Mobilité automobile : le Megacities Institute enquête sur les perceptions des citadins

Lors de sa première conférence de presse, le Megacities Institute a livré de premiers résultats d'études, centrés sur le ressenti des conducteurs citadins quant à la vie et la mobilité urbaines.

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Fondé en mars 2017 par l’équipementier Bosch, l’assureur Allianz et le GiPa (Groupement inter Professionnel de l’Automobile), le Megacities Institute se veut un lieu de dialogue entre recherche, entreprises et collectivités, comme le souhaite le G7. Son objectif est de soutenir la recherche autour des problèmes rencontrés dans les mégapoles.

Entre janvier et mai 2017, l’institut a ainsi interrogé 3 100 conducteurs de VP (habitants détenteurs du permis de conduire VP) de 18 ans et plus, et résidant dans les 10 grandes villes européennes dont la population dépasse plusieurs millions d’habitants (Barcelone, Berlin, Londres, Lyon, Madrid, Milan, Moscou, Paris, Rome et Varsovie). L’objectif : analyser leur perception des nuisances présentes dans leur ville.

Le trafic automobile, première préoccupation dans les grandes villes

Le questionnaire a été ajouté à l’enquête annuelle menée par le GiPA à l’échelle mondiale. Les participants ont dû se prononcer sur sept problèmes fréquemment rencontrés dans les agglomérations. Résultat : en moyenne, le trafic automobile reste la première préoccupation de 53,2 % des sondés, suivi par les places de parking (50,7 %) et la pollution (45,3 %). Cependant, de fortes disparités existent selon les villes : c’est la pollution qui importune le plus les habitants de Lyon (76 %), mais aussi de Paris, Milan et Barcelone ; tandis que ce sont les problèmes de stationnement à Berlin, Londres et Madrid ; et le trafic à Moscou, Rome et Varsovie.

Nuisances urbaines Megacities Institute
Source : Megacities Institute – GiPA

Côté mobilité automobile, l’âge du parc dans les dix villes étudiées s’élève en moyenne à 8,9 ans, pour un kilométrage moyen de 12 323 km par an. 32 % des véhicules ont plus de 11 ans et sont donc en dessous de la norme Euro 5. En outre, 30 % des conducteurs sont éligibles au véhicule électrique car ils ne font jamais de trajets de plus de 300 km. Enfin, le temps de transport moyen s’affiche à 2 min / km, soit une quarantaine de minutes pour parcourir 10 km.

Focus sur le véhicule autonome

En analysant les attentes individuelles des citadins européens, l’institut espère comprendre comment diminuer, voire résoudre les problèmes urbains à travers les nouvelles technologies. Parmi les solutions étudiées, la conduite automatisée et le véhicule connecté sont des sujets centraux.

Une seconde étude a ainsi été menée par l’université NHBW de Stuttgart en Allemagne en collaboration avec l’ESSCA : « Nous avons fait tester des fonctions de conduite automatisée par 200 conducteurs », nous a expliqué Orsolya Sadik, chercheur à l’ESSCA. Les participants ont conduit pendant une heure un véhicule équipé d’un système automatisé de niveau 2 : une Mercedes Classe E 300 ou 200d, ou une Tesla Model S. Les chercheurs ont analysé l’évolution de leur perception de la technologie avant et après le test, via un questionnaire recensant les associations positives et négatives par rapport à la conduite automatisée.

Megacities Institute - Test conduite automatisee - vehicules
Source : Megacities Institute – Université DHBW Stuttgart – ESSCA

Un besoin de pédagogie pour faire accepter la conduite automatisée

« Ce que les gens attendent le plus de cette technologie, ce sont une amélioration de la sécurité et des trajets sans stress », a révélé Orsolya Sadik. En parallèle, la dépossession de leur pouvoir de contrôle sur leur véhicule, le hacking et la sécurité des données sont d’importantes sources d’angoisse. Ces perceptions ont significativement changé après l’essai du véhicule.

Source : Megacities Institute – Université DHBW Stuttgart – ESSCA

« Globalement, il y a moins d’associations positives par rapport à la conduite automatisée après le test, mais également une plus grande hétérogénéité des réponses », a indiqué Orsolya Sadik. En cause : une prise de conscience de l’immaturité de la technologie : par exemple, le devoir de supervision du conducteur n’est pas du tout évoqué avant le test, alors que 22 % le citent en tant que point négatif après l’essai du véhicule. Toutefois, malgré l’inévitable déception, les participants y gagnent une vision plus claire des bénéfices et des risques que peut apporter la conduite automatisée. « Aujourd’hui, nous sommes en train de vendre du rêve, et les gens vont être déçus par la réalité, alerte Orsolya Sadik, il y a donc un vrai besoin de pédagogie. »

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