Étude E.Leclerc : les Français utilisent la voiture malgré son coût

D’après l’observatoire E.Leclerc des nouvelles consommations, 86 % des Français sondés privilégient la voiture pour leurs déplacements du fait d’un manque de solutions alternatives, notamment en zone rurale (59 %). Mais 46 % limitent régulièrement certains déplacements en voiture pour des raisons financières et 50 % voudraient s’en passer pour des raisons écologiques.
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Français voiture
Photo d'illustration © Freepik

L’institut Ipsos a sondé en ligne 2 056 personnes âgées de 18 à 75 ans du 29 avril au 5 mai 2021 sur leurs pratiques de mobilité quotidienne pour l’observatoire E.Leclerc des nouvelles consommations.

Avec un constat : dans l’étude de l’observatoire E.Leclerc, « Paris fait office d’exception par rapport au reste de la France sur les questions de mobilité. » Si les Parisiens interrogés parcourent presque autant de kilomètres (40 km) que le reste des Français sondés (42 km), seuls 29 % des habitants de l’agglomération parisienne ont recours à la voiture pour leurs déplacements quotidiens.En revanche, la voiture reste le mode de transport principal utilisé par l’ensemble des Français sondés. En effet, 48 % d’entre eux effectuent plus de trois quarts de leurs trajets en voiture. À l’opposé, un tiers des Parisiens sondés n’utilisent pas du tout la voiture pour leurs trajets quotidiens contre 16 % des Français interrogés.

De fait, 90 % des Français interrogés disposent d’au moins une voiture au sein de leur foyer, dont 97 % pour ceux qui habitent en zone rurale ou dans les petites agglomérations. A contrario, 22 % des Parisiens interrogés ne possèdent pas de voiture.

Des déplacements limités à cause des coûts…

Selon 65 % des Français interrogés : « posséder une voiture coûte cher », voire « trop cher » pour 13 % d’entre eux. Concernant les Parisiens sondés, 55 % considèrent que les frais liés à l’automobile tels que le leasing ou le remboursement de prêt, l’assurance, les places de parking, les péages, le carburant, l’entretien représentent un coût important. Les Français sondés dépensent en moyenne 211 euros par mois pour leur(s) voiture(s), contre seulement 181 euros par mois pour les Parisiens.

Pour faire face à ces coûts importants, 46 % des Français limitent régulièrement leurs déplacements en voiture contre 34 % des Parisiens. Une fois encore, cette pratique reste d’autant plus répandue chez les personnes vivant en milieu rural (54 %) et dans les petites villes (52 %). Toutefois, 53 % des classes moyennes et 50 % des classes aisées restreignent aussi régulièrement leurs déplacements. Enfin, 32 % des foyers les plus modestes n’ont tout simplement pas de véhicule à cause de son coût.

Pour 24 % des Français sondés, le coût d’une voiture est tellement important qu’ils doivent renoncer à certains déplacements. En premier lieu, ils décident de sacrifier leurs vacances et leurs loisirs (19 %). Les ruraux sont à nouveau les plus concernés : 37 % renoncent à certains trajets (vacances et loisirs 31 %).

… et du manque d’alternatives à la voiture

Aujourd’hui, 68 % des Français sondés estiment qu’il serait difficile, voire impossible de se passer de leur voiture au quotidien. Dans le détail, cela concerne 86 % des ruraux et 80 % des habitants de petites villes. Des chiffres qui concordent avec les études des observatoires Cetelem et des Mobilités Émergentes.

Sans surprise, 52 % des Parisiens affirment en revanche pouvoir éviter de se déplacer en voiture. C’est pourquoi ils choisissent au moins une fois par semaine la marche (88 %) et les transports en commun (49 %) pour leurs trajets quotidiens, contre respectivement 77 % et 21 % des Français.

Un quart des Français sondés déplorent néanmoins l’absence d’alternatives pour remplacer la voiture, notamment en zone rurale (43 %). « Cela explique que les recours à d’autres mobilités, tels que les transports collectifs (21 %), le vélo (20 %), la moto ou le scooter (7 %) sont nettement moins répandus dans les habitudes de la population française », analyse l’observatoire E.Leclerc.

De plus, l’observatoire considère que « le niveau d’équipement des Français en véhicules propres reste encore faible puisque seuls 7 % des Français déclarent posséder une voiture hybride (4 %), électrique (2 %) ou encore GPL (1 %). » D’après l’étude, les populations aux plus hauts revenus sont les plus équipées en véhicules « propres » (11 %), mais également les Parisiens (10 % des foyers). Ainsi, 47 % des Français interrogés possèdent un véhicule à motorisation diesel contre 29 % des Parisiens.

Globalement, les Français interrogés déclarent vouloir réduire l’usage de la voiture à cause des coûts d’entretien (52 %), pour diminuer leur impact environnemental (50 %), et afin d’éviter un trafic dense (19 %), contre respectivement 52 %, 35 % et 32 % des Parisiens interrogés.

Intéressés par les nouvelles mobilités

Enfin, alors que 85 % des Français sondés se déplacent en véhicule individuel thermique, ils seraient prêts à privilégier les transports en commun routiers (25 %), les voitures électriques en libre-service (24 %), le vélo (21 %) et la location des véhicules électriques en moyenne durée (18 %). Toutefois, les Français interrogés sont moins intéressés par les autres services de location en libre-service (« free floating »). Seuls 13 % d’entre eux choisiraient les vélos électriques, 6 % les trottinettes électriques et 6 % les scooters électriques.

Concernant les Parisiens sondés qui n’ont pas d’autres choix que d’utiliser leur voiture, ils souhaiteraient bénéficier d’autres formes de mobilité : transports en commun routiers (30 %), voitures électriques en libre-service (24 %), vélo (23 %) ou encore train (20 %).