Véhicules autonomes : les demandes de brevets en hausse

D’après une étude de l’Office européen des brevets (OEB), le nombre de demandes de brevets a augmenté de 330 % entre 2011 et 2017 en Europe dans le domaine de la conduite automatisée.

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OEB brevets vehicules autonomes
© OEB

Alors que la commercialisation des premiers véhicules autonomes est attendue pour 2025, l’Office européen des brevets (OEB) et l’association EUCAR (European Council for Automotive R&D) ont publié une étude statistique des demandes de brevets européens déposées jusqu’en 2017. Intitulée « Patents and self-driving vehicles », celle-ci donne un aperçu de la course à l’innovation actuellement en cours dans le domaine des véhicules intelligents, connectés et automatisés.

Selon l’OEB, près de 18 000 demandes de brevets européens ont été déposées ces dernières années, dont 3 998 sur la seule année 2017. L’organisme a identifié deux secteurs technologiques principaux : les technologies incorporées dans les véhicules autonomes mêmes (Plateforme des véhicules autonomes) d’une part ; et d’autre part celles qui leur permettent d’interagir entre eux et avec leur environnement (Environnement intelligent).

OEB Evolution du nombre de demandes de brevets européens portant sur les technologies de conduite automatisée déposées entre 2011 et 2017

Les entreprises des TIC gagnent du terrain

Au total, le nombre de demandes en lien avec la conduite automatisée a augmenté de 330 % entre 2011 et 2017, contre 16 % pour l’ensemble des technologies. En effet, « avec un marché potentiel estimé à plusieurs centaines de milliards de dollars par an en 2030 (A.T. Kearney, 2016), les grands constructeurs automobiles déploient d’énormes capacités de R&D pour développer de nouvelles technologies dans ce domaine », note l’OEB.

Cependant, ces derniers doivent faire face à de nouveaux acteurs, moins expérimentés mais « à l’avant-garde du développement de logiciels, des technologies de communication et de l’intelligence artificielle » selon l’OEB.

Ainsi, sur les 500 principaux demandeurs de brevets européens entre 2011 et 2017, 32,8 % étaient issus d’entreprises du secteur des technologies de l’information et de la communication (TIC), contre 29,3 % pour l’industrie automobile. À lui seul, le groupe Samsung a déposé 624 demandes de brevets, suivi par Intel (590), Qualcomm (361) et LG (348). Le premier équipementier, Bosch, n’arrive qu’en cinquième position (343), suivi par le premier constructeur, Toyota (338).

OEB Répartition par secteur industriel de demandes de brevets européens portant sur les technologies de conduite automatisée déposées entre 2011 et 2017

Conséquence : « les stratégies de protection par brevet dans le domaine des technologies de conduite autonome ressemblent davantage à celles du secteur des TIC qu’à celles de l’industrie automobile traditionnelle », observe l’OEB, avec notamment le recours à une protection large via des « familles de brevets » plus étendues. En outre, les entreprises « cherchent à protéger leurs inventions dans un nombre plus élevé de pays, ce qui laisse penser qu’une vaste protection internationale revêt une importance encore plus grande sur le marché des véhicules automatisés. »

L’Europe et les États-Unis en tête

« Une répartition par région montre que l’Europe et les États-Unis sont largement en tête en matière d’innovation », constate également l’OEB. Les entreprises européennes et américaines ont été à l’origine respectivement de 37,2 % et 33 ,7 % des demandes de brevets auprès de l’OEB entre 2011 et 2017. Sur la seule année 2017, ces deux régions ont représenté environ 1 400 demandes chacune, soit au total 70 % des demandes. À noter enfin le score honorable de la France, avec 4,8 % de l’ensemble des demandes sur la période 2011-2017.

OEB origine géographique des demandes de brevets européens portant sur les technologies de conduite automatisée déposées entre 2011 et 2017

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