Covid-19 – Philippe Manceau, Métropole européenne de Lille : « Nous voulons savoir comment notre flotte se déplace en temps de crise »

L’épidémie de coronavirus a amené la Métropole européenne de Lille à engager des actions inhabituelles en partenariat avec d’autres services, et à lancer une étude consacrée au fonctionnement de sa flotte de 725 véhicules durant la crise.

2063
Covid-19 Métropole européenne de Lille

Philippe Manceau est responsable de flotte de la Métropole européenne de Lille.

Quels ont été les effets des mesures de confinement sur l’activité de la flotte ?

Sur un parc de 725 véhicules, nous avons une centaine de véhicules mobilisés mais jamais plus de 35 % qui roulent en même temps. Les autres restent devant le domicile des agents, prêts à intervenir. Nous allons donc faire des économies drastiques de carburant et réduire nos émissions polluantes.

Nous avons toutefois toujours beaucoup de travail car nous voulons savoir comment notre flotte se déplace en temps de crise. Nous avons spontanément lancé une étude tant la situation est inédite et suggère un examen attentif que notre hiérarchie nous a invités à poursuivre. L’objectif est d’appendre de la situation en prévision d’une éventuelle prochaine crise, mais aussi de se rendre compte de ce qui est vraiment important.

Ainsi, la majorité des véhicules en circulation sont des véhicules d’assainissement, l’une des plus importantes directions de notre établissement. Les véhicules de la voirie sont également sur le pied de guerre mais sont moins sollicités. Enfin, les véhicules de la direction du patrimoine sont aussi sur les routes pour assurer la sécurité. La télématique embarquée nous aide à étudier ces chiffres.

Comment fonctionnez-vous dans ce contexte ?

La crise nous a amenés à voir les choses différemment. Avec le télétravail, j’ai découvert qu’on pouvait faire énormément de choses de chez soi. Comme tous les déplacements non nécessaires ont été annulés, je participe aux réunions en visioconférence. À la sortie du confinement, je continuerai peut-être à le faire plutôt que de parcourir 30 km pour me rendre au siège, dans un but cette fois d’économies. Nous sommes toutefois très peu dans mon équipe à pouvoir télétravailler. En effet, jusqu’à présent, nous n’avions jamais songé à ce qu’une majorité de collaborateurs puisse avoir deux métiers en un. Cela semble toutefois compliqué de combiner une spécialité en entretien des véhicules ou en engins des espaces verts, avec des compétences de gestionnaire de flotte.

Enfin, ce confinement nous permet de travailler plus au calme la définition des besoins pour nos commandes qui sont passées auprès de l’Ugap. Les véhicules arriveront quand ils le pourront. Nous avons déjà quelques véhicules qui nous attendent chez Renault.

Comment avez-vous adapté la gestion de la flotte ?

Pendant cette période, nous avons engagé plusieurs actions inhabituelles. J’ai par exemple mis en place un partenariat informel avec la direction du service propreté. Ce dernier a en effet besoin d’être opérationnel. Nous avons donné aux agents l’autorisation exceptionnelle de garder les véhicules mais nous nous sommes arrangés pour qu’ils les nettoient et les désinfectent eux-mêmes avant de les ramener dans nos locaux. Ces véhicules, clairement identifiés comme fiables, propres et non contaminants, nous permettent de constituer une réserve de moyens prêts à servir dans le cadre soit du plan de continuité d’activité, soit de la réserve citoyenne métropolitaine constituée d’une centaine de volontaires. Pendant ce temps, nous donnons accès à distance à d’autres véhicules à notre « service partenaire » et ainsi de suite par roulement. Ce sont des choses auxquelles nous n’aurions pas pensé en temps normal.

Qu’en est-il du suivi technique des véhicules ?

Concernant les contrôles techniques, nous avons eu la chance que le gouvernement ait reporté les dates d’échéance. Certains prestataires acceptaient de prendre nos véhicules mais nous avons choisi de ne pas le faire. Quelques fournisseurs en réparation sont également ouverts mais ils ne prennent les véhicules qu’au compte-gouttes. Comme de nombreux véhicules sont à l’arrêt, nous pouvons toutefois compter sur une réserve.

Comment anticipez-vous la fin du confinement ?

Nous rédigeons actuellement un plan de redémarrage de l’activité que nous présenterons à notre hiérarchie. Nous essayons de proposer le plus d’options possibles. Notre priorité consiste à trouver comment protéger nos agents au maximum lors de la reprise et à minimiser les risques. Nous nous demandons également comment nous allons récupérer les véhicules commandés. Nous nous attendons à ce qu’il y ait un goulot d’étranglement à la reprise. Il faudra donc être très précis sur ce que l’on va prioriser.

En parallèle, nous nous efforcerons d’avoir des véhicules en bon état. Pour cela, nous envisageons par exemple de créer des équipes spécialisées pour la reprise. L’une d’entre elles ferait le tour de tous les sites pour vérifier que les véhicules redémarrent bien, une autre s’occuperait d’aller chercher les véhicules commandés, etc. Une autre piste serait de se faire accompagner par un prestataire sur place pour remettre chacun de nos sites sur roues. La solution choisie dépendra de la date réelle de reprise, de la proportion d’agents qui reprennent le travail en même temps et du type de population, si elle est très sédentaire ou si elle a rapidement besoin de se déplacer.

Nous avons notamment 40 véhicules électriques en parc, actuellement tous à l’arrêt et j’espère le moins possible branchés. Ils sont majoritairement garés sur le parking de notre ancien siège, le déménagement vers le nouveau siège s’étant terminé pendant la période de confinement.

Le précédent article sur la Métropole européenne de Lille

La flotte en chiffres

725 véhicules

PARTAGER SUR