Gestionnaire de flotte : comment financer sa formation continue

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En matière de financement de sa formation continue, le responsable de parc doit, s’il le peut et le souhaite, convaincre son employeur : « Les arguments à mettre en avant doivent avoir trait à la productivité accrue du fait de l’acquisition de nouvelles compétences, ʺl’impact post cursusʺ. Il faut parler rentabilité, performance, retour sur investissement », précise Yves Hinnekint, directeur général d’Opcalia, l’un des plus importants organismes paritaires collecteurs agréés (OPCA) en France.

Impliquer sa hiérarchie

Il faut donc impliquer son patron et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord pour ne rien payer… Ensuite, l’accord de la direction permettra de s’organiser afin d’aménager ses horaires pour suivre la formation. Ou de pouvoir lever (un peu) le pied pour suivre les cours. Ce dialogue patron-employé amène enfin à négocier une promotion correspondant aux nouvelles compétences. Conclusion : pour le gestionnaire de flotte, « il faut définir si le projet de cursus est en phase avec les attentes de son entreprise ou non. C’est la ligne de partage, poursuit Jean-Pierre Willems, consultant pour l’établissement de formation Demos.

Si la formation choisie a l’aval de la hiérarchie, c’est un très bon début. Le cursus pourra alors être intégré, en premier lieu, dans le plan de formation de l’entreprise. Ce plan n’est pas obligatoire pour l’employeur mais, comme le stipule le ministère du Travail, l’entreprise « y est fortement incitée », entre autres du fait de son obligation d’assurer « l’adaptation de ses salariés à leur poste de travail et de veiller au maintien de leur capacité à occuper leur emploi, au regard notamment des évolutions technologiques. »

Se former pour une promotion

C’est donc la situation idéale : la formation est financée sur le temps de travail par l’employeur. En négociant habilement, le responsable de parc devrait, essentiellement pour des cursus longs, bénéficier d’une promotion – mais cela ne constitue pas une obligation. Ce plan demeure une prérogative de l’employeur qui reste donc le seul décisionnaire.

C’est aussi vrai avec une autre mesure particulièrement intéressante : la période de professionnalisation. Ce financement demeure du ressort de l’employeur mais le salarié peut aussi en faire la demande auprès de sa direction. La durée du cursus finançable s’élève à 70 heures au moins et à 12 mois au plus. La formation peut se dérouler pendant ou hors temps de travail. Là encore, le cursus est financé par l’entremise de l’employeur via son organisme paritaire collecteur agréé. Dans ce cadre d’un financement par son employeur, il ne faut pas hésiter, lors de la négociation, à mettre en avant le recours à son CPF (compte personnel de formation), son CIF (congé individuel de formation), voire ses RTT, vacances et autres deniers privés pour faire pencher la balance dans le bon sens.

Se cofinancer avec le CPF

Si l’employeur refuse d’intégrer le cursus souhaité avec ses deux premiers modes de financement, il faudra lui proposer d’intégrer son CPF et de construire un co-financement. Ce CPF est un compte qui, chaque année, offre au salarié de disposer de 24 heures de formation supplémentaires avec un plafond à 150 heures. Avec ce « montant » d’heures de formation, le gestionnaire de flotte devra, en concertation avec son employeur, piocher, pour se former, dans un catalogue de cursus agréé CPF (voir le site).

Ensuite, c’est une seconde possibilité, le gestionnaire de flotte peut souhaiter suivre un cursus sans en avertir son employeur. C’est son choix. Il doit savoir que la démarche sera plus difficile car menée en dehors de son temps de travail sans espoir – ou presque – de valoriser cette formation au sein de son entreprise.

Se former hors temps de travail

Dans ce cas, deux solutions s’ouvrent à lui. La première est celle du CPF hors temps de travail. Le salarié actionne alors son CPF et devra mener lui-même les démarches pour suivre son cursus. En parallèle ou pas, il pourra opter pour un CIF, toujours pour un cursus réalisé sans l’aval de son employeur. Il devra alors se rapprocher de son fongecif régional (voir le site) pour entamer des démarches de financement d’un cursus.

Quoi qu’il en soit, le mieux est de viser un cursus long et diplômant. Et il est pertinent de tenter une VAE (validation des acquis de l’expérience) pour abaisser le nombre d’heures de formation et donc les coûts. Il est aussi préférable de mener à bien ce cursus hors de son temps de travail, le soir, le week-end ou pendant ses vacances et/ou RTT. Enfin, on ne le dira jamais assez, il est conseillé de mettre, si possible, son employeur dans la boucle et de se faire épauler par les conseillers en évolution professionnelle des Fongecif, Apec, université, Pôle Emploi et autres OPCA (voir le site). « Nos services travaillent alors avec le salarié la faisabilité de son projet, son financement et/ou l’utilisation de la VAE. En Bretagne, quatorze conseillers prennent en charge ce travail », conclut Thierry Cormier, directeur du Fongecif Bretagne. À suivre.

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