Le comportement du conducteur, principal facteur de conduite dangereuse

Selon le télématicien Masternaut, le comportement des conducteurs serait le principal facteur d’une conduite dangereuse, suivi du type de route et de la durée de la journée de travail.

454
étude masternaut conduite dangereuse
Source : Masternaut

Alors que les accidents de la route sont la première cause de mortalité dans le cadre du travail, le télématicien Masternaut s’est servi des données remontées par les flottes de véhicules connectés de ses clients pour déterminer les principaux facteurs de risque à l’origine d’une conduite dangereuse.

Pour cela, Masternaut s’est intéressé au nombre de freinages brusques par heure. « Même si certains freinages brusques semblent inévitables, une telle action est souvent le résultat d’un manque d’anticipation, d’un non-respect des distances de sécurité, d’un conducteur distrait ou d’autres comportements ou conditions de conduite dangereux », argue en effet le télématicien.

Des conducteurs qui prennent des risques sans raison

Ce dernier a ainsi sélectionné un total 9 228 790 points de données remontés par 50 667 véhicules, soit l’équivalent de 4 121 283 heures de conduite et 192 503 863 kilomètres parcourus. « Une semaine de données a été extraite de chaque mois de l’année pour obtenir une représentation juste des variations quotidiennes ou saisonnières », précise le télématicien. L’analyse de ces données a permis d’identifier les 5 variables entraînant la plus forte hausse du nombre de freinages brusques par rapport à une conduite dite « normale », sur un total de 31 variables examinées.

Résultat : le comportement de conduite serait le facteur de risque le plus dangereux. « Même dans des conditions de conduite idéales, certaines personnes adoptent une conduite dangereuse », indique en effet Masternaut. Les 10 % de conducteurs qui réalisent le plus de freinage brusques feraient ainsi deux fois plus d’accélérations brusques, 2,5 fois plus de virages à grande vitesse et 20 % d’excès de vitesse en plus par rapport à la moyenne.

Les routes de campagne et les zones urbaines plus à risque

Les comportements dangereux varient aussi selon le type de route. Les routes à double sens et les routes en zone urbaine sont les plus dangereuses avec un taux d’un peu plus de 2,5 freinages brusques par heure. « Les routes de campagne étroites comptent plus de virages, plus de types de véhicules et plus de pentes, alors que les routes des zones résidentielles ont un plus grand nombre de piétons et de feux de circulation, commente Masternaut. Tous ces éléments représentent un risque de freinage brusque, particulièrement pour les conducteurs distraits. »

De même, « les routes à deux fois deux voies comptent deux fois plus de freinages brusques que les autoroutes, avec une moyenne de deux événements par heure, complète Masternaut. Ces routes comprennent moins de voies que l’autoroute et les ronds-points entraînent plus de variations de la vitesse. Le trafic est donc perturbé et le danger plus important. »

étude masternaut conduite dangereuse
Source : Masternaut

Attention à la durée de la journée de travail

Les données révèlent également que l’amplitude horaire de la journée de travail est un autre facteur de risque important. « Plus un chauffeur a roulé un jour donné, plus le nombre de freinages brusques par heure est élevé », affirme Masternaut. Ainsi, un conducteur effectue environ deux freinages brusques au cours de sa première heure de travail, contre 2,64 au bout de 10 heures, soit + 30 %, et ce taux continuerait d’augmenter proportionnellement au temps de travail selon le télématicien.

« Plus particulièrement, la dernière heure de la journée d’un conducteur (avec un temps de travail d’au moins quatre heures) présente une forte augmentation des risques », précise-t-il, avec en moyenne 50 % de freinages brusques en plus que lors de la première heure. Et là encore, « plus la journée de travail est longue, plus l’impact de la dernière heure est important. »

  • Source : Masternaut
  • Source : Masternaut
  • Source : Masternaut

Plus de risques en journée et le week-end

De manière plus surprenante, le taux de freinage brusque est 13,9 % plus important le jour que la nuit. En outre, il est plus élevé en l’absence de pluie ou de neige qu’en leur présence. « Les conducteurs sont plus prudents dans des conditions dangereuses et n’imaginent pas forcément que le soleil puisse être un danger pour la conduite », estime Masternaut.

Enfin, le nombre moyen de freinages brusques passe de 2,41 par heure en semaine à 2,93 le week-end, soit + 21 %. En cause selon Masternaut : des vitesses moyennes plus élevées de 5 % en général le week-end du fait d’u trafic moins dense. Le télématicien conseille donc pour les missions du week-end d’ajuster les horaires pour augmenter le temps disponible entre deux tâches de manière à ce que les conducteurs conduisent moins vite pour se rendre d’une adresse à une autre.

  • Source : Masternaut
  • Source : Masternaut
  • Source : Masternaut

Pour Masternaut, la baisse de l’accidentologie routière en entreprise passera donc par « une prise de conscience des employeurs relative aux risques d’une surcharge de travail », mais aussi par « une sensibilisation des salariés à l’importance des comportements de conduite responsables. »