers de la flotte qui prend en charge les missions essentielles.

- Magazine N° avril 2020
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Ville de Lyon
Pour que ses 778 véhicules puissent circuler malgré des réglementations toujours plus drastiques, la ville de Lyon dispose d’une cinquantaine de modèles électriques et mise sur le GNV pour ses VUL.

Christian Gardin est directeur logistique, garage et festivités de la ville de Lyon.

Quels ont été les effets de l’épidémie et des mesures de confinement sur l’activité de la flotte ?

Christian GardinNous avons des services prioritaires en ville : la police municipale, les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), les services d’astreinte notamment de gros œuvre comme la plomberie, etc. Les équipes d’éclairage urbain par exemple tournent un jour sur deux pour faire des correctifs. Nous avons donc encore un tiers ou un quart de la flotte qui roule selon les périodes. Nous maintenons en priorité les pools accessibles à tous. L’activité est réduite à environ 10 % de sa capacité. La majeure partie des véhicules arrêtés est stationnée dans les différents services. Nous avons également environ 200 véhicules remisés à domicile.

Comment votre travail a-t-il évolué ?

Il a complètement changé. La direction logistique se consacre à l’appui des services. Nous faisons du transport de produits pour le centre social et les Ehpad, afin de leur apporter notamment des masques et du gel hydroalcoolique. Une petite équipe est mobilisée à disposition totale des demandes de la direction générale et des services prioritaires.

Comment avez-vous adapté la gestion de la flotte ?

Lorsqu’on a une bonne organisation, on ne se désorganise pas en période de crise. Les utilisateurs de véhicules ne voient pas la différence. Le service devrait même être meilleur que d’habitude car ils font l’effort d’assurer des missions essentielles. Dès l’annonce du président de la République, nous avons fait le point avec les agents pour leur expliquer la situation et voir qui viendrait travailler, en essayant de laisser le plus possible les gens chez eux. Nous faisons ainsi travailler en priorité ceux qui habitent à proximité, sur la base du volontariat. La bonne nouvelle, c’est que nous avons eu de nombreux volontaires.

Quelle est la situation dans les garages ?

Actuellement, le responsable de garage est en télétravail mais une petite équipe de mécaniciens ainsi que le chef de garage sont présents pour faire des correctifs et des transferts en cas de réparation extérieure. Sur les quinze premiers jours, c’est la même équipe qui a assuré la permanence mais nous réfléchissons à faire tourner les agents avec ceux qui sont confinés chez eux.

Notre garage en régie a regardé tout de suite les maintenances préventives : nous avions réalisé celles prévues en mars. Nous ne nous occupons donc que des véhicules des services essentiels. Pour les autres, les maintenances prévues en avril seront décalées avec une régulation sur mai, juin et juillet. L’équipe d’astreinte en profite aussi pour terminer les véhicules en cours de réparation, et à temps perdu pour nettoyer et ranger l’atelier.

Où en êtes-vous du renouvellement de la flotte ?

Nous allons reporter les échéances des appels d’offres en cours lorsque cela est possible sur la période du 30 mars au 15 avril. Nous sommes dans une importante séquence d’achats pour renouveler des véhicules en vue de s’adapter à la zone à faibles émissions qui sera pleinement opérationnelle en fin d’année. Les achats seront donc décalés d’un ou deux mois, sachant que tout dépend de la relance de la production par les constructeurs. Il y aura facilement huit à dix semaines de retard. Se pose également la question des véhicules programmés pour le contrôle technique la première semaine d’avril, mais nous avons un report de trois mois accordé par le gouvernement.

En parallèle, nous continuons notre phase de prospection sur les nouvelles motorisations pour nos achats prévus fin 2020 et en 2021. Nous avons mis en stand-by tout un catalogue de véhicules de type Jumpy que nous trouvions seulement en diesel.

Comment anticipez-vous la fin de l’épidémie et du confinement ?

Nous n’avons plus autant de livraisons, mais cela ne deviendra contraignant qu’au moment de la reprise. Nous nous attendons en effet à un pic d’activité des usages au redémarrage des véhicules. L’ensemble de notre personnel n’est pour l’instant pas touché et notre équipe devrait être au complet dans de bonnes conditions au moment de la reprise.

Comme nous avons un peu de temps pour réfléchir, nous nous interrogeons sur nos pratiques et la manière de les faire évoluer, sachant toutefois que nous sommes en période d’élections municipales et métropolitaines, ce qui laisse encore des zones d’incertitude. Enfin, nous travaillons sur les dossiers de maintenance pour les mettre à jour. Techniquement, nous serons prêts à la reprise.

Le parc de la ville de Lyon en chiffres

 778 véhicules : 348 VP, 323 VU dont 140 fourgons de type Master ou Boxer, 40 poids lourds, 67 motos. 51 vélos à assistance électrique et 134 vélos en pool

Pendant la durée du confinement lié au coronavirus, la rédaction de Flottes Automobiles est à votre disposition pour recueillir et partager vos témoignages et vos expériences. Vous avez des questions, des interrogations ? N’hésitez pas à nous contacter à l’adresse suivante : redaction@flotauto.com, même pour de simples échanges informels.

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