Coronavirus – Laurent Decallonne, Feu Vert Entreprises : « Nous nous sommes organisés pour adapter notre outil de production »

Face au confinement, Feu Vert Entreprises s’est adapté pour proposer un service atelier d’urgence et travaille à la réouverture progressive de ses centres en fonction de l’évolution de la situation sanitaire.

963
centre Feu Vert 2020

Laurent Decallonne est directeur commercial de Feu Vert Entreprises.

Quels ont été les effets du confinement sur votre activité ?

Nous avons fermé l’intégralité des centres le 17 mars à midi suite à la demande de confinement du gouvernement. Nous avons découvert ensuite que l’activité d’après-vente automobile restait autorisée. Mais sommes restés fermés dans un premier temps car nous ne pouvions garantir la sécurité de nos collaborateurs et de nos clients en termes de respect des mesures barrières. En effet, si les gants font partie de notre environnement habituel, les masques et le gel hydroalcoolique sont des denrées rares. L’activité a rapidement chuté de 75 à 100 % dans nos ateliers. Nous avons aussi dû stopper totalement notre activité de vente en libre-service. Nos collaborateurs sont quasiment tous en chômage partiel.

Et sur votre flotte ?

En interne, sur notre flotte de 120 véhicules, à peine une dizaine continue de rouler. Dans 80 à 85 % des cas, nos clients ont aussi été obligés de se confiner voire d’arrêter leur activité. Nous avons constaté qu’environ 15 à 20 % de clients devaient continuer à rouler. Ce sont des transporteurs mais aussi des professionnels de la santé et des réseaux de soins à domicile.

Comment vous êtes-vous adaptés ?

Nous avons tout d’abord envoyé un e-mail à l’ensemble de nos clients pour les prévenir de la fermeture des centres. Sur le marché BtoB, nous avons maintenu la relation avec les clients par un service minimum en tête de réseau. Après huit jours de confinement, nous avons mis en place un service atelier d’urgence pour être solidaires du personnel soignant et de tous ceux pour qui il est nécessaire de se déplacer. Nous collectons les besoins via nos sites web pour l’entretien courant et les premières nécessités telles qu’une crevaison, un pneu très usé ou endommagé. Nous dirigeons ensuite les clients vers les centres assurant le service d’urgence et qui ouvrent ponctuellement avec deux ou trois salariés (sur la base du volontariat) et en fonction des demandes à traiter.

Comment vous êtes-vous organisés dans ces centres ?

Qui dit situation inédite dit dispositions inédites. Nous nous sommes organisés pour adapter notre outil de production – c’est-à-dire nos 350 centres en France dont la moitié en franchise – à la demande entrante, et ce au gré de l’évolution du confinement au jour le jour. Comme nous avons peu de visibilité au quotidien sur les demandes entrantes tant des particuliers que des flottes, il est difficile de s’organiser pour satisfaire à l’activité du lendemain.

Depuis le 7 avril, nous réouvrons un certain nombre de centres avec des horaires standards pour voir ce que cela donne. Nous dotons nos collaborateurs d’EPI (équipement de protection individuelle) malgré les grosses difficultés de sourcing en Chine, et nous déployons des plexiglas pour protéger les caisses sur nos sites de vente en libre-service. Cependant, le maître mot reste le confinement : si l’aspect commercial nous pousse à rouvrir les centres, cela ne doit pas provoquer des déplacements qui peuvent être évités.

Quelles difficultés avez-vous rencontrées ?

La principale difficulté concerne l’approvisionnement en matériel visant à mettre en place les règles d’usages pour lutter contre la propagation du virus. Nos centres ouverts ont également des difficultés à s’approvisionner en pièce pour au moins 30 % des demandes.

Comment anticipez-vous la fin de l’épidémie et du confinement ?

Nous sommes attentifs à l’évolution de la situation sanitaire et jouons différents scénarios de reprise. En attendant, notre objectif est de maintenir une relation et un suivi minimum avec nos clients.

PARTAGER SUR