Coronavirus : les conducteurs routiers pas toujours bien accueillis

Exhortés à rouler davantage pour livrer les centres de distribution alimentaire et sanitaire en dépit d’un manque d’approvisionnement en masques, les conducteurs routiers restent victimes de la suspicion des responsables d’entrepôt.

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Coronavirus conducteurs routiers

Les conditions de travail des conducteurs routiers s’aggravent avec la pandémie de coronavirus. Soupçonnés d’être des vecteurs de transmission de la maladie, ils subissent depuis mars des conditions d’accueil dégradées. Et ce sont les entrepôts logistiques alimentaires ou sanitaires qui les reçoivent le moins bien : « On leur reproche de ne pas porter de masques, mais la faute en revient au manque d’approvisionnement général qui fait qu’ils ne peuvent s’en procurer, explique Pauline Martin, déléguée régionale Île-de-France et Centre-Val de Loire pour la FNTR. Les conditions d’accueil sont variables d’un endroit à l’autre, mais les conducteurs ont le sentiment d’être traités comme des pestiférés. »

Dans le même temps, ces conducteurs sont sollicités pour travailler davantage afin de compenser la tension que connaît la chaîne logistique alimentaire à cause des stocks de marchandises que constituent les habitants. Depuis fin mars, ils roulent dix à onze heures par jour, avec des temps de repos réduits et sans possibilité de se restaurer correctement puisque les Relais Routiers et les restaurants sont fermés. Sur les aires d’autoroute, les sanitaires et les distributeurs de boissons leur sont encore trop souvent interdits et les conducteurs se sentent de plus en plus livrés à eux-mêmes. Résultat : les conducteurs volontaires pour travailler pour une autre entreprise plutôt que d’être en chômage partiel ne se bousculent pas.

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