Étude MMA TPE-PME : le risque routier à prendre en compte

Selon une récente étude menée par l’assureur MMA, le risque routier reste très sous-évalué au sein des TPE-PME, plus particulièrement en ce qui concerne les distracteurs de conduite.
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MMA TPE-PME risque routier

Dans le cadre des Journées de la sécurité routière au travail (voir la brève), MMA a renouvelé son étude sur le risque routier professionnel. Celle-ci s’est intéressée plus spécifiquement aux dirigeants de TPE-PME et aux personnes qui conduisent de manière régulière pour leur travail.

Avec un constat : au sein des entreprises, le risque routier professionnel demeure notoirement sous-estimé, à la fois par les conducteurs et les dirigeants. Ainsi, selon l’enquête MMA, « seuls 32 % des actifs effectuant des professionnels savent qu’il s’agit de la première cause de mortalité au travail. » Parmi les dirigeants de TPE-PME, ce chiffre n’atteint que 17 %, en recul de huit points par rapport à 2016.

Risque routier : la responsabilité des dirigeants est engagée

Pourtant, 65 % de ces dirigeants savent que leur responsabilité peut être engagée lors d’un trajet dans le cadre de l’activité professionnelle (+ 3 points), mais seulement 47 % en cas d’accident sur le trajet domicile-travail d’un salarié (+ 10 points par rapport à 2016). « La mention du risque routier dans le document unique (D.U.) est également plus fréquente : 41 % des dirigeants indiquent l’avoir fait (+ 20 points par rapport à 2016) », note l’étude.

Avec ce rappel : les accidents de la route restent la première cause de mortalité au travail : « Les trajets liés au travail représentent 12,5 % de la mortalité routière. En 2019, 406 personnes ont été tuées lors d’un déplacement lié au travail, dont 295 personnes lors d’un trajet domicile-travail et 111 personnes lors d’un trajet réalisé dans l’exercice d’une mission professionnelle », rappelle MMA. Avec en outre un coût financier de 725 millions d’euros pour les entreprises et 6 millions d’arrêts de travail chaque année.

Le portable en première ligne

Parmi les dangers mis en avant par cette enquête, les conduites à risque associées à l’utilisation du téléphone s’affichent en hausse. 36 % des conducteurs sondés déclarent ainsi consulter, « au moins occasionnellement », une application ou un site (+ 11 points par rapport à 2015), et 33 % leurs e-mails (+ 7 points). Pareillement, 25 % des actifs (+ 9 points) consulteraient les réseaux sociaux pendant les trajets professionnels. « Plus généralement, 70 % des conducteurs passent des appels (+ 10 points) et 76 % en reçoivent (+ 3 points) lors des trajets professionnels. Ils sont 54 % à lire des SMS et 45 % à en envoyer », souligne l’étude.

Autre point mis en exergue : « 43 % des conducteurs déclarent avoir frôlé l’accident au cours des cinq dernières années dans le cadre d’un trajet professionnel et 18 % en avoir eu un. » Pareillement, ces conducteurs ont soit reçu une amende pour 38 %, soit perdu des points pour 29 %, majoritairement du fait d’un excès de vitesse (56 % avec les amendes, 65 % avec les points).

Autre constat : depuis le début de la crise sanitaire, près de 70 % des conducteurs n’auraient pas changé leur comportement de conduite. Avec même une tendance à une moindre vigilance chez certains : « 20 % prêtent moins d’attention à leur vitesse, 21 % à l’utilisation du téléphone et 21 % à leur consommation d’alcool », énumère l’étude. À ce propos, parmi les enjeux de sécurité identifiés comme prioritaires par les dirigeants, l’alcool au volant garde le premier rang (58 % contre 73 % en 2017), mais le sujet des distracteurs de conduite progresse le plus fortement (53 %, + 23 points par rapport à 2017).

Des attentes et des actions

Dans ce contexte, les conducteurs attendent de leur employeur la mise en place de formations aux risques routiers (29 %), l’instauration d’une charte de bonnes pratiques au volant (27 %) ou encore l’organisation d’une journée de sécurité routière (27 %). Des attentes d’autant plus importantes que « les actions de prévention restent peu fréquentes dans les entreprises », déplore MMA. Ainsi, ces actions sont régulières pour 26 % des conducteurs interrogés, rares pour 34 % et inexistantes pour 40 %. Avec cependant des progrès du côté de la formation : 30 % des sondés en auraient suivi une ou plusieurs (+ 6 points par rapport à 2015). « Enfin, la mise en œuvre d’actions pour favoriser l’usage des mobilités douces est encore balbutiante : elle est déclarée par un dirigeant sur dix et constatée par deux actifs sur dix », conclut l’étude (voir l’article sur la sécurité routière et les TPE-PME).

Le panel

Cette étude MMA a été réalisée par l’Ifop en ligne du 7 au 19 avril 2021 auprès d’un échantillon de 511 personnes effectuant des déplacements professionnels au moins une fois par mois ; au téléphone du 5 au 15 avril 2021 auprès d’un échantillon de 251 dirigeants d’entreprise, représentatif des entreprises françaises de 1 à 49 salariés.