Coronavirus : KPMG imagine l’après-crise pour l’automobile

Dans une récente publication, le cabinet de conseil KPMG dresse un premier bilan de l’impact de la crise du coronavirus sur l’industrie automobile et imagine les scénarios d’une reprise du marché.

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Coronavirus KPMG

Comment relancer l’industrie automobile européenne après la crise du covid-19 ? Alors qu’Emmanuel Macron vient de prolonger le confinement strict jusqu’au 11 mai et que le marché automobile est à l’arrêt (- 72 % de ventes en mars en France et la plupart des usines européennes fermées, voir la brève), KPMG dresse les perspectives d’une reprise du secteur automobile. Outre les mesures financières prises par les gouvernements (garantie financière exceptionnelle pour certains emprunts, recapitalisation des entreprises en difficulté, prise en charge du chômage partiel des salariés, annulation ou report de charges), une stimulation du marché sera nécessaire pour faire repartir les ventes aux particuliers et aux entreprises, estiment les auteurs de l’étude.

Prime à la conversion

Cela pourrait passer par une prime de conversion exceptionnelle dont les modalités seraient élargies par rapport aux anciennes incitations du même type. Sur le marché BtoB, qui représente la moitié des ventes en France, les consultants de KPMG rappellent que « la fiscalité est nettement dissuasive et surtout très complexe ». Ils suggèrent « une prime à la conversion spécifique et une augmentation du plafond d’amortissement pour accélérer le renouvellement des flottes de véhicules d’entreprise. Ce qui aurait des impacts complémentaires à ceux produits sur les particuliers. Les ventes repartiraient, les concessionnaires déstockeraient rapidement, les usines trouveraient des débouchés et l’État percevraient des recettes fiscales importantes (TVA, carte grise). »

Une bouffée d’oxygène

Selon KPMG, les constructeurs ont également besoin « d’un aménagement de la trajectoire écologique ». En clair, d’une relâche de la pression réglementaire. « Il serait sans doute souhaitable, dans le contexte post-crise covid, d’offrir aux constructeurs et aux équipementiers une bouffée d’oxygène. En effet, la règlementation CAFE fait peser une incertitude lourde sur les futurs résultats du secteur. Il serait dommage que les pouvoirs publics dédient des moyens financiers significatifs pour soutenir la demande si, dans le même temps, les constructeurs sont, sous la menace de la pénalité, tentés de freiner les livraisons des véhicules non électriques pour optimiser leur performance CO2. »

Opportunités

Les spécialistes du secteur automobiles de KPMG appellent cependant les constructeurs « à capitaliser sur les enseignements de cette crise pour lancer des transformations structurelles. » Et de rappeler que « les attentes des consommateurs peuvent désormais basculer rapidement et dans des proportions mettant à mal un secteur dont les cycles de développement sont longs et les schémas industriels et logistiques d’une grande complexité. Les évolutions actuelles autour de nouveaux besoins de mobilité laissent penser que le secteur doit évoluer pendant la prochaine décennie plus qu’il n’avait évolué en un siècle. » La crise liée au covid-19 pourrait constituer un accélérateur de ce changement.

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