Mobilité partagée : moins de propriétaires mais plus de véhicules vendus en 2030

D’après une étude du cabinet PricewaterhouseCoopers (PwC), le parc automobile pourrait chuter de 280 à 200 millions de véhicules en Europe d’ici 2030, alors même que le nombre d’immatriculations devrait augmenter. En cause : le développement de la mobilité partagée.

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Etude EASCY PwC evolution vehicules
(c) PwC

PwC estime en effet que 40 % des kilomètres parcourus seront partagé en 2030 en Europe, soit plus d’un kilomètre sur trois. Plus de 20 % des trajets pourraient être effectués en autopartage et via des services « à la demande » de type VTC ou robotaxi, contre seulement 1 % aujourd’hui.

Cette tendance sera portée par le déploiement des véhicules électriques et autonomes. Selon l’étude, soutenu par les réglementations, l’électrique pourrait représenter plus de 55 % des ventes de véhicules neufs en 2030 en Europe, contre 40 % d’hybrides et moins de 5 % de véhicules thermiques.

En parallèle, le cabinet anticipe qu’en moyenne, 40 % des kilomètres parcourus le seront avec des véhicules autonomes, principalement de niveaux 2 et 4. Or, ce dernier niveau, qui devrait concerner 12,5 millions de véhicules, permettra à des personnes qui ne conduisent pas actuellement de se déplacer.

Moins de véhicules mais plus de déplacements et donc plus d’usure

Ainsi, si 2030 verra sans doute baisser le nombre de propriétaires de voitures particulières, le nombre de déplacements personnels devrait augmenter. Selon PwC, il pourrait atteindre 5,88 milliards de kilomètres par an en Europe, soit une hausse de 23 %. Une évolution renforcée par la croissance démographique.

Or, qui dit plus de déplacements pour moins de véhicules dit aussi plus d’usure. En conséquence, le cabinet s’attend à une hausse d’un tiers des immatriculations en Europe entre 2017 et 2030, passant de près de 12 millions à plus de 24 millions d’unités vendues.

« Les constructeurs automobiles et leurs fournisseurs se verront obligés de prendre des décisions capitales dans les années à venir, a commenté François Jaumain, associé responsable du secteur automobile chez PwC. Ils devront non seulement s’accommoder de marges plus faibles, en raison de la pression des principaux opérateurs de flottes, mais également accroître leurs investissements pour construire de nouvelles usines et répondre aux mégatendances telles que l’électromobilité. »

Surtout, les constructeurs devront faire face à l’arrivée de nouveaux concurrents issus du secteur technologique, qui ont d’ores et déjà pris pied sur le marché.

Voir l’étude de PwC