Entretien de flottes des collectivités : l’atelier intégré reste compétitif

Pour des raisons historiques, les collectivités disposent souvent d’un garage intégré. Si certains s’interrogent sur le futur de ces garages alors que les véhicules sont de plus en plus sophistiqués, l’internalisation reste la solution la plus prisée.

- Magazine N°153
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Entretien de flottes des collectivités : l’atelier intégré reste compétitif

La LLD n’a guère la côte. Rien d’étonnant ! Elle perd un de ses avantages majeurs -l’externalisation de la maintenance- alors que les collectivités disposent souvent de garages en interne. Et ceux-ci sont souvent compétitifs ! « Un récent audit externe a justifié l’utilisation de notre garage interne qui emploie dix personnes dont quatre mécaniciens et un peintrecarrossier. En outre, du fait de l’entretien régulier des véhicules, nous avons de bons échos au niveau de la revente de ces véhicules, ce qui procure une légère recette supplémentaire », estime Thierry Fristot (Moselle). « Nous pensions que l’externalisation serait plus compétitive. Mais, à la suite d’un audit mené par le cabinet Roland, nous nous somme aperçus que notre garage intégré est plus rentable. Grace à une bonne gestion du garage et de l’entretien, les coûts sont plus faibles et nous revendons très bien nos véhicules », explique Francine Aubry- Begin (Vosges).

La question de la rentabilité se pose en revanche quand le territoire est vaste. Faire parcourir 200 km à un véhicule pour un entretien dans le garage centralisé du Conseil général pose des problèmes. « Les véhicules sont entretenus dans notre garage intégré à Quimper, mais quand ils sont sur des sites éloignés comme Brest, nous optons pour l’entretien et les réparations dans les garages de proximité », souligne Dominique Fabriano (Finistère). En Loire- Atlantique, du fait, également, de la multiplicité des sites (une centaine), le choix s’est porté sur l’externalisation de la maintenance. « Lors de l’acquisition des véhicules, nous prenons un contrat de maintenance auprès des constructeurs. Cela nous permet de déterminer de manière fiable le coût du véhicule sur cinq ans, maintenance et reprise du véhicule par le constructeur compris », précise Stéphane Paindville.

Optimiser l’utilisation des garages

Par ailleurs, la fusion prévue pour janvier 2010, au plus tard en janvier 2011, de la flotte des conseils généraux et de celle des DDE devrait probablement inciter les conseils généraux à poursuivre dans la voie de l’internalisation car ils pourront alors utiliser les garages de la DDE dispersés sur l’ensemble du territoire du département. « Nous avons abandonné depuis un an l’option de réparation et maintenance dans le cadre de nos nouveaux contrats de LLD, sauf pour quelques voitures de fonction de type Renault Megane ou Laguna, et l’entretien est désormais effectué dans les ateliers du parc de l’Equipement. De ce fait, nous n’avons plus besoin de la prestation concernant le véhicule de remplacement car ce parc met à notre disposition un véhicule pendant la durée des réparations », souligne Paulette Lacorre (Dordogne).

Mais certains responsables de parc estiment que, dans l’avenir, le choix de l’externalisation va s’imposer. « Le choix du garage intégré (pour l’entretien des véhicules inférieurs à 3,5 tonnes) semble peu pertinent eu égard à la dispersion sur l’ensemble du territoire départemental des véhicules et à leurs équipements nécessitant des matériels spécifiques et une formation continue des mécaniciens » estime Thierry Chagnard, responsable du parc automobile du Conseil général de Saône-et-Loire, dont le parc est à 65 % en LLD. Jean-Michel Raffoux (agglomération de Poitiers) envisage également l’externalisation de la maintenance, et, le passage à la location longue durée, pour les petites berlines et les fourgonnettes « en raison de la généralisation de l’électronique embarquée qui nécessite des outils particuliers », précise-t-il.