Covid-19 – Bruno Lucien, LS Services : « Nous ne pourrons pas reprendre du jour au lendemain »

Spécialiste du relevé des compteurs pour Enedis et GRDF, LS Services a suspendu toutes ses activités suite au confinement. À la reprise, l’entreprise prévoit une phase de transition pendant laquelle elle effectuera les contrôles techniques, les entretiens et une désinfection des véhicules.

2388
Bruno Lucien, LS Services

Bruno Lucien est responsable du parc automobile de LS Services.

Quels ont été les effets du confinement sur l’activité de la flotte ?

Nous faisons de la pose de compteurs et du porte-à-porte pour les relevés de compteurs. Suite aux décisions de nos donneurs d’ordres, nous avons suspendu toutes nos activités dès le dimanche soir après l’annonce du président de la République concernant la fermeture des écoles. Nous avons eu le lundi pour nous organiser avant de tous passer au chômage partiel. Nous avons fait rentrer quelques véhicules et demandé aux salariés de ne plus utiliser les véhicules de service. Grâce à la télématique embarquée, nous avons vu que quelques véhicules ont tout de même été utilisés le week-end suivant pour se rendre à la campagne et nous avons procédé à un petit rappel à l’ordre.

Comment avez-vous adapté la gestion de la flotte ?

90 % des véhicules sont stockés chez les collaborateurs. Seuls quelques-uns en ville ont dû être rapatriés au dépôt au début du confinement pour des problèmes de stationnement. Nous demandons donc aux collaborateurs de les faire tourner une fois par semaine.

Pour nos véhicules en crédit-bail, nous avons eu un report automatique de tous nos financements. Pour nos véhicules en LLD, nous avons contacté nos loueurs mais n’avons pas eu de nouvelles pour l’instant. Notre assureur devrait diminuer nos cotisations durant les semaines de confinement. Enfin, un certain nombre de nos fournisseurs ont fait un geste en termes de frais de gestion. Nous avons par exemple eu un mois gratuit de la part de notre télématicien. Des fournisseurs en profitent pour relancer des dossiers en cours mais nous ne nous engageons dans rien.

Quelles difficultés avez-vous rencontrées ?

Nous avions de nouveaux marchés qui démarraient. Nous avons donc une quinzaine de véhicules en attente qui étaient en cours de production pour une livraison début mai. Nous avons appelé nos commerciaux chez nos fournisseurs de voitures mais ils n’ont pas encore de visibilité.

Nous avons aussi quelques problèmes avec des véhicules de remplacement qui nous ont été prêtés avant le confinement suite à des sinistres ou des pannes. Nous bénéficions d’une assistance gratuite sur quinze jours mais comme nous ne pouvions ni récupérer le véhicule réparé, ni rendre le véhicule de prêt à cause du confinement, les loueurs nous ont contactés pour nous facturer les journées supplémentaires. La situation a été complexe à gérer mais nous avons réussi.

Comment anticipez-vous la fin du confinement ?

Comme nous ne pourrons pas reprendre du jour au lendemain, nous profiterons de la période de transition pour mener les contrôles techniques et les entretiens. Avec le responsable QSE, nous travaillons sur la désinfection complète des véhicules à la reprise. Les collaborateurs devront laver leur véhicule et nous mettrons à disposition du matériel de protection (gel, lingettes, etc.). Nous instaurerons aussi sûrement le port du masque, sachant qu’un poseur voit une dizaine de clients par jour et un releveur plus de 200 clients.

La flotte en chiffres :

  • 750 véhicules dont 680 utilitaires
  • 65 % de véhicules achetés en propre en crédit-bail

PARTAGER SUR