Gestion sociale : Dyn’Acces rend leur travail aux conducteurs handicapés

En installant, sur les tracteurs routiers, un élévateur pour accéder à la cabine, Dyn’Acces relance la carrière des conducteurs contraints de circuler en fauteuil roulant.
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Dyn’Acces
Avec Dyn’Acces, les conducteurs routiers handicapés retrouvent un volant et contribuent à réduire la pénurie de conducteurs.

Le système Dyn’Acces peut relever le taux de recrutement de personnes en situation de handicap dans le transport français. Toujours en dessous du seuil national fixé à 6 %, ce faible taux oblige les entreprises de plus de vingt salariés à régler à l’AGEPHIPH une contribution annuelle calculée sur le nombre d’handicapés qu’elles devraient employer. Dyn’Acces ouvre ainsi de nouvelles perspectives d’embauches alors que le transport français connaît une pénurie d’au moins 50 000 conducteurs professionnels. Soutenue par l’AGEPHIPH et l’AFTRAL, cette solution a d’ailleurs été récompensée au dernier salon Solutrans par l’Innovation-Award.

Le système Dyn’Acces et son installation à l’arrière de la cabine

Dyn’Acces : un surpoids de 500 kg compensé

Dyn’Acces a été élaboré avec la participation d’Amaury, un conducteur routier du BTP devenu paraplégique à la suite d’un accident en 2014. Il s’agit en l’occurrence d’un élévateur capable d’élever 150 kg, soit le poids du conducteur et du siège, jusqu’au niveau du plancher de la cabine, entre 1,60 et 1,80 m de hauteur.

Le conducteur s’assoit sur le siège du pilote, plie son fauteuil et le range entre les deux sièges. L’élévateur redescend, se replie verticalement, remonte à hauteur de châssis (1 m) et par une crémaillère, vient se ranger à l’arrière de la cabine, n’occupant ainsi que 495 mm de profondeur. L’ensemble du système ne pèse que 500 kg et bénéficie d’une dérogation pour son surpoids.

Refaire de la route

Amaury

L’usage d’un camion « Dyn’Acces » est encore à préciser, mais Amaury n’y voit que des avantages. « Je pourrai reprendre un travail dans le transport et refaire de la route, se réjouit ce conducteur. Au volant d’un camion, on est exactement comme une personne valide. » Selon Olivier Billon, dirigeant de Dyn’Acces, le BTP est une piste sérieuse de travail pour les transports par bennes, mais aussi le transport de conteneurs maritimes, de lignes intersites, la conduite de bennes à ordures ou la conduite partagée. « Un camion équipé de Dyn’Acces peut être utilisé en 2×8, avec un conducteur valide et un conducteur invalide, ajoute-t-il. Il permettra aussi à un conducteur victime d’une entorse à la cheville de rester actif en profitant de l’élévateur pour rejoindre son poste de pilotage. Autre avantage, l’installation de Dyn’Acces est pris en charge par l’AGEPHIPH, hormis quelques options de confort », ajoute-t-il.

Aides au conducteur, primes pour l’entreprise

Olivier Billon

L’intégration d’un conducteur invalide nécessitera quand même des aménagements, prévient Olivier Billon. « Le calage, le bâchage, le serrage des mains de frein ou le plein de carburant nécessiteront l’aide d’un contrôleur. Mais les bénéfices sociaux et d’image pour l’entreprise seront importants, à commencer par la disponibilité d’un conducteur supplémentaire heureux de travailler. »

Dans le cadre du Plan de Relance national, chaque embauche d’un salarié handicapé en CDI ou CDD d’au moins trois mois se traduit par le versement d’une prime de 4 000 euros pour un travail à temps plein jusqu’au moins au 31 décembre 2021 et peut-être au-delà. La contribution annuelle à l’AGEPHIPH s’en trouvera aussi réduite.

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