Les dirigeants de TPE-PME négligent le risque routier

Une étude réalisée par l’Ifop pour la MMA met en exergue le fait que 75 % des dirigeants interrogés n’ont pas conscience que le risque routier est la première cause d’accidents mortels en entreprise.

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Les dirigeants de TPE-PME négligent le risque routier

Alors même que les chiffres de la Sécurité Routière connaissent un début d’année dans le rouge, voilà une étude qui a de quoi interpeller. Menée par l’Ifop pour le compte de la MMA auprès d’un échantillon de 602 dirigeants d’entreprise, représentatif des entreprises françaises de 1 à 49 salariés, celle-ci met en avant un élément pour le moins surprenant : les décisionnaires interrogés sous-estiment très clairement le risque routier. Ils sont ainsi à peine 1 sur 4 à le classer au premier rang des risques au sein de leurs entreprises.

Un constat d’autant plus accablant « qu’avec 386 décès en 2012, le risque routier est responsable de 44 % des décès au travail, en faisant la première cause d’accidents mortels », s’indigne la MMA. Et la mutuelle de préciser : « Le risque routier professionnel comprend à la fois les accidents de missions (115 décès en 2012) et les accidents de trajets domicile-travail (271 décès en 2012) ».

Des conséquences méconnues, la dénonciation peu appréciée

Autre élément mis en exergue par l’étude : le manque de connaissances des chefs d’entreprise interrogés « quant à leur responsabilité lors d’un accident de la route impliquant un salarié ». Si 62 % des sondés savent que leur responsabilité peut être engagée sur les trajets de mission du salarié, ce chiffre tombe à 37 % pour les trajets domicile-travail. Enfin, parmi ceux admettant l’engagement de leur responsabilité, 51 % pensent être sanctionnables d’une amende et 37 % d’une peine de prison.

Du côté des infractions routières, 56 % des dirigeants déclarent assumer le PV reçu et payer l’amende. Autre donnée intéressante, alors même que le décret d’application entérinant la dénonciation du salarié en cas d’infraction devrait être publié prochainement, 65 % des patrons annoncent être défavorables à cette mesure.

La prévention oubliée, le document unique négligé

Si les dirigeants se montrent donc protecteurs vis-à-vis de leurs salariés, un autre problème a été remonté par cette étude : seulement 21 % des sondés ont inscrit le risque routier dans leur document unique. Autre souci lié, à ce sujet : la prévention. Ainsi, « plus de 83 % des dirigeants n’ont mené aucune action au sein de l’entreprise », précise la MMA.

Par ailleurs, « lorsque des actions de prévention du risque routier sont instaurées, celles-ci relèvent davantage de la vérification que de mesures de fond », s’inquiète la mutuelle. En effet, si la moitié des chefs d’entreprise interrogés diffusent des messages de prévention à leurs salariés (51 %) ou ont mis en place une charte des bonnes pratiques au volant (50 %), « les sessions de formation au risque (33 %) ou les journées de sécurité routière (17 %) sont moins pratiquées », détaille la MMA.

Il faut dire que le budget alloué à la prévention ne semble pas prioritaire au sein des TPE-PME. Et l’étude de spécifier : « 19 % des dirigeants y consacrent un budget ponctuel et seulement 8 % un budget annuel ».

2016, année à oublier ?

La conclusion de cette étude a aussi de quoi interpeller. En effet, seulement 4 % des dirigeants consultés ont planifié des actions sur le risque routier pour 2016. Pire encore, « 46 % des chefs d’entreprise n’expriment aucune attente en matière d’accompagnement pour mieux prévenir le risque routier dans leur entreprise ».

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