Coronavirus – Hervé Foucard, ville de Paris : « Tous nos garages sont ouverts mais avec une activité réduite »

Le service des transports automobiles municipaux de Paris, créé pour faire face aux situations de crise, a mis en œuvre le plan d’organisation prévu dès le début de la crise du coronavirus. Tous ses garages restent ainsi ouverts en support des activités essentielles, avec des équipes d’astreinte.

- Magazine N° avril 2020
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Mairie de Paris

Quels ont été les effets de l’épidémie et des mesures de confinement sur l’activité de la flotte ?

Hervé Foucard, ingénieur et chef du STAM (Service technique des transports
Hervé Foucard est chef des transports automobiles municipaux de la Ville de Paris.

Notre activité de transport et de logistique est fortement sollicitée en ce moment en support des activités essentielles. Nous faisons ainsi beaucoup de transport de gel hydroalcoolique et de masques. Lors du premier tour des élections, nous avions ainsi équipé 897 bureaux de vote.

En parallèle, sur la flotte de 2 680 véhicules, plusieurs services continuent à tourner, notamment les services d’exploitation : ramassage des ordures, traitement des eaux propres et des eaux usées, services funéraires, entretien des écoles ouvertes, équipes de sécurité de la ville qui contrôlent les zones interdites de circulation par arrêté préfectoral, etc. Enfin, nous assurons l’activité de conduite de personnalités à raison de deux présences par jour des conducteurs, même si celle-ci est fortement réduite. Les véhicules qui ne sont pas utilisés sont remisés au chaud chez nos clients de la ville. Certains ont été réaffectés aux services d’urgence pour les dépanner.

Comment avez-vous adapté la gestion de la flotte ?

Nous avons gardé tous nos garages ouverts mais avec une activité réduite, un peu plus élevée qu’habituellement en week-end. Nous sommes en situation d’astreinte permanente. Nous ne faisons pas de réparations de fond, nous faisons seulement en sorte que les véhicules puissent continuer à rouler.

Tous ceux qui peuvent télétravailler le font et travaillent sur les dossiers de fond. Ils en profitent pour faire le ménage dans nos procédures. Pour gérer les aspects logistiques, mécaniques et techniques, nous faisons tourner les équipes : les six mécaniciens travaillent à tour de rôle en binômes sur trois jours. Ces agents sur site se consacrent exclusivement au service de ceux qui travaillent. Cela suffit car la bobologie des voitures a fortement diminué avec le confinement. Nous avons la même organisation pour les activités de transport. Nous avons aussi besoin de personnel pour programmer le travail et le mettre en œuvre sur la chaîne d’exploitation.

Comment fonctionnez-vous avec les conducteurs ?

Pour tous ces agents sur le terrain, nous avons rappelé tous les gestes barrières et distribué du matériel de protection : masques chirurgicaux, gel hydroalcoolique et solution hydroalcoolique pour désinfecter les équipements communs. Celui qui reprend l’équipement désinfecte tout, du volant aux poignées de porte en passant par le levier de vitesses.

Comme nous subissons régulièrement des crises – canicule, grand froid, crue, attentats, etc. –, nous avons déjà un plan d’organisation prévu. Notre service a d’ailleurs été créé pour cela. Comme la crise du coronavirus touche tous nos domaines d’activité, nous avons décidé de mettre ce plan en œuvre en position « crise grave » dès que nous avons été informés du confinement. Les agents se sont immédiatement organisés pour mettre en place les roulements que nous pratiquons déjà les week-ends.

Où en est le suivi technique des véhicules ?

Les livraisons de véhicules sont arrêtées. La plupart des centres de contrôle technique sont fermés. Nous avons pour l’instant un mois d’avance mais si le confinement se poursuit, certains véhicules auront des contrôles techniques périmés. Nous avons décidé de continuer tout de même à les faire rouler : nos garages s’assurent qu’il n’y a pas de souci de sécurité et ils passeront ensuite en priorité. Nous ne pouvons toutefois pas anticiper la programmation des contrôles techniques, par exemple en mai, car il y aura peut-être des véhicules plus prioritaires que nous. Il faudra aussi compter avec les révisions des véhicules avant les départs en vacances.

Nous essayons donc quand même de nous faire livrer quelques pièces détachées via certains fournisseurs sans marque qui restent ouverts. Nous devons être prêts. Je pense en effet qu’il y aura beaucoup d’encombrement des services logistiques à la fin de la crise, tous les événements et réunions étant annulés et reportés. Cela va solliciter tous les véhicules de la flotte. Il faudra donc prioriser les actions : tout ne pourra pas être traité tout de suite. Nous échangerons certainement en avril entre collègues pour examiner la sortie de crise et refaire des programmations.

Comment anticipez-vous la fin du confinement ?

Si le confinement dure un mois, il faudra vraisemblablement sortir booster les véhicules restés à l’arrêt pour les redémarrer. Avec les véhicules électriques, si la batterie est complètement déchargée, il faudra de même utiliser la valise pour redémarrer. Nos équipes de dépannage tourneront donc dès la fin de la crise.

Nous avions déjà anticipé les renouvellements de véhicules pour l’année 2020 : nous les avions lancés en novembre 2019 et attendions les réponses des services en février au plus tard. Nous avions ainsi déjà lancé des commandes. Je ne pense pas que les délais seront pires qu’avant, sachant que les véhicules mettent en général quatre ou cinq mois à arriver au lieu des deux mois annoncés. Ce n’est pas dramatique pour nous car la flotte est en achat : si besoin, nous garderons nos véhicules actuels trois mois de plus.

La flotte de la ville de Paris en chiffres

  • 2 680 véhicules

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