L’État annonce un budget supplémentaire pour la filière hydrogène

Dans le cadre du plan France 2030, le président Emmanuel Macron a signalé, sur le site de l’entreprise Genvia à Béziers (34), qu’un investissement supplémentaire d’1,9 milliard d’euros sera consacré au développement de la filière hydrogène.
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Électrolyseur Genvia
Électrolyseur à haute température © CEA

En déplacement sur le site de Genvia, entreprise spécialisée dans la fabrication d’électrolyseurs à haute température, à Béziers (34), le 16 novembre 2021, le chef de l’État Emmanuel Macron a déclaré que la filière hydrogène bénéficiera, dans le cadre du plan France 2030 de près de 30 milliards d’euros, d’un investissement supplémentaire de 1,9 milliard d’euros pour son développement. Rappelons que l’État français veut devenir leader de l’hydrogène « vert » d’ici 2030.

« Ces investissements vont permettre de redéployer des capacités industrielles sur le territoire national en faisant émerger des gigafactories avec l’objectif affiché de renforcer notre souveraineté technologique et énergétique », commente Philippe Boucly, président de l’association France Hydrogène.

Ce budget complémentaire servira en effet aux coopérations industrielles européennes sous la forme de Projets importants d’intérêt européen commun (PIIEC) pour les technologies de l’hydrogène. Par ailleurs, « Quinze projets industriels français sont actuellement en attente de validation auprès de la Commission européenne », indique l’association France Hydrogène.

Le site de Genvia, endroit stratégique

Pour cette annonce, le chef de l’État a choisi le site de Genvia, société créée en mars 2021 et issue d’un partenariat entre le CEA, les industriels Schlumberger, Vicat et Vinci Construction et l’Agence régionale Énergie-Climat de l’Occitanie.

À Béziers, la start-up développe des électrolyseurs à haute température qui présenteraient plusieurs avantages. « Par rapport à d’autres technologies d’électrolyse, l’électrolyseur à haute température présente de meilleurs rendements (jusqu’à plus de 90 %). Cette technologie utilise des apports externes de chaleur provenant d’une industrie (raffinage, chimie, production d’engrais, sidérurgie, cimenterie) ou d’une centrale nucléaire pour alimenter les transports lourds (bus, camions, trains, navires) », indique Genvia.

Enfin, cette technologie serait « réversible » en passant d’un mode électrolyseur (électricité vers hydrogène) à un mode pile à combustible (hydrogène vers l’électricité). « Ce qui en fait une solution adaptée aux besoins de flexibilité du système électrique pour stocker l’électricité des énergies renouvelables variables (solaire, éolien) », avance Genvia.