Étude KPMG : quelles tendances pour le secteur automobile ?

Le cabinet d’audit KPMG a publié les résultats de son enquête d’opinion annuelle consacrée à l’avenir du secteur automobile. En 2018, dirigeants et consommateurs parient toujours sur l’électrique et la connectivité.

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KPMG Global automotive executive survey 2018
(c) KPMG

Accessible en ligne sous la forme d’une carte interactive dont la forme rappelle celle d’un cerveau et les thématiques un réseau de neurone, l’étude de KPMG est aussi complexe à explorer que ses résultats sont variés. Le cabinet d’audit a comparé l’opinion de 907 dirigeants d’entreprise à celle de 2 154 consommateurs issus d’une quarantaine de pays sur tous les 5 continents, dont une majorité en Europe de l’Ouest.

L’hydrogène, première tendance pour les dirigeants

Au final, KPMG a identifié quatre tendances clés du secteur automobile allant « au-delà de l’évidence ». Tout d’abord, le développement des véhicules électriques à pile à combustible a été classé comme la première tendance d’ici 2025 par 52 % des dirigeants sondés, avec en ligne de mire un mix énergétique équilibré où coexisteront plusieurs énergies.

KPMG etude 2018 secteur automobile
(c) KPMG

Les sondés estiment en effet qu’il y aura d’ici 2040 26 % de véhicules électrique à batterie (BEV), 25 % d’hydrogène (FCEV), 25 % de véhicules thermiques (ICE) et 24 % d’hybrides. 77 % d’entre eux pensent toutefois que les moteurs thermiques prédomineront encore longtemps, notamment grâce au développement de biocarburants et des carburants synthétiques.

La tendance est moins prononcée en France où seulement 29 % des dirigeants considèrent l’hydrogène comme la tendance de l’année, au bénéfice des véhicules électriques à batterie. De même, seuls 39 % des dirigeants français jugent que le diesel reste technologiquement et économiquement pertinent.

Une production délocalisée et plus économe en ressources

Deuxième tendance de fond : le déplacement des activités dans d’autres régions, en particulier la Chine. 74 % des dirigeants estiment d’ailleurs que la production en Europe de l’Ouest sera inférieure à 5 % d’ici 2030.

En parallèle, les sondés sont convaincus de la nécessité d’utiliser plus efficacement les ressources disponibles. 77 % des dirigeants considèrent même que cela sera l’un des principaux moteurs de l’industrie à l’avenir, et 90 % d’entre eux imaginent que les constructeurs devront reconditionner et remettre en état les véhicules pour leur offrir une seconde vie. Malgré tout, 70 % des dirigeants croient que le nombre de voitures dans le monde va continuer à augmenter.

Vers la « mobi-listic »

Dernière tendance : la convergence des modèles économiques du transport de personnes et du transport de marchandises, qui se baseront désormais sur le coût total de possession (TCO). KPMG parle de « mobi-listics ». 73 % des dirigeants pensent ainsi que les transports en commun pourraient être remplacés par des capsules autonomes à la demande dès la prochaine décennie, des capsules pouvant servir indépendamment à la mobilité ou à la logistique.

Conduite autonome, MaaS et données en question

Outre ces grandes tendances : KPMG s’est aussi intéressé à des sujets plus classiques. Optimistes, 94 % des sondés pensent qu’une politique et des règles de conduite opérationnelles et efficaces pour la conduite autonome seront mises en place d’ici à 2040. Alors que l’écosystème automobile est marqué par l’essor de la mobilité-comme-service (MaaS), 44 % des dirigeants et 37 % des consommateurs estiment que les équipementiers sont les grands gagnants dans la bataille pour la relation directe avec les clients. Avec la numérisation du marché, 80 % des dirigeants considèrent également que pour survivre, les concessions devront se transformer en fournisseurs de services ou en centres de véhicules d’occasion. Enfin, côté données, 85 % des dirigeants et 3 consommateurs sur 4 sont convaincus que la sécurité des données et de la cybersécurité seront les conditions sine qua non des futures décisions d’achat.

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