Covoiturage : des partenariats entre collectivités et start-ups

Pour la ville de Saint-Quentin-en-Yvelines, qui a un partenariat avec la start-up WayzUp, le covoiturage est considéré comme un service de transport public complémentaire.
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Covoiturage

Depuis le mois d’octobre, IDF Mobilités, l’autorité organisatrice des transports en région parisienne, s’est associée à 17 entreprises de covoiturage (voir notre brève). Un concept qui existe déjà depuis 2014 entre la ville de Saint-Quentin-en-Yvelines et la start-up WayzUp. À l’occasion du salon Autonomy, l’accélérateur de start-ups Via ID a consacré une table ronde à ce partenariat jeudi 19 octobre, afin de mieux comprendre les enjeux du partage des véhicules pour le secteur public.

Collectivités : répondre aux problématiques de mobilité du territoire

Saint-Quentin-en-Yvelines est située en deuxième couronne, avec peu de transports et de grandes entreprises, d’où des problèmes de mobilité. « J’ai d’abord pensé aux problématiques du territoire et de l’agglomération, a témoigné Emmanuel Veiga, directeur des mobilités de la commune. Nous nous sommes posé la question : comment mieux répondre à la diversité des usages et des besoins de la population, variables selon l’âge, la période de la journée ou encore la catégorie socio-professionnelle, alors que les transports collectifs s’individualisent et que les transports individuels se collectivisent ? » À l’époque, la ville disposait déjà d’un site internet de covoiturage, mais qui fonctionnait assez mal, avec peu de dynamisme, peu de personnes inscrites et peu de trajets. »

Start-ups : gagner en visibilité

Julien Honnart, alors jeune diplômé d’HEC Paris et P-DG de WayzUp, a proposé un partenariat non financier, avec pour objectif d’acquérir une visibilité auprès des entreprises de l’agglomération, au cœur du modèle économique de la start-up. « Il pouvait répondre à l’impasse dans laquelle nous étions. Nous avons fait le pari d’essayer et nous arrivons aujourd’hui à des résultats intéressants », s’est félicité Emmanuel Veiga. L’agglomération compte aujourd’hui compte plus de 4 000 inscrits sur WayzUp et 1 000 covoitureurs réguliers.

Du côté de la start-up, « c’est avec ce partenariat que nous avons pu avoir nos premiers clients, dont le Techno-centre Renault, qui a été notre premier client, mais aussi le Crédit Agricole ou encore les sièges d’Europcar et de La Poste », a dévoilé Julien Honnart. Aujourd’hui, WayzUp dispose d’une offre à destination des collectivités, construite à travers le partenariat avec Saint-Quentin-en-Yvelines. Car les enjeux sont différents de ceux des entreprises, confrontées à des problématiques d’attractivité et de fidélisation des employés.

Le covoiturage subventionné comme service public complémentaire

« Les collectivités sont plutôt soumises à l’intégration de nouvelles communes en périphérie qui ne sont pas desservies par le réseau de transport public mais qui ont des besoins tout en ayant peu de budgets et doivent aussi optimiser des lignes de bus peu rentables. Le covoiturage subventionné représente alors un nouveau réseau de transport public », a commenté Julien Honnart. Selon ce dernier, sans subvention pour rentabiliser les trajets de covoiturage au-delà du prix de l’essence, difficile de mobiliser des conducteurs qui y perdent leur indépendance.

Heureusement, les villes y trouvent aussi leur intérêt. Ainsi, pour Emmanuel Veiga, « le covoiturage est un élément de désaturation de la route et un service complémentaire qui apporte la souplesse et la réactivité de l’automobile, tout en étant dans une dynamique collective. » C’est aussi l’un des éléments d’un bouquet de services de transport qui mise sur les solutions intermodales pour pallier aux faiblesses de l’infrastructure.