Véhicules électriques : le prix moyen en hausse de 28 % en Europe en dix ans

D’après un rapport de Jato Dynamics, le prix moyen des véhicules électriques à batterie a affiché une hausse de 28 % en Europe et de 38 % aux États-Unis ces dix dernières années, alors qu’il a chuté de 47 % en Chine.
4368
rapport Jato Dynamics sur l'évolution du prix moyen des BEV entre 2011 et 2021
Source : Jato Dynamics

Le spécialiste de l’analyse des données automobile Jato Dynamics a publié le 19 août 2021 son dernier rapport sur l’évolution du marché mondial des véhicules électriques à batterie (BEV) sur les dix dernières années. Pour cela, il a examiné plusieurs marchés clés, à savoir la Chine, les États-Unis et l’Europe.

Bilan : « Alors que le prix moyen des BEV en Chine – le plus grand marché mondial – a significativement chuté de 47 % depuis 2011, les marchés américain et européen ont vu les prix augmenter sur la même période, de respectivement 38 % et 28 % », constate Jato Dynamics.

À 42 568 euros, un prix moyen plus élevé en Europe pour les BEV

Dans le détail, le prix moyen d’un BEV a grimpé de 33 292 euros en 2012 à 42 568 euros en 2021 en Europe. C’est plus qu’aux États-Unis, en dépit d’une hausse plus forte du prix moyen, passé de 26 200 euros à 36 139 euros entre 2011 et 2021. Pendant ce temps, en Chine, le prix moyen a diminué de 41 800 euros en 2011 à 22 072 euros en 2021. L’Europe affiche ainsi le prix moyen le plus élevé cette année (voir le tableau ci-dessous).

Évolution du prix moyen d’un véhicule électrique entre 2011 et 2021

 Prix moyen en 2011 *Prix moyen en 2021Évolution
Chine41 800 €22 072 €– 47 %
États-Unis26 200 €36 139 €+ 38 %
Europe33 292 €42 568 €+ 28 %
* 2012 pour les pays européens.
Source : Jato Dynamics

Conséquence de ces évolutions, en Chine, le prix moyen des BEV est actuellement inférieur à celui des véhicules à moteur à combustion interne (23 703 euros), avec 1 631 euros de différence. En comparaison, un BEV coûte en moyenne 10 350 euros de plus qu’un véhicule thermique en Europe et 11 273 euros de plus aux États-Unis (voir le tableau ci-dessous).

Seule exception en Europe : la Norvège où le prix moyen d’un BEV est de 44 500 euros contre 53 000 euros pour un véhicule thermique, grâce au programme d’incitation gouvernemental. Cependant, « le prix moyen des BEV est passé de 30 500 euros en 2010 – lorsque seules les petites voitures étaient disponibles – à 44 500 euros cette année », signale Jato Dynamics.

Comparaison entre le prix moyen d’un véhicule électrique à batterie (BEV) et d’un véhicule à moteur à combustion interne (ICE) sur la période de janvier à mai 2021

 ICEBEVDifférence (en %)Différence (en euros)
Chine23 703 €22 072 €– 7 %– 1 631 €
États-Unis24 866 €36 139 €45 %11 273 €
Europe32 218 €42 568 €32 %10 350 €
Allemagne36 979 €39 755 €8 %2 776 €
France26 689 €38 700 €45 %12 011 €
Grande-Bretagne32 760 €49 960 €51 %17 200 €
Norvège53 000 €44 500 €– 15 %– 8 500 €
Pays-Bas31 200 €48 200 €53 %17 000 €
Source : Jato Dynamics

BEV : un prix de départ à 15 740 euros en Europe

Autre information corrélée à ces évolutions : le prix de départ d’un BVE s’élève actuellement à 15 740 euros en Europe, soit moins qu’aux Etats-Unis (24 800 euros) mais bien plus qu’en Chine (3 700 euros). De fait, « le marché européen est dominé par les SUV et le marché américain par les berlines de taille moyenne, deux segments plus onéreux que celui des citadines qui domine le marché chinois des BEV, explique Jato Dynamics. En Chine, les citadines ont représenté 40 % des ventes de véhicules électriques en 2021, avec un prix moyen de 6 700 euros. »

Les progrès de la Chine s’expliquent par plusieurs facteurs selon Jato Dynamics : d’une part, le gouvernement chinois a fortement investi dans le marché intérieur dès 2009 ; d’autre part, la Chine s’est concentrée sur le développement de voitures populaires à des prix abordables.

Les acteurs européens et américains en retard sur leurs concurrents chinois

« Alors que l’industrie au sens large a mis l’accent sur le développement de meilleures technologies, de gammes plus élevées et de voitures haut de gamme, le marché chinois a fait les deux, adaptant les modèles à moteur à combustion interne en BEV plus abordables, pointe l’analyste automobile. Les consommateurs de différents milieux socio-économiques ont ainsi eu la possibilité d’acheter un BEV, ce qui a permis d’élargir les débouchés pour les équipementiers. » Et à la clé de réduire les subventions gouvernementales.

En conséquence, « les principaux acteurs du secteur doivent commencer à s’attaquer à l’écart de prix entre les BEV et les voitures à moteur à combustion interne s’ils veulent rester compétitifs par rapport à leurs homologues chinois », estime David Krajicek, P-DG de JATO Dynamics.

Reste à savoir comment ceux-ci s’y prendront. « Les usines occidentales étant conçues pour produire à grande échelle des véhicules du segment supérieur, il est peu probable que de nombreux équipementiers commencent bientôt à modifier leurs plans pour produire des voitures d’entrée de gamme, à prix abordable, sans que la demande des consommateurs ne justifie un changement de leurs modèles opérationnels, juge Jato Dynamics. Une chose est claire cependant : les constructeurs américains et européens doivent transposer la demande actuelle des consommateurs pour leurs modèles à moteur à combustion interne dans leur gamme de BEV et trouver des moyens de réduire les coûts de production. »