Difficultés d’approvisionnement en carburants : le point sur la situation

La France est actuellement touchée par des difficultés d’approvisionnement en carburants, notamment pour les stations essence des Hauts-de-France et d’Île-de-France. Une situation qui devrait perdurer.
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Au gouvernement, on préfère ne pas parler de « pénurie » mais plutôt de « difficultés d’approvisionnement en carburants ». D’après les chiffres officiels, environ 30 % des stations-service en France connaissent aujourd’hui des « difficultés d’approvisionnement sur au moins un type de carburant » à la pompe. La situation reste cependant variable en fonction des régions. Plus précisément, 1 320 stations sont actuellement en rupture partielle et 2 399 stations totalement à sec, d’après l’application Essence&Co. Rappelons que la France compte environ 11 000 stations-service, et que ces difficultés d’approvisionnement concernent plus spécifiquement le gazole.

Les régions Hauts-de-France et Île-de-France restent les plus touchées. En effet, ces difficultés d’approvisionnement en carburants font suite à des mouvements de grève. Ces derniers ont débuté il y a quinze jours avec le blocage du dépôt pétrolier de Mardyck, près de Dunkerque (59). Mais aussi avec les blocages des raffineries normandes (76) à Gronfreville-L’Orcher de TotalEnergies, et à Port-Jérôme-sur-Seine pour ExxonMobil.

Des grèves et des files d’attente

Alors que TotalEnergies a engrangé 10,6 milliards de dollars de bénéfices au premier semestre 2022, les grévistes revendiquent une augmentation de 10 % des salaires. Et la « ristourne » de 20 centimes d’euro par litre instaurée par le pétrolier n’aurait rien arrangé. Elle aurait même poussé les automobilistes vers les stations TotalEnergies, soit un tiers des stations en France.

Résultat : les files d’attente se sont donc allongées ce week-end dans les stations-service. Un phénomène aggravé du fait que certains automobilistes ont rempli des jerricanes directement à la pompe. Le but étant de constituer des réserves au cas où les difficultés d’approvisionnement venaient à durer. Alors que faire pour les professionnels ?

Des véhicules prioritaires dans les stations

Pour faire face à ces difficultés d’approvisionnement en carburants, la préfecture du Nord a par exemple annoncé, le mercredi 5 octobre, la libération de stocks stratégiques pour réapprovisionner les stations-service du département. Plusieurs arrêtés préfectoraux ont déjà défini des files prioritaires pour certains véhicules dans certaines stations des départements. Cela concerne notamment les véhicules des services d’urgence et de secours, des services de police et de gendarmerie, etc. Le gouvernement a, quant à lui, menacé « d’intervenir », le mardi 10 octobre, et a appelé à la levée « sans délai » des blocages de dépôts de carburants.

Mais les automobilistes ne sont pas les seuls touchés par ces difficultés. Le président des Hauts-de-France Xavier Bertrand a notamment indiqué que plusieurs lignes de bus scolaire n’ont pas pu circuler. Et selon lui, les réserves de la SNCF pour les trains roulant au gazole n’offrent qu’une visibilité de « six à sept jours ».

Les flottes concernées

Cette situation vient s’ajouter la hausse des prix des carburants à laquelle sont confrontées les flottes. Un point que ces dernières ont particulièrement souligné lors des récentes Rencontres Flotauto de Lyon. Selon une note du ministère de la Transition énergétique publiée le 10 octobre 2022, les prix des carburants ont augmenté de 7,19 centimes d’euros par litre pour le gazole entre septembre et octobre 2022, et de 5,95 centimes d’euros par litre pour le SP95.