Covid-19 – François-Xavier Dugué, Titi Floris : « La grande nouveauté réside dans l’adaptation aux mesures sanitaires »

Bien que 97 % de ses activités soient à l’arrêt, Titi Floris assure une permanence pour ses conducteurs qui continuent de rouler, et s’organise pour la reprise en s’adaptant aux nouvelles réglementations sanitaires, malgré quelques craintes concernant le renouvellement des véhicules TPMR.

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François-Xavier Dugué est responsable gestion flotte de véhicules de Titi Floris.

Quels ont été les effets des mesures de confinement sur l’activité de la flotte ?

Le transport scolaire d’enfants en situation de handicap, soit 40 % de notre activité, est totalement à l’arrêt. Le transport de personnes à mobilité réduite vers des établissements spécialisés, de personnes âgées et de travailleurs, soit environ 60 % de notre activité, est lui aussi presque totalement à l’arrêt. Seuls 2 à 3 % de notre activité est encore effective : nous effectuons ainsi du transport à la demande dans l’Ouest de la France pour des personnes qui vont au travail. Nous avons également été missionnés pour du transport de personnel soignant et du transport collectif urbain notamment à Nantes, Angers et Poitiers. Nous transportons aussi de jeunes enfants pour l’Aide sociale à l’enfance.

En conséquence, l’ensemble de l’entreprise a été déclarée en chômage partiel et nous déclarons l’activité des quelques salariés qui continuent de travailler. Le personnel administratif est confiné avec la possibilité d’un petit pourcentage de télétravail.

Comment avez-vous adapté la gestion de la flotte ?

Nous avons mis en place une permanence physique au siège de la société à Nantes et dans certaines agences sur des périodes définies. Par exemple, à Nantes, nous assurons une permanence de 14 à 16 h 00, cinq jours par semaine. Nous gérons le passage des salariés sur ce créneau pour faire le complément d’AdBlue, la pression des pneus, le nettoyage ou la remise de matériel, notamment sanitaire. Nous tenons une astreinte téléphonique pour la gestion des véhicules et restons joignables en cas de problème.

Où en est l’entretien des véhicules ?

La plupart des véhicules qui ne tournent pas restent au domicile des salariés, ce qui est notre mode de fonctionnement habituel. Ces salariés ont pour consigne de démarrer leur véhicule au moins une fois par semaine pour éviter la décharge de la batterie et de vérifier visuellement l’état des pneus et leur pression. Ils doivent nous signaler toute question ou problème. Pour les véhicules restés garés dans nos agences, un agent va régulièrement contrôler leur présence et effectue les tâches nécessaires.

Nous sommes en contact avec nos partenaires habituels. Nous avons des comptes ouverts chez la plupart des réseaux nationaux. Ils assurent des astreintes en privilégiant l’intervention d’unités mobiles très pratiques. Jusqu’à présent, nous n’avons eu que deux soucis : une crevaison et une panne de batterie, et Profil Plus est intervenu sur place.

Quelles difficultés avez-vous rencontrées ?

La grande nouveauté réside dans l’adaptation aux mesures sanitaires. Pour le transport de personnes, au vu de la proximité dans le véhicule, il est difficile de respecter les gestes barrières. Nous rencontrons des difficultés à remettre du matériel de protection à nos salariés, en particulier des masques et du gel hydroalcoolique, même si des commandes devraient nous être livrées prochainement. Par chance, j’ai pu récupérer auprès de constructeurs automobiles des kits de protection en grand volume, utilisés habituellement pour protéger les volants, sièges et pommeaux des véhicules neufs. Enfin, nous avons donné des consignes de nettoyage des véhicules aux conducteurs. Ils peuvent passer au siège pour récupérer le matériel nécessaire. Nous avons fait notre propre désinfectant maison à partir de vinaigre blanc et d’huiles essentielle pour nettoyer les tissus et les plastiques.

Que faites-vous pour les entretiens et les contrôles techniques ?

Les entretiens et les contrôles techniques ont été mis en attente du fait du chômage partiel. En raison de l’activité de l’entreprise, nous sommes soumis à la réglementation spécifique aux véhicules légers de transport de personnes (VLTP) qui impose de faire passer un contrôle technique à nos 1 400 véhicules tous les ans. Un écrit de la Dreal nous a confirmé que nous bénéficions de trois mois de report par rapport à la date d’échéance prévue.

Toutefois, les choses ne seront pas simples lorsque l’activité va reprendre, d’autant que nous allons basculer sur notre période saisonnière de location de véhicules. En effet, durant l’été, les véhicules, notamment de transport scolaire, sont proposés à la location auprès de particuliers ou de professionnels. La transition est souvent très intense et nous allons devoir rapidement effectuer tous les contrôles techniques et les entretiens afin de remettre les véhicules dans les meilleures dispositions à nos clients. Il va donc falloir être réactif et s’assurer que nos prestataires le seront pareillement.

Où en êtes-vous dans le renouvellement des véhicules ?

Je suis en lien avec les constructeurs pour faire le point sur les commandes. Le hasard a fait que, cette année, j’avais anticipé les achats en prévision d’une petite augmentation de notre activité et commandé 250 véhicules. 60 % d’entre eux sont déjà sortis d’usine et sont présents dans le parc des constructeurs en France. Pour le reste, je suis encore en attente d’informations.

Je suis surtout inquiet pour les véhicules transformés en TPMR car il faut transférer les châssis vers des aménageurs spécifiques dont les chaînes de production sont actuellement fermées, puis faire homologuer les véhicules par des services administratifs eux aussi fermés. Il risque d’y avoir du retard dans les livraisons, mais nous allons simplement décaler nos objectifs de renouvellement.

Et côté assurance ?

Nous avons négocié un report de trois mois du règlement de la cotisation annuelle qui est versée en plusieurs fois. Notre assureur a aussi fait un geste commercial au vu de la baisse de sinistralité. De même, nous avons pu bénéficier d’un report des loyers avec la quasi-totalité des organismes de financement. Si l’on prend aussi en compte les économies de carburant, l’entreprise devrait se porter plutôt sereinement dans cette situation qui crée des incertitudes.

Comment anticipez-vous la fin du confinement ?

Nous restons en contact avec nos salariés toutes les semaines et nous creusons toutes les solutions pour les protéger au mieux lors de la reprise de l’activité. Nous prévoyons d’effectuer une nouvelle distribution de matériel sanitaire et de nettoyage avant la reprise pour se conformer aux nouvelles mesures d’hygiène. Nous nous organisons pour nous conformer à la nouvelle obligation d’affichage de la réglementation à destination des passagers. Enfin, nous nous renseignons auprès de certains fournisseurs, notamment des aménageurs, par exemple sur des plexiglas ou des systèmes de cloisonnement sanitaire destinés à protéger le poste de conduite. Nous essayons de mettre tout en œuvre pour soutenir et protéger nos salariés dans cette épreuve. J’en profite pour remercier nos collaborateurs volontaires qui continuent à rouler et plus globalement l’ensemble des salariés qui font preuve, encore une fois, d’un état d’esprit remarquable.

Le précédent article sur Titi Floris

La flotte en chiffres

1 400 véhicules de 5 à 9 places

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