Freelander II : le Baby Range

Freelander II : le Baby Range

Il aurait pu s’appeler « Baby Range » tant ses prestations dynamiques mais aussi sa présentation soignée et valorisante le classent dans la catégorie supérieure, celle des grands SUV 4x4.

- Magazine N°128
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Oubliez vos références en matière de SUV compact et imaginez un véhicule plutôt sophistiqué mais simple à conduire, confortable sur route mais pourtant très efficace hors-pistes, bien équipé et motorisé et malgré tout compétitif en prix. C’est la formule miracle du nouveau Freelander de Land Rover. Capitalisant sur la bonne réputation de la première génération, née fin 1997 et restylée en 2000, ce Freelander 2 fait oublier les défauts du précédent (moteur diesel bruyant, qualité de fabrication moyenne, habitabilité restreinte) tout en valorisant ce qui comptait parmi ses atouts : design toujours original et assez sexy, confort des suspensions, véritables capacités de franchissement et agrément de conduite entre autres.

Et en plus, il a de la gueule et réussit le compromis entre une certaine virilité du dessin venue du Range (flancs plats, élargisseurs d’ailes, calandre béante) et la féminité préservée du Freelander (rondeurs des épaulements latéraux, face arrière dodue, large surface vitrée). L’accessibilité demeure aisée pour une clientèle féminine et la position de conduite surplombante, typiquement Land est obtenue grâce à une ceinture de caisse assez basse. Si la longueur totale est quasiment identique à l’ancienne génération, l’habitabilité est en forte hausse grâce à une largeur en hausse de 11 cm, une hauteur supérieure de 3,2 cm et un empattement de 2,66 m (10 cm supplémentaires). Le coffre affiche dorénavant 405 l sous le cache-bagages, tout en préservant un bon espace pour les passagers arrière alors que la roue de secours vient se loger sous le plancher.

Un 2. 2 TD4 bien né

Deux moteurs sont proposés pour le lancement : le «i6» essence, six cylindres en ligne d’origine Volvo qui délivre 232 ch et le 2. 2 TD4 mieux connu sous l’appellation de 2. 2 HDI chez PSA. Plus de 90 % des ventes se feront avec ce dernier en France en 2007 (3 300 immatriculations prévues en tout). Pas de surprise donc dans le fonctionnement très agréable et les performances, surtout en reprise, du 2. 2 TD4 : nous sommes en terrain connu… Ou presque ! Les spécifications de Land-Rover sont en effet différentes afin de favoriser le couple (400 Nm au lieu de 370 Nm) : un seul turbovariable au lieu de 2 turbos fixes parallèles et une puissance de 160 ch au lieu de 171 ch. Des modifications dans le refroidissement forcé de l’huile et certaines pièces du moteur sont prévues pour éviter la casse en utilisation intensive tout-terrain. Ce 2. 2 TD4 est bien né et sa souplesse de fonctionnement tout comme son coeur à l’ouvrage sont très largement suffisant pour tout un chacun.

Et ce Freelander accepte sans broncher le fort couple grâce à sa transmission intégrale permanente qui répartit automatiquement la puissance en fonction de l’adhérence avec une prépondérance, en usage normal sur route sur le train avant. Si on y ajoute une rigidité torsionnelle très élevée du châssis-coque et des liaisons au sol sophistiquées (double triangulation à l’arrière), le comportement dynamique de ce Freelander est d’une grande rigueur. Le typage des suspensions se veut rassurant avec une amplitude assez marquée qui prévient assez tôt du sous-virage. La répartition de la transmission et les aides électroniques se chargeant de vous remettre dans le droit chemin en cas d’excès d’optimisme dans la vitesse de passage en courbe. Seule l’assistance un peu trop marquée de la direction, y compris à grande vitesse, pourra dérouter certains. Mais cela ne nuit en rien à la tenue de route ou à l’agilité du Freelander et assure un grand confort, inégalé par les concurrents.

Impérial en toutes circonstances

Et en hors-pistes, le Freelander se révèle tout aussi impérial grâce au « Terrain Response », programme de gestion électronique de la transmission hérité du Discovery et du Range. En agissant sur les quatre roues en permanence avec un blocage de différentiel central électro-hydraulique Haldex, il régule aussi l’ESP et l’antipatinage ainsi que la courbe d’accé lération et le régulateur de vitesse en descente. La progression se révèle facile, efficace et sécurisante sur pratiquement tous les terrains. Il n’y manque que deux fonctions : le réglage de hauteur de caisse et de raideur de l’amortissement pour vraiment pouvoir rivaliser avec des 4×4 purs et durs.

Le Freelander II parvient donc à de hauts niveaux de prestations, quasi inégalées : qualités de fabrication, capacités en tout-terrain, prise en main et facilité de pilotage d’une voiture, comportement dynamique et confort meilleurs que ces deux compétiteurs, prix compétitif et positionnement «premium » à partir du niveau «SE». Un vrai« baby Range », même s’il n’en porte pas le nom.

Freelander II : le Baby Range

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