Citroën C4 Cactus : remise en place

Alors que la C4 a disparu sans bruit, voici l’originale Cactus passée d’un positionnement de faux SUV à celui de fausse berline. Pour une vraie redécouverte ?

- Magazine N°238
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Citroën C4 Cactus

270 000 C4 Cactus vendus depuis son lancement en 2014, c’est à la fois peu et beaucoup. Mais sans aucun doute, le petit crossover de Citroën aurait pu faire mieux. Crossover ? Un terme fourre-tout qui lui va comme un gant et ce, depuis sa version d’origine qui force le trait pour ressembler à un SUV avec force renforts de carrosseries en plastique, dont les fameux Airbumps pratiques pour protéger les portes au demeurant.

Revue pour aller à contre-courant des SUV qui envahissent le marché, la C4 Cactus a employé tout le talent de ses designers. Avec à la clé un très gros restylage, très réussi ‒ c’est assez rare pour le souligner. Les lignes originales et sympathiques gagnent en harmonie, un joli tour de force. D’autant plus que cette opération se fait sous la contrainte : Citroën ne veut pas s’éloigner de la mode des SUV. Alors que la marque lance sa gamme Aircross (C3, puis C5 en fin d’année) et que sa berline compacte (très) classique, la C4, disparaît de la gamme, il fallait trouver un moyen de rester dans le segment. Une démarche comparable à ce qu’a fait à son époque Nissan avec le Qashqai aux airs de SUV, mais à l’inverse. Bref, Citroën se cherche ici et la seule question pratique après cet exposé théorique est de savoir s’il en résulte une auto convaincante.

Confort d’abord

Pour mieux démontrer ce travail en profondeur, Citroën met en avant les qualités de confort. Ses ingénieurs ont ainsi mis au point avec le japonais Kayaba des amortisseurs qui utilisent une technique de butées hydrauliques progressives, à ne pas confondre avec les mythiques suspensions hydrauliques des DS et autres CX. Des suspensions abandonnées au grand regret de leurs nombreux inconditionnels… Il est ici question d’amortisseurs à ressorts hélicoïdaux classiques, mais dont les butées sont constituées d’un système hydraulique pour plus de douceur, dissipant l’énergie au lieu de provoquer un rebond inconfortable. Et si l’on ne peut comparer avec les « vraies » suspensions hydrauliques, le résultat se montre d’un excellent niveau, notamment lorsque ces butées entrent en jeu au passage de ralentisseurs. Un très bon confort à bord donc, complété de manière plus anecdotique par les nouveaux sièges à mousse à haute densité (au moins 350 euros de plus).

Les sensations au volant sont aussi tout en douceur avec notre essence PureTech 110 ch d’essai. Bien secondé par une boîte automatique EAT6 réactive, ce moteur s’accorde avec l’esprit de l’auto : une conduite souple, agréable si l’on reste dans un registre tranquille (à partir de 22 700 euros TTC). Mais la direction et les trains roulants donnent moins de précision que dans une C3 Aircross.

Citroën anticipe des ventes aux flottes à 50/50 entre diesel et essence, avec une gamme Business en essence 110 ch (BVA et BVM) et diesel 100 ch BVM, complétée cet été par un BlueHDI 120 ch avec transmission automatique EAT6 (environ 3 000 euros de plus). Avec une gamme Business débutant à 21 100 euros TTC, voilà une offre originale face à des berlines compactes aux qualités routières plus affirmées, mais moins à l’aise en ville : la Cactus bénéficie d’une position de conduite en hauteur et d’une bonne maniabilité grâce à son gabarit contenu à 4,17 m.

Vous aimez le dessin extérieur de la petite Citroën ? Vous adorerez son intérieur, tout aussi original, avec une planche de bord aux matériaux flatteurs et un design soigné. Un style opposé aux si nombreux modèles ternes, à l’habitacle tout de noir vêtu ! Citroën exploite là un dessin bien né, avec un degré élevé de personnalisation. Dommage, le système d’info-divertissement Connect Nav reste toujours dans le groupe des mauvais élèves avec une logique parfois fastidieuse, malgré une bonne connectivité (Apple Carplay et Android Auto) et une navigation TomTom avec info trafic.

Autre grief, le manque de modularité. À moins de la rabattre (fonctionnalité 1/3-2/3 de série), la banquette non réglable ne permet pas d’étendre le volume de coffre (348 l seulement). Et les vitres arrière, montées sur de simples compas, s’entrouvrent à peine.

Notre avis

PLUS
Présentation originale • Confort de suspension • Gabarit compact


MOINS
Entre deux segments • Ergonomie de l’écran de bord • Vitres arrière à compas

Citroën C4 Cactus PureTech 110 S&S EAT6 Feel Business
Moteur 3-cylindres essence turbo
Puissance/couple (ch/Nm) 110/205
Conso. mixte (l/100 km) 5,3
Émissions de CO2 (g/km) 119
Vitesse maxi (km/h) 188
0 à 100 km/h (s) 10,9
Poids à vide (kg) 1 070
Charge utile (kg) 530
Coffre (l) 348
L x l x H (mm) 4 170 x 1 714 x 1 480
À partir de (€ TTC) 22 700

 

Valeurs futures
Citroën C4 Cactus PureTech 110 ch S&S EAT6 Feel Business
Énergie Essence sans plomb
Boîte de vitesses Automatique
Carrosserie Berline
Cylindrée (cm3) 1 199
CO2 (g/km) 119
Ch din 110
Prix neuf TTC (€) 22 700
Mois 42
Km total 60 000
Valeur reprise TTC (€) 9 802
Valeur reprise 43,2 %
Valeur vente TTC (€) 11 545
Valeur vente 50,9 %

Source : Forecast Autovista, mai 2018.

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