Des solutions clés qui rapportent

Des solutions clés qui rapportent

En période de crise, les entreprises veulent réduire l’ensemble de leurs coûts. Or, pour optimiser sa flotte, il est indispensable de disposer d’un outil adapté et dont les fonctions permettent d’embrasser l’ensemble des postes budgétaires. Dans ce contexte, les logiciels de gestion connaissent un regain d’intérêt. Gros plan sur les nouveautés du marché.

- Magazine N°151
477
Logiciels de gestion de flottes

La crise ne semble pas affecter le marché des logiciels de gestion de flottes. « Nous avons connu un ralentissement en septembre et en octobre 2008, reconnaît Jean-Michel Julian, directeur commercial d’Infoparc, l’éditeur de SIP 2. A cette époque, la crise a provoqué un gel des investissements. Mais, à partir de novembre 2008, les ventes sont reparties très fort à la hausse.

Pour Infoparc, 2009 est l’année de la reconquête. Nous avons mené des actions intensives en matière de marketing et de communication et, parallèlement, nous avons un portefeuille d’affaires permanent. » Et d’ajouter : « Notre logiciel représente un investissement qui permet de mieux maîtriser les coûts ; un argument de poids en période de crise. » Infoparc, qui réalise 2 millions d’euros de chiffre d’affaires, a connu des mouvements au sein de son équipe dirigeante. Yvon Delasnerie, ancien président directeur général a fait valoir ses droits à la retraite. C’est désormais Patrick Guillou, ancien responsable du département Systèmes Informatiques Embarqués et l’un des plus anciens collaborateurs de l’éditeur, qui assume les responsabilités de directeur général. Pour autant, la stratégie d’Infoparc n’en est pas bouleversée : « Nous continuons sur notre lancée, affirme Jean-Michel Julian. Notre but est de conserver nos positions de leader en matière de logiciel de gestion de flottes et de partir à la conquête du marché de l’informatique embarquée.»

Un potentiel encore prometteur

En 2008 et au début de l’année 2009, Infoparc a intensifié ses actions de communication autour de son offre d’informatique embarquée : « Nous avons signé de nouveaux clients comme la RATP grâce à nos solutions d’informatique embarquée, insiste Jean- Michel Julian. Nous nous sommes aperçus que nous avions un atout décisif sur ce marché : nous sommes les seuls à proposer deux outils -logiciel de gestion et informatique embarquée- qui sont complètement intégrés. Avec notre offre, le gestionnaire de parc ne gère pas seulement les informations embarquées, mais l’ensemble des données liées à sa flotte. »

Quant au logiciel SIP 2 en lui-même, il ne cesse d’évoluer. SIP 2 présente les mêmes fonctionnalités que SIP 1 « lequel était déjà très complet », précise le directeur commercial d’Infoparc. Les améliorations portent notamment sur les automatismes et sur la fluidité de la transmission des informations. Ainsi, SIP 2 est capable d’envoyer des alertes sur les terminaux mobiles du responsable de flottes. Par ailleurs, Jean-Michel Julian tient à souligner les efforts réalisés en matière de recherche & développement : « Nous avons été les premiers à proposer notre progiciel en mode full Web. Nous étions en avance et, désormais, cette version est rodée. »

Désormais, pour Infoparc, l’informatisation des flottes est rentrée dans les mœurs. Lorsque l’éditeur répond à un appel d’offres, les projets sont mûrement réfléchis. Il n’en reste pas moins que, selon Jean-Michel Julian, Excel demeure l’outil de gestion de flotte le plus répandu : « Le taux d’équipement en logiciel de gestion est de l’ordre de 10 %. Le marché est loin d’être saturé, même si le potentiel de développement s’appuie sur les flottes qui comptent plus de 50 véhicules et pour lesquelles un outil spécialisé apporte de réels gains de productivité. »

Nouveautés en chaîne

A écouter Yann Dépond, Delta Tech et son logiciel Winflotte semblent afficher une santé insolente : « Le chiffre d’affaires de Winflotte devrait progresser de 60 % en 2009. Sur les six premiers mois de l’année, notre activité a progressé de 35 %. » Depuis un an, Delta Tech a séduit de nouveaux clients parmi lesquels figurent Carrefour, Groupama, la MAAF, Unilever ou encore Johnson & Johnson. Sorti du giron de BNP Paribas, Delta Tech assure désormais sa croissance en dehors du groupe bancaire. « Deux éléments soutiennent notre progression, explique Yann Dépond. Tout d’abord, nous bénéficions d’un bon capital de confiance auprès de nos clients. Le bouche-à-oreille nous est favorable. Winflotte est reconnu comme étant un outil performant capable d’optimiser les dépenses des flottes. La deuxième raison de notre progression tient aux nombreuses nouveautés que nous développons. » Ainsi pour répondre aux besoins spécifiques des flottes qui ont entre 5 et 250 véhicules, Delta Tech propose Winflotte.net PME, une version simplifiée et full-web de son logiciel Winflotte. Aucune installation particulière n’est nécessaire et le gestionnaire de la flotte accède directement à l’interface avec un simple identifiant et un mot de passe. Disponible de n’importe quel poste informatique équipé d’une connexion Internet, cet outil consolide toutes les données relatives au parc (véhicules, conducteurs, coûts…) et les restitue de manière synthétique. « Pour cet outil, le potentiel est important, assure Yann Dépond. Plusieurs milliers d’entreprises gèrent aujourd’hui des flottes qui comptent entre 5 et 250 véhicules. »

De multiples partenariats

Autre nouveauté marquante, Delta Tech a noué des accords avec Eurotaxglass’s. Winflotte intègre désormais le référentiel du spécialiste de l’information automobile. Grâce à EurotaxIDD, la version 8 de Winflotte permet d’accéder à toutes les informations nécessaires à l’identification et à la saisie d’un véhicule. Ainsi le gestionnaire de parc dispose d’une base homogène, exhaustive et normalisée. Autre nouveauté, Winflotte Analytics est un logiciel indépendant de reporting et d’analyse décisionnelle. Accessible via Internet et connecté à la base de données Winflotte, cet outil permet aux managers d’avoir une vision synthétique et instantanée des principaux indicateurs de gestion.

Par ailleurs, Delta Tech a développé un module de gestion de location de courte durée accessible via Internet. Baptisé Winflotte.net LCD, cet outil permet non seulement de gérer les véhicules et les conducteurs, mais également d’établir des plannings de réservation, d’éditer contrats et factures et de piloter le traitement des amendes. Autre innovation, les données hébergées sur Winflotte sont désormais accessibles à partir de l’iPhone développé par Apple. Non seulement le gestionnaire de flottes accède ainsi aux données de la flotte à partir de son terminal mobile, mais les conducteurs peuvent également se connecter pour modifier leur fiche personnelle, consulter la fiche de leur véhicule, mais aussi réserver un véhicule proposé en pool, rédiger leur note de frais et remonter les kilométrages effectués. Delta Tech a également noué des accords avec Etap On Line pour la gestion des notes de frais en ligne et avec PSA pour intégrer à son logiciel les informations issues de l’informatique embarquée sur le véhicule. Par ailleurs, pour Yann Dépond, la conjoncture est favorable au marché des outils de pilotage : « Les entreprises cherchent à serrer les boulons à tous les niveaux. Les outils qui permettent de faire baisser les coûts connaissent ainsi un regain d’intérêt.»

Optimisme de rigueur

Franck Lallet, directeur commercial d’Europarck, l’éditeur du logiciel Parck, est tout aussi optimiste. Et ce, pour plusieurs raisons. « Face à la crise, les entreprises s’interrogent sur l’impact économique de leurs flottes. Les loyers augmentent, les durées de détention s’allongent, les financements se tarissent et les entreprises manquent de visibilité. Dans ces conditions, elles cherchent à maîtriser leurs coûts et s’équiper d’un logiciel devient indispensable. La flotte représente le deuxième ou le troisième poste de dépense dans les entreprises. Sans connaître les coûts, il est impossible de les optimiser. Les logiciels comme le nôtre s’imposent alors naturellement. Excel permet de connaître les dépenses, mais n’aide pas les responsables à prendre des décisions. »

Franck Lallet attribue également le succès d’Europarck à un bouche-à-oreille positif et au développement de nouveaux services. « Nous avons mis sur pied des prestations d’accompagnement de nos clients. Chez eux, nous créons des fonctions de reporting spécifiques, nous établissons des indicateurs pertinents comme le TCO (NDLR : Total Cost of Ownership ou coût total de détention) et nous programmons des alertes pour surveiller l’utilisation du véhicule, les prises de carburant… Parallèlement, nous faisons le tour des intervenants et des fournisseurs et nous développons de nouvelles interfaces pour intégrer leurs données. »

Concrètement, Europarck a vu son chiffre d’affaires progresser de 5 à 10 % au premier semestre 2009. Ses dirigeants se déclareront satisfaits si l’éditeur maintient ce cap jusqu’à la fin de l’année. « Dans le contexte actuel, ceux qui donneraient un objectif précis seraient plus qu’optimistes », estime Franck Lallet. Ce mois-ci, Europarck commercialise un nouvel outil. Baptisé ReserWeb et indépendant de Parck, ce module permet de gérer en ligne les réservations des véhicules en pool. « N’importe quel utilisateur peut réserver un véhicule en ligne et consulter l’état de sa demande », précise Franck Lallet.

Parallèlement, la version 2009 de Parck devrait voir le jour au cours de ce semestre. Outre les améliorations apportées après avoir consulté les clients actuels, la nouvelle génération de Parck présente des générateurs d’états de plus en plus perfectionnés. « Parck va plus loin sur les indicateurs de gestion dont les gestionnaires de flottes se servent davantage au fur et à mesure que leur profil devient celui d’un financier », explique Franck Lallet. Et le directeur commercial d’Europarck de citer les trois piliers sur lesquels l’éditeur appuie sa croissance : « faciliter le lien entre Parck et l’environnement de la flotte, proposer un outil intelligent et autonome (nous réfléchissons à l’envoi automatique d’états consolidés) et développer les passerelles avec l’informatique embarquée qui va se généraliser. »

Le bel avenir

Face à la concurrence, Europarck reste serein : « Cinq ou six acteurs spécialisés se partagent le marché et sont présents depuis de nombreuses années. Des éditeurs généralistes qui s’intéressent à la gestion du patrimoine des entreprises veulent investir le marché avec des modules dédiés aux flottes. Mais la gestion de flottes automobiles est un domaine complexe et le marché est étroit. Ces nouveaux entrants ne nous gênent pas. » Et de conclure : « Le marché est rentré dans une phase de maturité : les grands comptes sont équipés. En revanche, les entreprises plus modestes ne le sont pas encore. Nous avons encore un bel avenir devant nous. »

Des solutions clés qui rapportent