Carburant : la chasse au gaspillage se poursuit

Frédéric Bodard, groupe Nasse-Demeco : « Il suffit d’éviter un détour pour rentabiliser la solution de géolocalisation »

Le groupe Nasse-Demeco opère sur la moitié sud du territoire français à travers une vingtaine d’implantations. Ce spécialiste du déménagement a décidé d’équiper ses véhicules d’une solution de géolocalisation et de contrôle des consommations de carburant. Frédéric Bodard directeur des achats et des services généraux du groupe Nasse-Demeco s’en explique.

- Magazine N°159
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Le groupe Nasse opère sous le nom de plusieurs marques dont Demeco. Nos 500 collaborateurs sont spécialisés dans le déménagement pour le compte des particuliers, mais également pour les industriels et les entreprises en général. Toutes catégories confondues, notre flotte compte 562 véhicules dont 164 poids lourds, 136 véhicules de 20 m3 de volume de chargement et 128 utilitaires légers.

Le budget dédié au carburant n’est pas notre premier poste de dépenses puisque la maind’oeuvre est prépondérante dans notre secteur d’activité. Cela étant, le carburant constitue un coût important avec une volatilité inexpliquée. Plus prosaïquement, nous subissions des vols avec des bouchons massacrés et des réservoirs percés. Jusqu’à présent, le budget réparation était important et nos véhicules n’étaient pas opérationnels le matin.

Depuis, nous avons renoncé à sécuriser le réservoir avec des systèmes anti-siphonnages. Si le carburant est volé, nous n’avons plus qu’à faire le plein le matin et le véhicule est opérationnel. Nous n’avons pas à le réparer. Les vols ont diminué en 2009 par rapport à 2007 et 2008 car le prix du carburant a baissé. Mais nous avons décidé de géolocaliser nos véhicules et de contrôler les consommations de carburant pour appréhender les enlèvements anormaux. Nous disposons d’informations théoriques, mais nous ne pouvons pas les comparer à la consommation réelle. Nous avons équipé les premiers véhicules en janvier puis procédé à une seconde vague en mars. D’ici à la fin juin, nous allons augmenter la cadence pour équiper la totalité de nos 20 m3 et de nos utilitaires.

Nous avons commencé à faire le tour des acteurs du marché de la géolocalisation en 2008. Entre temps, certains ont été rachetés ou ont disparu. Nous avons retenu deux noms sur notre shortlist : Masternaut et Transics.

Nous avons choisi Masternaut qui propose des pinces sans contact sous le nom de Muxy Fleet. Pour la navigation, nous avons choisi deux types d’écrans selon les véhicules, les plus grands pour les 20 m3, les plus petits pour les utilitaires. Avec la pose du boîtier, la géolocalisation, la navigation avec alertes radars et la remontée des consommations réelles de carburant nous reviennent entre 45 et 60 euros par mois et par véhicule. Cet investissement est important si l’on considère que nous allons équiper 230 véhicules. Et l’économie à réaliser est difficile à évaluer car nous ne pouvions pas calculer les pertes avec exactitude. Cela étant, nous sommes sûrs que cela va nous rapporter puisque les chauffeurs ne vont plus faire de détours interdits. De plus, désormais, nous savons en temps réel où ils se trouvent. Avec la géolocalisation, nous n’avons plus besoin de leur téléphoner pour qu’ils nous indiquent leur position.

Pour nous, la solution de géolocalisation et de remontée des informations sur les consommations de carburant n’est pas une charge. Il suffit d’éviter une surconsommation, un temps mort ou un détour pour rentabiliser notre investissement. Par la suite, nous mènerons des formations à l’éco-conduite en récupérant les données de la conduite. Nous pourrions encore gagner un ou deux litres aux 100 kilomètres.

Carburant : la chasse au gaspillage se poursuit