Covid-19 – David D’Amario, ville du Plessis-Robinson : « Une procédure de prise en charge et de restitution des véhicules »

Face à l’épidémie de coronavirus, la ville du Plessis-Robinson (92) s’est organisée pour protéger au mieux ses conducteurs qui continuent de rouler, tout en préparant la remise en service des véhicules arrêtés.

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Ville du Plessis-Robinson

David D’Amario est responsable transport et garage de la ville du Plessis-Robinson.

Quels ont été les effets des mesures de confinement sur l’activité de la flotte ?

Les véhicules de la propreté et la voirie continuent de tourner. Quant au reste de la flotte actuellement, 50 % du parc est à l’arrêt et 22 % en utilisation partielle. Certains services sont en effet arrêtés comme les espaces verts ou les sports. Le service bâtiments n’intervient qu’en cas d’urgence. Les services administratifs travaillent en alternance, un jour sur deux ou sur trois. Enfin, une partie des agents est en télétravail. Tous leurs véhicules sont stockés sur le site des services techniques. Mon équipe est à également à l’arrêt et seuls deux agents et moi-même sommes susceptibles d’intervenir pour répondre aux urgences.

Quelles mesures avez-vous prise pour protéger les agents sur le terrain ?

Pour la propreté et la voirie, la direction a décidé de mettre en place deux équipes par jour. Les agents sont deux dans un véhicule trois places et doivent obligatoirement porter un masque. Avec mon collègue de la voirie, nous avons mis en place une procédure de prise en charge et de restitution des véhicules ; elle a été présentée aux agents durant une demi-heure pendant deux ou trois jours.

Tous les matins, les agents doivent procéder au nettoyage du véhicule. Ils travaillent avec des gants mais sans jamais entrer avec dans la cabine, ils les jettent auparavant dans la benne. Je leur ai montré comment enlever les gants sans les toucher. Quand ils entrent dans la cabine, ils nettoient le volant, le levier de vitesses, le frein à main et les poignées grâce à un seau de liquide désinfectant et des lingettes mis à leur disposition dans le véhicule. Ils ont des boîtes de gants à l’intérieur pour être toujours protégés. Le soir, ils garent le véhicule dans un sous-sol fermé. Ils le nettoient au désinfectant avant de descendre de la cabine et laissent les carreaux ouverts d’environ 10 cm.

S’il y a suspicion d’infection au covid-19 suite à la déclaration de symptômes, comme c’est arrivé une fois avec un agent ayant eu de la fièvre, le véhicule est suspendu et remplacé par un autre. Il est ensuite désinfecté par une équipe spéciale et confiné pendant 48 heures avant d’être remis en service.

Le transport de personnes âgées est limité à une sortie par semaine pour les emmener au magasin en cas de nécessité et pour les urgences médicales. La tâche est difficile pour les conducteurs car ils ne peuvent pas aider ces personnes à monter et descendre pour éviter les contacts et nettoyer tous les montants après leur passage.

Comment avez-vous adapté la gestion de la flotte ?

J’ai demandé à l’ensemble des services de m’indiquer quels véhicules continuent de circuler et lesquels sont mis à l’arrêt. Je vais envoyer un tableau récapitulatif à l’assurance pour demander un petit dégrèvement. J’ai également une liste de tous les véhicules en réforme qui eux ne tourneront plus. En parallèle, nous préparons la remise en service des véhicules et essayons donc de nous avancer au maximum. J’ai moi-même fait la révision des véhicules présents et quelques concessionnaires sont venus sur place.

Nous avions anticipé tous les contrôles techniques en fin d’année dernière en prévision des nouvelles normes. Je n’ai donc que quatre véhicules dont l’échéance est dépassée depuis peu et six véhicules dont ce sera le cas fin avril. Ce n’est pas dramatique grâce au report accordé par le gouvernement.

Quelles difficultés avez-vous rencontrées ?

Les accessoiristes et fournisseurs de pièces détachées sont fermés, de même que de nombreux garages indépendants. Ceux qui sont ouverts n’emploient qu’un tiers de leur personnel, les délais de commande et de livraison sont donc allongés. La principale difficulté concerne donc la réception des pièces et en particulier des pneus. Notre stock de pneus est actuellement revenu à zéro, sachant qu’il est difficile pour nous d’en stocker car notre parc est multimarques. Or, nous devons pouvoir réparer les véhicules d’urgence comme ceux de la police en cas de panne ou de crevaison. Il faut donc trouver des solutions alternatives et je suis en train de constituer un stock de pneus d’occasion.

Comment vous êtes-vous organisé pour les renouvellements de véhicules ?

J’ai demandé à la direction de valider toutes les commandes d’utilitaires et elles ont toutes été passées en début de confinement, voire un peu avant. La question est maintenant de savoir quand ces véhicules seront livrés. Nous avons par exemple une Toyota Yaris destinée aux agents de surveillance de la voie publique, bloquée en concession. Les choses devraient bien se passer si nous arrivons à avoir les véhicules d’ici septembre. En revanche, nous avons bloqué les commandes de véhicules particuliers pour les directeurs, les budgets ayant été reportés. Au vu de nos dépenses durant le confinement, nous ne savons pas encore si ces commandes seront maintenues ou non car elles ne sont pas prioritaires.

Comment anticipez-vous la fin du confinement ?

Nous allons devoir anticiper la remise en service des véhicules restés stationnés dont les pneus ont pu se dégonfler, les batteries se décharger et les joints sécher. Nous pensons démarrer la troisième semaine d’avril en commençant par les véhicules de transport en commun, puis les utilitaires et enfin les véhicules particuliers. Nous voulons avoir un parc opérationnel pour la reprise et il faut donc que tout soit prêt le 10 mai.

La flotte de la ville du Plessis-Robinson en chiffres

  • 85 véhicules en achat : véhicules de tourisme, VU, PL, autocars et engins y compris agricoles

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