Covid-19 : les prix de revient du TRM bouleversés

Avec des parcours en charge réduits et des temps de service des conducteurs rallongés, l’activité du transport routier de marchandises (TRM) voit ses prix de revient nettement modifiés pendant la période du confinement provoqué par la pandémie de covid-19.

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Covid-19 TRM

Pourvoyeur des indices du transport routier de marchandises, le Comité national routier (CNR) prévient les transporteurs que les activités générées pendant le confinement dû à la pandémie du Covid-19 remettent en cause leurs projections économiques. C’est particulièrement le cas pour les ensembles articulés (EA), qu’ils circulent en longue distance ou en régional, et pour les transports frigorifiques longue distance en 40 t.

Alors que pour les EA longue distance, le prix de revient à la tonne-kilomètre (PR/T-K) est neutre à 100 pour 86,5 % de taux de parcours en charge (TPC), il bondit de + 73 % en cas de retour à vide (TPC de seulement 50 %). Pour un TPC majoré à 100 %, il n’abaisse le PR/T-K que de 13,5 %. C’est pire encore pour les frigos longue distance dont le PR/T-K explose de + 75 % en cas de retour à vide et ne se réduit que de 12,5 % si le transporteur fait 100 % de TPC. Quant aux EA en régional, leur PR/T-K grimpe de 62,2 % en cas de retour à vide, mais baisse de 18,90 % en cas de PTC à 100 %.

Les temps supplémentaires de conduite ont un coût

Côté temps de service par conducteur, l’augmentation des temps de conduite autorisée par le gouvernement accroît le prix de revient annuel de 2,7 % pour 220 h de conduite d’un EA longue distance, de 4,8 % pour 230 h, de 7,4 % pour 243 h et de 10,9 % pour 260 h. Cette augmentation est de 3,5 % pour 220 h travaillées en frigo longue distance 40 t, de + 5,2 % pour 230 h, de + 7,5 % pour 243 h et de + 10,5 % pour 260 h. En EA régional, ces taux passent à + 4,3 % pour 220 h, + 6,6 % pour 230 h, + 9,6 % pour 243 h et + 13,6 % pour 260 h de conduite. À noter que la conduite dominicale en EA longue distance n’augmente le prix de revient annuel que de 0,8 % au-delà de 3 h de conduite.

Le prix du gazole baisse toujours

Le CNR précise que toutes ces évaluations sont effectuées « toute chose égale par ailleurs » et restent théoriques. Elles prennent en compte la loi sur les prix bas abusifs. Il revient donc au transporteur de calculer l’évolution de ses prix de revient par rapport à ses propres spécificités et de décider s’il peut assumer ou non un surcroît d’activité et à quel prix. Dernier élément entrant en ligne de compte, la baisse continue du prix du gazole professionnel. Au 27 mars, le prix du gazole professionnel à la pompe hors TVA était de 1,0325 euro/l, contre 1,1596 euro/l en février, et celui du gazole professionnel en cuve hors TVA s’élevait à 0,9585 euro/l au 30 mars, contre 1,0903 euro/l fin février.

La précédente brève sur le TRM

 

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