Geco Air estime les émissions de particules fines hors échappement

IFP Énergies nouvelles a mis à jour son application d’éco-conduite Geco Air afin d’estimer la totalité des émissions de particules fines pendant un trajet, y compris celle générées hors échappement par l'usure des freins et des pneus et qui concernent tous les véhicules.

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Application Geco Air
Application Geco Air

Lancée en 2016, l’application mobile Geco Air permet à son utilisateur d’évaluer l’impact sur la qualité de l’air de l’ensemble de ses déplacements. En pratique, un algorithme estime les émissions de CO2, d’oxydes d’azote (NOx) et de monoxyde de carbone (CO) à partir du couple du moteur, sur la base d’un modèle conçu par les chercheurs de l’Ifpen. Cette donnée est remontée soit via la trace GPS du véhicule – qui permet de connaître la vitesse des roues –, soit via un boîtier connecté.

Mais cette méthode ne permettait pas de prendre en compte la totalité des émissions de particules, et plus particulièrement des particules dites « fines », de diamètre inférieur à 2,5 microns. « Si l’impact des véhicules diesel est prouvé, d’autres sources d’émissions sont moins connues, parmi lesquelles les motorisations essence à injection directe, mais aussi l’abrasion des pneus, des plaquettes de freins et du revêtement routier », indique en effet l’Ifpen.

Trois types de particules fines

  • Particules fines : diamètre inférieur à 2,5 microns
  • Particules très fines : diamètre inférieure à 1 micron, soit moins qu’un virus ou une molécule
  • Particules utltrafines : diamètre inférieur à 0,1 micron

Plus les particules sont fines, plus elles passent facilement dans le système respiratoire et ont un impact délétère sur la santé.

Des particules fines issues de l’usure des freins et des pneus

Geco Air : estimation des émissions de particules fines
Geco Air (c) Ifpen

Selon le type de trajet, la météo et le style de conduite, l’abrasion des pneus et des freins va générer entre 10 à 40 mg de particules fines par kilomètre, en fonction du style de conduite. « Des niveaux supérieurs aux niveaux d’émissions à l’échappement des véhicules récents, essence comme diesel », précise l’Ifpen. L’institut rappelle que la norme européenne actuelle limite à 4,5 mg/km les particules émises à l’échappement.

L’Ifpen a donc intégré à son application de nouveaux algorithmes chargés de calculer les émissions de particules fines hors échappement. Pour y parvenir, l’institut a établi un modèle prenant en compte des critères spécifiques à chaque modèle de véhicule : masse, centre de gravité, taille des pneus, etc. En corrélant ces informations à celles fournies en temps réel par le GPS du smartphone, l’application peut estimer les forces appliquées sur chacune des roues afin d’en déduire l’usure des composants et les émissions de particules fines qui en résultent.

Les modèles essence à injection directe très émetteurs

L’ifpen s’est également intéressé aux émissions de particules fines des nouveaux modèles essence à injection directe. Certains émettent « jusqu’à 10 fois plus [de particules très fines] que les moteurs diesel récents » d’après l’institut. Or, ces modèles, qui représentent aujourd’hui 43 % du parc européen de véhicules essence selon l’Ifpen, ne sont pas tous équipés d’un filtre à particules.

Pour prendre en compte ces émissions, l’institut a développé un algorithme spécifique à ces modèles essence. Comme les particules fines ont une masse insignifiante, Il estime le nombre de particules émises.

Grâce à ces améliorations, l’application Geco Air est devenue plus exhaustive, et les chercheurs estiment que les conseils d’écomobilité dispensés permettraient de réduire de 25 à 75 % les émissions totales de particules d’un véhicule.