Ford S-Max et nouveau Galaxy

Deux façons de voir la vie en monospace. Au contraire de Renault qui ajoute quelques centimètres à son Grand Espace pour passer discrètement de 5 à 7 places, Ford joue la carte de la différence extérieure. D’un côté le S-Max typé sportif, de l’autre le Galaxy aux allures de minibus.

- Magazine N°120
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Chassons d’abord le doute. Non, le S-Max n’a rien à voir avec le C-Max, le monospace compact de la gamme Focus. Non, le Galaxy 2 n’a rien à voir avec l’ancien qui partageait sa génétique avec les Alhambra et Sharan du groupe Volkswagen. Elaborés sur une nouvelle plate-forme qui servira l’année prochaine à la future Mondeo, les S-Max et Galaxy sont des jumeaux dizygotes. Un indéniable air de famille, (75 % de pièces communes) mais des différences fondamentales. D’abord le look. 5 centimètres en longueur et 7 en hauteur séparent nos deux nouveautés. La largeur est identique (1,86 m). De front, S-Max et Galaxy peuvent prêter à la confusion. Même face avant avec phares, calandre, et capot identiques. Le bouclier sort également du même moule. Seuls les traditionnels anti-brouillard au raz de la chaussée du Galaxy ont laissé place à des feux ronds haut placés sur le S-Max. De côté, la différence est plus flagrante. La silhouette est plus ramassée sur le S-Max doté de fausses ouïes verticales agrafées aux passages de roue avant et d’une troisième vitre latérale biseautée à l’arrière. Pour la poupe, le dessin des feux est presque similaire mais la lunette ovalisée du S-Max rompt le hayon vertical et l’allure plus cubique du Galaxy. Voilà pour le détail destiné à un oeil aiguisé. Pour le coup de crayon général, c’est plutôt le jeu des 7 erreurs. Un indice : on trouve une touche de chrome sur le Galaxy, pas sur le S-Max.

Espace intérieur

A bord des deux nouveaux, l’espace ne fait pas défaut. D’abord un immense pare-brise fortement incliné et une profonde planche de bord éclairée à chaque extrémité par une vitre latérale. Ici les plastiques moussés sont particulièrement agréables au toucher et le faux alu de la console centrale est de belle qualité. Une fausse note en ce qui concerne en revanche les plastiques durs sur les parties basses de l’habitacle, de piètre qualité, avec des ajustements aléatoires. Dans les deux voitures on retrouve la même ergonomie avec des commandes bien disposées et un volant multifonction qui offre une position de conduite typée berline. Les sièges avant sont différents. Moins larges sur le S-Max, ils sont aussi plus enveloppants que ceux du Galaxy. Dans les deux cas on apprécie l’excellente position de conduite. Derrière on retrouve pour les deux voitures trois sièges individuels, coulissants sur 15 cm, à dossier inclinable et entièrement encastrables dans le plancher. Ici pas de sièges amovibles qui encombrent le garage, en revanche, impossible de les disposer en vis-à-vis comme sur l’Espace Renault. Au chapitre habitabilité, le Galaxy dispose de 7 places de série (option sur le S-Max) et d’un volume de chargement plus important. Tous sièges (facilement) repliés, le Galaxy offre un chargement maximal de 2 325 dm3. Le S-Max offre lui trois versions : 5 places avec un coffre de 850 litres sous le cache bagages,5 places avec un plateau de chargement coulissant (option à 370 €) capable de supporter 120 kg une fois déployé mais qui ampute le volume de la soute d’une centaine de litres et une version 7 places avec deux sièges d’appoint nichés dans le plancher du coffre (option à 830 €). Ils ne sont là que pour les petits gabarits et une fois dépliés, le coffre du S-Max se limite à 285 dm3 quand le Galaxy en aligne 485 dans la même configuration.

Selon les finitions et les options, les deux monocorps Ford peuvent adopter une panoplie d’équipements high-tech : airbag genoux, suspensions pilotées, système d’aide au démarrage en côte, contrôle de pression des pneus, régulateur de vitesse avec radar anti-collision, climatisation automatique a réglages individuels, système multimédia DVD avec écrans LCD intégrés aux appuietête et toit vitré panoramique fixe couplé à une console de type aviation avec cinq rangements supplémentaires.

Motorisations musclées

En attendant une version diesel de base 100 ch pour répondre aux besoins des entreprises (disponible au 1er trimestre 2007), le Galaxy est proposé au lancement avec un 1. 8 TDCi 125 ch, un 2 litres TDCi 140 ch et un 2 litres essence 145 ch. L’offre S-Max est quasiment la même en diesel mais arrivera dans quelques mois une version 130 ch du 2 litres TDCi associée à une boîte automatique. En essence en revanche, si le 2 litres 145 ch de la Mondeo est aussi proposé pour les deux voitures, on se délecte du châssis Ford avec le cinq cylindres 2. 5 turbo de 220 ch réservé au S-Max. Grâce à son centre de gravité assez bas, à ses trains roulants rigoureux et à sa direction précise, le S-Max façon Focus ST offre des sensations de conduite de premier ordre. La suspension fait bien son travail de filtration et le roulis est inexistant. Si le Galaxy ne démérite pas dans son registre, prendre son volant après avoir goûté au charme du S-Max n’est pas à conseiller. Gêné par un centre de gravité plus haut mais aussi par une suspension assouplie, le Galaxy prend un peu de gîte en courbe. Cela dit le véhicule reste très agréable à conduire et le 2 litre TDCi de 140 ch est son meilleur allié.

Au final, le Galaxy n’a pas grandchose à voir avec son prédécesseur. Beaucoup plus long (+ 18 cm) et plus large (+ 6 cm), il peut recevoir 7 passagers sur des sièges indépendants et offre à ses occupants confort et modularité pour des tarifs compris entre 27 950 et 34 200 € selon les motorisations et les finitions.

Pour une fourchette de 25 000 à 30 850 €, le S-Max, plus sexy, adopte une tenue moins familiale tout en bénéficiant d’habitabilité record pour sa catégorie. Il offre surtout à son conducteur un réel plaisir et un principe inédit : l’association de la sportivité et d’un monospace ajouté a une remarquable agilité pour un engin de ce gabarit. D’ailleurs seule une utilisation quotidienne en milieu urbain vous rappellera ses dimensions conséquentes. Bien équipés et bien motorisés, ces deux nouvelles références du segment sont bien décidées à jouer dans la cour des grands. Grâce à des tarifs contenus, ils pourraient venir faire un peu d’ombre aux indétrônables vedettes, Espace et Grand Espace que Renault ne se décide pas à brader, mais également à des niches telles que le Lexus RX300 ou le Nissan Murano.

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