L’eCall obligatoire et gratuit sur tous les VU et VP neufs

À compter du 31 mars 2018, le système d’appel d’urgence européen, plus connu sous le nom d’eCall, sera désormais obligatoire sur tous les véhicules particuliers et utilitaires neufs. Une évolution qui a nécessité plus de 12 ans à la Commission européenne.

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eCall
(c) Commission européenne

À l’origine, l’accord signé en 2005 entre la Commission Européenne et les industriels prévoyait le lancement du système européen d’appel d’urgence sur tous les véhicules neufs en 2009. Las, les différents acteurs ont eu plus de mal que prévu pour s’accorder sur une solution standardisée. Si bien que la date de lancement a d’abord été reportée à 2010, puis à 2012 ou 2013.

En 2011, seuls 0,7 % des VP européens étaient équipés et la généralisation de l’eCall a été à nouveau repoussée à 2015 (voir notre dossier). La France en particulier trouvait l’investissement nécessaire trop coûteux (voir notre brève). Un nouvel accord a finalement été signé par la commission européenne du marché intérieur en 2014. Il mettait l’accent sur la protection des données et son application était prévue pour 2018. Et cette fois-ci, il a été définitivement validé !

Réduire la mortalité routière en Europe

À compter du 31 mars 2018, l’eCall sera donc obligatoire et gratuit sur tous les nouveaux modèles de VP et VUL, quels que soient le véhicule et son prix d’achat. Lorsque le conducteur ou le passager appuie sur le bouton SOS ou qu’un airbag se déclenche, le véhicule appelle automatiquement une plate-forme d’appels d’urgence. Celle-ci reçoit la position GPS du véhicule, évalue le degré de gravité du sinistre et mobilise les services de secours appropriés.

L’objectif : que les secours arrivent plus rapidement sur les lieux pour sauver des vies et atténuer la gravité des blessures, tout en évitant la création d‘embouteillages. « Avec eCall, la réponse des services de secours sera réduite de 50 % dans les zones rurales et de 40 % dans les zones urbaines, ce qui permettra d’éviter jusqu’à 1 500 décès chaque année. La législation garantit que l’appel public d’urgence utilise le numéro d’urgence européen 112 et fonctionne sur une base transfrontalière », a détaillé Olga Sehnalová, en charge de ce dossier au Parlement

Protection des données : un usage limité

Pour éviter toute collecte illicite ou fuite de données, l’eCall doit rester inactif tant que le conducteur n’a pas appuyé sur le bouton SOS ou que l’airbag ne s’est pas déclenché. Les données transmises sont également limitées : type de véhicule, carburant utilisé, heure et lieu exact de l’accident et nombre de passagers.

« Les données eCall collectées par les centres d’urgence ou leurs services partenaires ne doivent pas être transférées à des parties tierces sans l’accord explicite de la personne concernée, précise la Commission européenne. Les fabricants devront également s’assurer que la conception de la technologie eCall permette d’effacer totalement et de façon permanente les données collectées. »

La Commission européenne doit maintenant évaluer dans un délai de trois ans si le dispositif doit être étendu à d’autres véhicules tels que les bus, les cars ou les poids lourds.

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