Covid-19 – Vincent Leroux-Lefèbvre, Groupe Qualiconsult : « Nous nous sommes remis au travail en amont »

Le Groupe Qualiconsult, spécialiste du contrôle des bâtiments, équipements et infrastructures, s’est organisé dès fin avril pour préparer la reprise de l’activité, et notamment le nettoyage des véhicules qui doivent être livrés ou restitués.

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Covid-19 Groupe Qualiconsult

Vincent Leroux-Lefèbvre est directeur achats et logistique du Groupe Qualiconsult.

Quels ont été les effets des mesures de confinement sur la flotte ?

Seulement un peu plus de 30 % de la flotte roule. Nos collaborateurs se rendent sur les sites pour lesquels leur intervention est indispensable. Nous avons de plus des missions en tant que référent covid où nous nous assurons de la sécurité des chantiers, notamment concernant le respect des gestes barrières. Ces collaborateurs sont un peu mieux équipés que les autres.

Les véhicules mobilités sont réunis sur un plateau. Nous ne les désinfectons pas car ils ne sont pas en pool, mais nous nous assurons que le véhicule n’a pas été utilisé les dix derniers jours avant de le mettre à disposition d’un collaborateur. Au bout de dix jours, il est sensé n’y avoir presque plus de traces du virus, même si nous ne sommes sûrs de rien.

Quasiment toutes mes équipes ont d’abord été en temps partiel à raison de quatre jours par semaine, avec un impact sur les congés payés et les RTT, mais nous restions disponibles. Depuis le 27 avril, nous avons repris le travail à temps plein. De mon côté, je travaille de manière intense depuis le début du confinement car nous avons 2 500 personnes à protéger dans le cadre de l’utilisation de la flotte et des équipements de protection individuels (EPI).

Comment avez-vous adapté le suivi de la flotte ?

Nos collaborateurs restent responsables de leurs véhicules de fonction. RRG ayant fermé quasiment tous ses garages, nous avons eu une communication à faire à nos collaborateurs vis-à-vis de la maintenance. Nous leur avons indiqué les réseaux de maintenance restés ouverts et leur avons demandé de surveiller régulièrement le niveau d’huile pour éviter une surchauffe.

Pour la vitrerie et les pneus, les réseaux ont joué le jeu, ce qui a permis à quelques collaborateurs d’aller dans des centres lorsque cela était nécessaire. Comme nous sommes en location sur 14 mois, nous n’avons pas de contrôle technique à réaliser. Nous restons en outre en contact avec notre assurance qui est en télétravail.

Comme nous sommes dans une grande phase de renouvellement, nous avions déjà recensé tous les véhicules pour une livraison fin mai ; celle-ci sera seulement repoussée à septembre. Nous avons ainsi rassuré nos collaborateurs sur la tenue de la journée de renouvellement en septembre ou octobre, avec toutefois des mesures de distanciation sociale et de désinfection des véhicules.

Quelles difficultés avez-vous rencontrées ?

Nous avons eu quelques cas de garages qui ont retenu des véhicules en décomptant des frais de garde. Nous essayons de contacter notre assisteur à ce sujet mais nous n’avons pas encore eu de réponse. Nous prévoyons donc de renforcer des équipes de jockeys pour récupérer ces véhicules dès le 11 mai et les mettre à disposition. À l’inverse, nous remercions deux de nos partenaires, Diac Overlease et Arval, qui ont fait de gros efforts en acceptant des délais de règlement. Cela n’a pas été le cas de tout le monde, d’autres sociétés ont été beaucoup plus procédurières.

La plus grande inconnue concerne la récupération des véhicules des collaborateurs qui quittent l’entreprise. Nous leur avons dit de ne pas restituer leur véhicule mais ils doivent s’engager à ne pas le conduire à partir de la date de la fin de leur contrat. Après le confinement, nous ferons restituer ces véhicules en utilisant un système de taxis ou de jockeys. Il faudra également gérer leur nettoyage et le cas échéant leur réattribution. En tout, une centaine de véhicules est concernée.

Comment avez-vous anticipé la fin du confinement ?

Nous nous sommes remis au travail en amont pour nous préparer à la reprise de l’activité. Nous avons réorganisé notre équipe de trois personnes pour la reprise : elles ne sont pas allées pas sur le terrain afin d’éviter de s’exposer.

Pour tous nos collaborateurs qui ont un véhicule et sont sur le terrain, nous avons mis à disposition des sprays désinfectants afin d’éviter toute contamination. Nous fournissons en outre des gants et des masques aux référents covid qui sont plus exposés, avec une petite poubelle de voiture. Nous avons en outre des points de distribution de gel hydroalcoolique et de masques dans nos agences.

Des procédures sont également en cours d’écriture du côté des loueurs pour la décontamination des véhicules qui seront livrés. Reste à savoir qui gérera ces procédures et prendra en charge les équipes de nettoyage. De plus, certains collaborateurs pourraient refuser de prendre les véhicules. En parallèle, nos collaborateurs ont un budget nettoyage et seront encore plus incités à l’utiliser. Si le nettoyage n’est pas effectué en fin de contrat, le véhicule ne pourra pas être restitué et les frais de non-restitution seront assumés par chaque agence.

Enfin, en début d’épidémie, nous avons donné quasiment tous nos masques aux soignants des hôpitaux et aux cliniques ainsi qu’aux Ehpad qui sont notre premier marché, et ce dans toute la France. Nous avons seulement gardé des masques pour nos collaborateurs confrontés au risque amiante. Il y a quelques semaines, nous avons réceptionné une commande de 50 000 masques qui permet aujourd’hui un approvisionnement continu de nos agences.

Selon moi, la situation a obligé l’entreprise à se réorganiser très vite et à prendre conscience que les métiers support doivent être présents quasiment tout le temps. Cela a remis les métiers « non productifs » au centre de l’équation.

Le précédent article sur le Groupe Qualiconsult

La flotte en chiffres

Environ 2 000 véhicules, principalement des véhicules de fonction, en LLD et en mono-marque Renault en partenariat avec Renault Retail Group (RRG)

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