François Piot, Directeur général d’Arval France : « La crise renforce l’attrait de la location longue durée »

François Piot fait le bilan de l'année 2009 et évoque la sortie de crise et ses conséquences dans les mois à venir pour les gestionnaires de parcs.

- Magazine N°155
647
François Piot, Directeur général d’Arval France

Flottes Automobiles : Après une année 2009 compliquée pour les gestionnaires de parcs et leurs prestataires, dans quel environnement économique abordent-ils 2010 ?

François Piot : La situation de l’ensemble des clients des loueurs est à un basculement : certains sortent de la crise, d’autres sont encore dans l’inquiétude. Tout n’est pas terminé et les signaux peuvent parfois être contradictoires. Nous avons observé par exemple que les taux de contentieux n’ont pas spectaculairement augmenté en 2009. A l’inverse, nous commençons à avoir aujourd’hui des alertes Coface et des retours de prélèvements rejetés.

Les gestionnaires de parcs se retrouvent aujourd’hui dans une situation compliquée, même si la prolongation des contrats a eu des effets positifs dans la mesure où ils ont permis aux entreprises de ne pas encaisser de hausses de loyers et de passer ce cap économique difficile. Un des enseignements de cette crise réside d’ailleurs dans la pérennisation de l’allongement de la durée des contrats de location. Un phénomène lié aussi à la grande amélioration de la qualité des véhicules.

F.A. : Quelles seront pour les mois à venir les priorités des gestionnaires de parcs ?

F. P. : Quand on sait que la principale cause de mortalité dans les accidents du travail est la conduite d’un véhicule, on comprend que les gestionnaires aient la sécurité de leurs collaborateurs en ligne de mire. A cela, s’ajoute la nécessité de rouler plus propre avec des véhicules moins émetteurs de CO2. Cette composante environnementale influe largement sur l’analyse du TCO (Total Cost of Ownership ou coût de détention) que tous les gestionnaires de parcs réclament désormais, dans un souci de coût de revient de leur flotte. Les priorités des gestionnaires de parcs tournent donc autour de ce triptyque, coût-environnement-sécurité de la personne.

L’implication du management dans l’établissement des bonnes règles de conduite est à cet égard essentielle. Chez Arval par exemple, chaque sinistre donnant lieu à un constat amiable doit obligatoirement être débriefé et analysé avec le responsable hiérarchique immédiat. C’est à cette condition que des progrès peuvent être obtenus. Dans le même ordre d’idée, la formation des collaborateurs à l’écoconduite ne doit s’entendre, selon nous, qu’avec une lecture dans le temps des évolutions de conduite, via la remontée des factures de carburant notamment.

F. A. : Voyez-vous émerger de nouvelles préoccupations dans la gestion des parcs ?

F. P. : Nos équipes sur le terrain qui travaillent chez nos clients mettent en avant que les gestionnaires de parcs commencent à sentir que la voiture n’est plus le seul moyen de déplacement de leurs salariés. Le thème du partage de l’automobile se développe dans certaines entreprises, d’autant plus que leurs plus jeunes collaborateurs ont des attentes différentes de celles de leurs aînés. Ils sont plus dans une démarche d’usage que de détention statutaire d’une automobile.

F. A. : Selon vous, la crise a-t-elle renforcé l’attachement des gestionnaires de parcs pour la location longue durée ?

F. P. : Certainement, car en période de liquidités rares, il était plus judicieux de louer un véhicule plutôt que d’essayer de l’acheter. Si je prends l’exemple des grands comptes chez Arval, un seul de nos clients est reparti à l’achat sur la période… avant de revenir neuf mois plus tard. Sur les comptes de taille intermédiaire, nous avons gagné un millier de clients en 2008 et cinq cents en 2009.

PARTAGER SUR