Emmanuel Rétif, responsable de flotte : « La sensibilisation aux risques renforce la cohésion des équipes »

Distributeur et premier partenaire de l’opérateur téléphonique SFR, SFD Entreprise dispose d’une flotte de 200 véhicules financés en location longue durée. Emmanuel Rétif, directeur des ressources humaines et responsable de la flotte, détaille son plan de prévention et tire le bilan des actions entreprises.

- Magazine N°156
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Emmanuel Rétif, directeur des ressources humaines et responsable de la flotte

« Pour de nombreuses raisons, je suis très sensible à la sécurité routière dans le cadre du travail. Tout d’abord, je travaillais auparavant dans le secteur du BTP où la sécurité imprègne les pratiques quotidiennes des entreprises. Ensuite, en qualité de directeur des ressources humaines, je suis garant de la sécurité de chacun des collaborateurs et je dois veiller à ce qu’ils ne soient pas victimes d’accident.

Enfin, le risque routier peut mettre en cause la responsabilité pénale de l’entreprise et des managers. Je suis arrivé dans l’entreprise en septembre 2006 et j’ai commencé à déployer le plan de prévention du risque routier à partir de mai 2007.

Première action, j’ai créé un outil de communication baptisé Flash Sécurité qui, en une page, focalise l’attention des lecteurs sur une situation de danger réel vécue par des conducteurs de l’entreprise. Progressivement, cet outil d’alerte est devenu un support privilégié pour donner des conseils sur la conduite.

Ensuite, j’ai fait appel à Automobile Club Prévention pour former l’ensemble des conducteurs sur circuit. J’avais besoin de l’aide d’un spécialiste pour analyser notre sinistralité et établir un diagnostic. Automobile Club Prévention a établi la pyramide des risques d’Heinrich qui nous a montré que nous avions une probabilité d’avoir un accident mortel dans un délai rapproché. Les conducteurs ont donc été formés sur piste avec des cours qui alternent théorie et pratique. Cette sensibilisation au risque renforce la cohésion des équipes.

Contre la banalisation des accidents

Parallèlement, tous les ans, nous mesurons la fréquence des accidents et leur gravité avec Automobile Club Prévention. J’ai également demandé aux managers de mettre la sécurité routière à l’ordre du jour de leurs réunions. A cette occasion, ces derniers doivent faire le tour des véhicules de leur équipe pour vérifier leur état général.

Chaque accident fait l’objet d’une déclaration envoyée par mail et d’une fiche d’analyse signée avec le manager. De plus, je signe avec chacun des collaborateurs une convention de mise à disposition des véhicules dans laquelle sont rappelées les règles de sécurité. Pour sensibiliser les managers, j’ai insisté sur leur responsabilité pénale. Pour éviter que l’entreprise se retrouve dans la situation de commettre une faute inexcusable, elle doit tout mettre en oeuvre pour assurer la sécurité de ses collaborateurs.

Le message a mis du temps à passer, mais en tant que membre du Comité de Direction, j’ai pu sensibiliser mes collègues. Des délégations de pouvoirs sont signées avec les managers pour les responsabiliser et la formation à la sécurité routière fait partie du cursus d’intégration des nouveaux embauchés.

Enfin, j’envisage de mettre en place un challenge autour de la sécurité routière. Les résultats sont au rendez-vous puisque nous sommes passés d’une fréquence d’un accident tous les trois ans pour chaque véhicule à un accident tous les cinq ans. Même si les mauvaises conditions climatiques que nous connaissons cet hiver ont freiné la progression, il existe une réelle prise de conscience. Le secret : une communication régulière –il faut créer l’événement–, et l’implication du management et de la direction.

J’ai fait comprendre à l’ensemble des collaborateurs que les formations leur serviraient également dans leur vie privée. Afin de poursuivre la sensibilisation, nous allons également mettre en place des modules de formation à l’écoconduite et ouvrir la formation sur circuit à tous les collaborateurs dans le cadre du DIF (Droit Individuel à la Formation). En moins de deux ans et demi, nous avons fait baisser le nombre d’accident et nous avons stabilisé la situation. C’est un beau succès collectif. »

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