Covid-19 – Laurent Bouvet, Métropole de Brest : « Un impact sur la priorisation des véhicules »

Durant le confinement, la métropole de Brest assure un service réduit pour le maintien de la flotte, ce qui impliquer de prioriser les véhicules à prendre en charge, tout en travaillant sur la reprise de l’activité.

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Laurent Bouvet, responsable du service véhicules et engins, Métropole de Brest

Quels ont été les effets des mesures de confinement sur la flotte ?

L’activité des services et des ateliers a évolué. Une grande partie des services de la métropole ne fonctionne pas, à l’exception de la collecte des déchets, de la propreté, des services funéraires, de l’entretien des écoles, de l’approvisionnement, des missions sociales comme le suivi des EHPAD, etc. 10 % de la flotte est ainsi en circulation, soit environ une centaine véhicules. Nous sommes en soutien pour l’utilisation et le suivi de ces véhicules.

Qu’en est-il des ateliers ?

Nous avons fermé deux ateliers, l’atelier motoculture car le service espaces verts ne fonctionne pas, et l’atelier carrosserie car la sinistralité a fortement diminué. Les ateliers PL et VL sont encore ouverts pour répondre aux besoins. Les équipes ont été divisées par trois avec un roulement sur trois semaines. Cet effectif réduit permet de respecter les gestes barrières et les règles de distanciation sociale. Les deux semaines passées à la maison permettent de vérifier que les agents ne sont pas contaminés. Cela évite du stress et une éventuelle contagion entre les équipes, tout en restant présents pour réparer les véhicules de première urgence. Les agents disposent aussi de gel hydroalcoolique et de gants, ainsi que de points d’eau pour se laver les mains. Et nous avons mis au point une procédure pour désinfecter les véhicules au moment de les rentrer au garage.

Comment avez-vous adapté la gestion de la flotte ?

Le confinement a beaucoup changé notre manière de fonctionner. Il y a tout d’abord un impact sur la priorisation des véhicules. Les véhicules en panne non prioritaires ont été mis un peu de côté au profit des véhicules qui continuent de rouler.

Pour diminuer l’impact de l’immobilisation des véhicules sur deux mois, un agent dédié fait le tour des sites pour démarrer les véhicules dont on a le double les clés et les faire tourner une demi-heure par semaine. Il vérifie également le niveau de carburant et la pression des pneus. Cela nous assurera une une flotte opérationnelle pour la reprise. Nous avons en outre commencé à nous réapprovisionner un peu plus en batteries et en pneus pour être capable de répondre aux besoins.

Quelles difficultés avez-vous rencontrées ?

Nos deux principaux problèmes sont l’approvisionnement en pièces et la fermeture de nos partenaires. Nous regardons au cas par cas : si un VP est en panne avec un délai excessif pour l’obtention des pièces, nous le remplaçons avec un autre véhicule disponible. Pour les véhicules de collecte, nous les réparons en élargissant notre panel de fournisseurs, sachant que certains continuent de travailler. Ce travail de recherches alternatives ne relève pas d’un fonctionnement normal.

Sur l’aspect réglementaire, nous arrivons à tenir le calendrier pour les passages aux mines, même si cela prend plus de temps du fait des délais d’approvisionnement en pièces. La situation est plus compliquée pour les contrôles techniques : le centre qui a le marché est fermé pendant un mois. Nous allons rattraper ce retard en allant chercher les véhicules sur différents sites.

Où en êtes-vous des commandes ?

Nous avions pris de l’avance sur les achats de véhicules en 2019. Le confinement et le télétravail nous ont permis de finaliser toutes les commandes fin mars, au lieu de les étaler de janvier à juin, même si les délais de production sont allongés. Nous avons eu la chance que l’UGAP reste ouverte, malgré un fonctionnement un peu différent. Aucune livraison n’est effectuée, mais c’est notre volonté d’attendre la fin du confinement afin d’éviter des déplacements et des contacts inutiles.

Enfin, à l’échelle de la ville, les décisions pour les marchés en cours qui devaient se clôturer pendant la période de confinement ont été décalées par souci d’équité, tandis que les parutions de nouveaux marchés et les appels d’offres ont été suspendus afin d’éviter que certains fournisseurs ne puissent y répondre.

Comment anticipez-vous la fin du confinement ?

Ce n’est pas simple. Nous n’avons pas énormément de visibilité. Nous ne savons pas encore comment nous serons sollicités. Toutefois, nous prévoyons déjà de faire le tour des véhicules présents dans les ateliers de manière à tous les libérer pour la reprise. Nous allons également planifier tous les contrôles techniques en retard afin de remettre tous les véhicules sereinement à la route. Nous allons mettre au point des protocoles en termes de règles d’hygiène et de sécurité. Enfin, nous travaillons avec nos fournisseurs pour trouver des solutions de reprise et de suivi sur les commandes.

Tout ce qui déjà prioritaire le restera après la fin du confinement. Dans les jours et semaines suivant le 11 mai, nous ajusterons le retour au travail dans les ateliers selon l’activité réelle, sur le principe d’un déconfinement progressif. En pratique, nous ne ferons pas faire déplacer des agents alors qu’il n’y a pas suffisamment de travail, mais ces agents resteront mobilisables immédiatement.

Le précédent article sur la métropole de Brest

La flotte en chiffres

Environ 1 000 véhicules en achat dont 300 VP, 300 VU, une centaine de PL et du matériel de voirie, d’espaces verts et de propreté

2 000 petits moteurs (tondeuses, débroussailleuses, etc.)

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