GUIDE PRATIQUE - Télématique Poids Lourds 2020

Des logiciels de gestion pour les flottes de poids lourds

Axés sur l’optimisation du parc roulant, les outils digitaux numérisent la gestion de la maintenance ou des équipements et intègrent l’intelligence artificielle (IA) et le télédiagnostic pour prédire puis limiter les immobilisations. Des outils qui concernent les VI mais aussi l’ensemble des engins et du matériel roulant.

509

Destinés au suivi des entretiens et à l’achat de pièces nécessaires à la maintenance des parcs de tracteurs et de remorques, les logiciels de gestion de parc sont généralement employés par les flottes importantes disposant d’ateliers intégrés, par les loueurs ou par les réseaux d’entretien. Ils permettent d’informatiser le suivi des plans de maintenance, d’enregistrer toutes les interventions effectuées sur un véhicule et d’anticiper les futures immobilisations.

Ces logiciels peuvent aussi se connecter aux systèmes de gestion des plannings des centres d’entretien dans le cas de contrat de maintenance ou encore à des places de marché d’achat d’équipements, de pneumatique ou de pièces détachées. À l’aide d’algorithmes et d’outils de traitement « big data », ils calculent le coût de revient des camions et leur empreinte carbone afin d’aider les transporteurs dans leurs choix et délais de renouvellement du parc. Dans la mouvance actuelle des outils numériques du transport, les éditeurs cherchent à connecter leurs logiciels aux systèmes de gestion de flotte avec informatique embarquée et télédiagnostic des camions. Ils intègrent en outre la gestion des dernières générations de véhicules à énergie gaz ou électrique.

Des camions aux engins et matériels roulants

Outre la gestion des tracteurs, porteurs et remorques, les logiciels de gestion de parc concernent les matériels mobiles de l’entreprise : engins de levage, chariots, grues, bennes, etc. Leur maintenance peut être planifiée grâce aux logiciels et ces véhicules intègrent de plus en plus de technologies similaires à celles des PL : télématique, géolocalisation, télédiagnostic. On peut alors connaître précisément la position d’un engin sur un chantier, dans une cour ou chez un client, et identifier les utilisations, le kilométrage, l’usure de certains composants pour anticiper les entretiens et les immobilisations inhérentes.
Les équipementiers et fournisseurs d’engins logistiques proposent leurs propres solutions de connectivité ou s’adossent aux éditeurs du marché qui ajoutent des fonctions à leurs logiciels. Sur un espace dédié en ligne, les utilisateurs ont accès à l’état de leur parc matériel à l’instant T et aux carnets de maintenance. Ces outils peuvent parfois s’interfacer à des boîtiers ou balises de détection des siphonnages de réservoir ou de vols ; ils déclenchent une alerte en cas d’utilisation ou de position anormale, avec un suivi du matériel sur une cartographie à l’écran.

Des outils pour la maintenance…

Pour simplifier, un logiciel de gestion de parc s’attache à informatiser le suivi matériel du parc : relevés kilométriques des tracteurs et remorques, plannings d’entretien, inspections réglementaires, stocks et commandes de pièces détachées, consommation énergétique, etc. Le transporteur peut alors anticiper les interventions techniques et organiser les ordres de réparation afin d’optimiser l’utilisation du parc et les plans de transport. L’outil facilite aussi l’organisation des entretiens dans l’atelier intégré ou l’échange d’informations et la prise de rendez-vous avec les centres techniques des réseaux SAV. Pour les entreprises qui louent leurs véhicules avec ou sans conducteur, l’application de gestion de parc simplifie le suivi, les affectations et la facturation.

Le logiciel inclut souvent la gestion des stocks d’équipements et pièces détachées poids lourds, et des accès directs aux systèmes de commande des fournisseurs. Le gestionnaire de parc peut ainsi optimiser le stockage, accéder aux tarifs en cours et les comparer pour optimiser les commandes et baisser les coûts. Les applications peuvent intégrer des fonctions de réapprovisionnement automatique qui établissent les commandes en fonction du stock en temps réel. Il est aussi possible d’importer les tarifs des constructeurs et des fournisseurs, et les barèmes de coût de main-d’œuvre moyen pour établir en amont les coûts des entretiens.

… et le suivi des consommations

Pour la plupart, ces logiciels intègrent parallèlement des fonctions de gestion du carburant en station ou en cuve. Ils fournissent des rapports détaillés sur les consommations de plein à plein, hebdomadaires ou mensuelles, et ouvrent l’accès au niveau de stock en temps réel. Ces systèmes mettent en corrélation les différentes sources de données de consommation des véhicules (carte carburant, comptage à la cuve, télématique, déclaration du conducteur, etc.) pour repérer d’éventuelles anomalies techniques ou humaines qui donneront lieu à une maintenance spécifique ou des rappels d’éco-conduite. Les logiciels comprennent aussi des fonctions de calcul des émissions de CO2 afin de fournir des rapports aux donneurs d’ordres.

Garantir la conformité réglementaire

Côté réglementation, les applications aident à effectuer les contrôles des véhicules et le suivi des inspections au bon moment (contrôles techniques, passage aux mines, chronotachygraphe, limiteur, vidange, etc.) et automatisent les alertes préventives. Les gestionnaires ont alors la possibilité de mieux garantir la tenue à jour documentaire du parc et des salariés. Avec pour cela des fonctions de dématérialisation des documents administratifs (GED) propres à chaque véhicule : fiche véhicule, carte grise, taxe à l’essieu, vignette, assurance, etc. De même, les permis des conducteurs, leurs cartes professionnelles, badges d’accès ou demandes de congés sont numérisés et accessibles à tout moment dans le « cloud » privé de l’entreprise. Pareillement, des interfaces avec l’Antai (Agence nationale pour le traitement automatisé des infractions) existent chez la plupart des éditeurs pour déclarer les éventuelles infractions routières en quelques clics dans le logiciel.

La collecte des données sociales, souvent assurée par les responsables de parc, nécessite également des outils numériques. Avec la dernière génération 1C de chronotachygraphes, les ateliers doivent disposer de clés de déchargement ou de logiciels, voire de tablettes de lecture des données, tous mis à jour depuis 2019 pour garantir la compatibilité avec la nouvelle réglementation. Associés à des applications mobiles, les outils de gestion de parc optimisent aussi l’entretien des pneumatiques, le suivi des bonnes pressions à l’aide de systèmes TPMS, les cycles d’opérations de permutation, recreusage ou rechapage.

Plus de services avec le SaaS et l’IA

Désormais accessible en ligne en mode SaaS (Software as a Service), la quasi-totalité des logiciels du marché a été enrichie ces dernières années avec des fonctions d’analyse et des connexions aux différents outils digitaux de gestion du transport. Et les éditeurs historiques sont maintenant concurrencés par des start-up du numérique qui associent des fonctions de gestion de l’entretien à leurs solutions internet de suivi des flottes et de géolocalisation en mettant l’accent sur l’intelligence artificielle (IA). Des rapports de coûts des véhicules, d’éco-conduite, de performance sont ainsi accessibles sous forme de graphiques ou de chiffres. Les logiciels d’analyse utilisent les données antérieures pour établir des prédictions de rentabilité ou de charges qui aident les transporteurs à optimiser la rotation entre les véhicules plus ou moins employés. Le but est de diminuer les coûts par une usage équilibré du parc global et par de moindres immobilisations. Les fournisseurs recourent aussi à l’IA pour automatiser l’émission de recommandations de gestion, par exemple pour privilégier des véhicules gaz ou électriques sur certaines tournées urbaines.

L’avenir à l’interopérabilité et au prédictif

Les outils de gestion de parc tirent aussi profit de la connectivité étendue des camions et remorques, et des nouveaux services de télédiagnostic. Les fournisseurs créent des passerelles informatiques avec les systèmes des constructeurs, équipementiers ou des fournisseurs d’informatique embarquée. Ainsi, les logiciels de gestion de parc collectent en continu les données techniques et l’état de santé des camions pour affiner les fonctions de suivi des entretiens. C’est-à-dire que les camions s’auto-diagnostiquent et que les logiciels établissent les prévisions de maintenance en fonction de leur état d’usure réel et non plus sur des estimations basées sur le nombre de kilomètres parcourus. Il s’agit alors de déployer une maintenance personnalisée pour chaque poids lourd et de diminuer la fréquence des entretiens qui ne sont pas nécessaires, avec à la clé une meilleure disponibilité du parc et des coûts réduits.

L’avenir est à la mixité énergétique

Avec l’intégration progressive de motorisations hybrides, gaz ou électriques, les logiciels commencent à proposer des fonctionnalités de gestion énergétique. Ils distinguent ainsi les camions diesel des véhicules à énergie alternative qui nécessitent des plans et délais de maintenance spécifiques. Ils permettent de créer des alertes à destination des gestionnaires et des conducteurs, portant sur les points de contrôle avant le départ des camions ou les stations compatibles pour le ravitaillement. L’analyse des consommations et des émissions de CO2, leur comparaison avec les motorisations diesel ou les coûts d’entretien calculés par les logiciels donnent aux gestionnaires des indicateurs précis sur la performance énergétique du parc. Ces outils aident alors les entreprises à choisir les motorisations adéquates lors des renouvellements de véhicules.
Selon l’Observatoire du VI, la France comptera 165 stations gaz en 2020, pour un parc de véhicules lourds de TRM estimé à 6 810 unités. Côté véhicules électriques, le parc de VUL est en croissance et de premiers PL électriques arrivent sur le marché. Dans ce contexte, les éditeurs cherchent à connecter leurs logiciels aux systèmes de bornes à chargement intelligent « smart charging » afin de gérer à distance l’alimentation des véhicules en fonction de divers paramètres (besoins du véhicule, état du réseau, accès prioritaire, etc.).

GUIDE PRATIQUE - Télématique Poids Lourds 2020

PARTAGER SUR