Deux fois plus de cyclistes avec les IK vélo

Une expérimentation sur les IK pour les vélos montre un véritable intérêt de la part d’un panel de collaborateurs. Mais avec toutefois des limites.

525
Deux fois plus de cyclistes avec les IK vélo

Lancée par l’Ademe et la coordination interministérielle pour le développement de l’usage du vélo (Ciduv), l’expérimentation de six mois portant les indemnités kilométriques vélo (IKV) a pris fin le 30 novembre dernier.

L’heure est donc au bilan pour les deux partenaires et les 18 entreprises et organismes participants. Ces derniers ont accordé une indemnité de 25 centimes d’euro par kilomètre à leurs salariés qui ont réalisé à vélo le trajet domicile-travail. Une indemnité non cumulable avec le remboursement des transports en commun et souvent plafonnée à 30-35 euros par mois. Sur les 10 000 collaborateurs des 18 entités, 550 personnes se sont déclarées intéressées par l’expérimentation, 380 l’ont réellement tentée, soit 4,6 % des salariés. C’est à partir de cet échantillon que les résultats suivants ont été tirés.

L’enquête réalisée par l’Ademe et la Ciduv à la fin de l’expérimentation a constaté une multiplication par deux du nombre d’usagers du vélo. Si 200 personnes avaient déclaré avoir une pratique régulière du vélo avant la mise en place de l’IKV, ce nombre est passé à 419 lors de l’expérimentation. À noter que parmi ces 419 personnes sont pris en compte les 380 adhérents à l’IKV et les personnes déjà cyclistes mais ne souhaitant ou ne pouvant pas participer à l’expérimentation (39 personnes).

Par ailleurs, 5 à 8 % des adhérents disent avoir augmenté leur pratique du vélo indépendamment de l’IKV grâce aux conditions météorologies estivales et 13 % d’entre eux ont arrêté au moins provisoirement l’expérimentation. Ainsi, il est établi que la part modale du vélo a progressé d’environ 50 %, passant de 2 à 2,6 % des déplacements.

54 % des nouveaux cyclistes employaient auparavant les transports en commun et 19 % ont abandonné leur VP. Mais l’impact de l’IKV sur l’auto-solisme reste cependant faible du fait que l’essentiel de ces 19 % pratiquaient déjà le covoiturage. Pour l’Ademe et la Ciduv, le faible report modal depuis la voiture peut s’expliquer par une durée trop courte de l’expérimentation, mais aussi un montant de l’IKV trop faible pour être suffisamment incitatif. Trop faible pour les collaborateurs, mais trop élevé pour les entreprises et organismes participants. Cette indemnité, administrativement lourde à appliquer, coûte en effet 40 à 49 centimes d’euro/km, charges intégrées.

PARTAGER SUR